EEE

Il y a trente ans, la Suisse vivait un «dimanche noir»

cc, ats

2.12.2022 - 10:46

Le 6 décembre 1992, la Suisse vivait un «dimanche noir». Trente ans après, une adhésion à l’EEE serait approuvée à 71%, montre une étude. Pour le Mouvement européen suisse, le Conseil fédéral doit dès lors garantir un niveau d'intégration «équivalent ou supérieur».

Jean-Pascal Delamuraz, conseiller fédéral vaudois en charge du dossier à l'époque, qualifie le "non à l'adhésion à l'EEE de "dimanche noir".
Jean-Pascal Delamuraz, conseiller fédéral vaudois en charge du dossier à l'époque, qualifie le "non à l'adhésion à l'EEE de "dimanche noir".
ATS

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2.12.2022 - 10:46

Trois décennies après le «non» à l'entrée de la Suisse dans l'Espace économique européen (EEE), qualifié de «dimanche noir» par le conseiller fédéral de l'époque Jean-Pascal Delamuraz, «la population suisse est prête pour une solution plus ambitieuse, privilégiant l’accès complet au marché intérieur européen et une participation aux programmes de coopération de l’Union européenne (UE)», écrit vendredi le Mouvement européen suisse.

La Suisse a besoin d’un débat honnête et de solutions concrètes afin de garantir aux jeunes générations des perspectives européennes, ajoute l'organisation, commanditaire de l'étude menée en collaboration avec l'institut gfs.bern, grâce à un financement participatif.

Les relations s'érodent

Ce d'autant plus que le 26 mai 2021, le Conseil fédéral a enterré l’accord institutionnel, rappelle le mouvement. Depuis, les relations entre la Suisse et l’UE s’érodent. Les tracasseries administratives s’accumulent, au détriment notamment des entreprises.

La participation aux programmes européens Erasmus+ et Horizon Europe reste elle bloquée et pas la moindre solution institutionnelle sérieuse n’est en vue. Or, insiste le Mouvement européen suisse, aucun Etat ne peut affronter seul les nombreux défis qui nous font face – notre réalité est européenne.

Identifier les vrais enjeux

Face à cette situation, l'étude vise à identifier les véritables enjeux de l’avenir des relations Suisse-UE, notamment en matière de sécurité, d’énergie, de formation, de marché du travail et d’accès au marché unique européen, et formuler une proposition concrète.

Ses résultats montrent que l'EEE doit servir de référence. Il garantit en effet l’accès de la Suisse au marché unique, la participation aux programmes de coopération, offre une solution fonctionnelle de règlement des différends ainsi que des formes de participation permettant de défendre ses intérêts dans l’élaboration des nouvelles législations européennes, tout en fortifiant la sécurité énergétique du pays.

«Solution globale» nécessaire

Eric Nussbaumer, président du mouvement, le rappelle: «Des accords pour l'énergie, la sécurité et la formation dépendent d’un règlement institutionnel de notre accès au marché intérieur européen. Ils ne peuvent pas être obtenus individuellement.»

Deux tiers des sondés étant favorables à l'adhésion à l'EEE, le Conseil fédéral a tort de dire que les Suisses ne veulent qu'un accès sectoriel au marché. Ils sont au contraire prêts pour une intégration européenne plus ambitieuse.

Dès lors, une «solution globale» doit être négociée. Dans ce contexte, le Mouvement européen attend la publication «dans les plus brefs délais» du rapport Europe du Conseil fédéral.

Le chantre du «non» à l'EEE, l'ex-conseiller fédéral UDC zurichois Christoph Blocher, doit lui s'exprimer dans la soirée à Zurich à l'occasion de cet anniversaire, dans le cadre d'un événement organisé par Pro Suisse (ex-Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN).

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