Vague d’absences à l’école? «L’OFSP doit trouver une solution»

Julia Käser

14.9.2020 - 16:05

Si les plus jeunes élèves doivent rester chez eux en raison de symptômes de rhume minimes, cela entraînera très probablement une vague d’absences.
Keystone

En cas de symptômes de rhume, l’OFSP recommande de rester à la maison, une règle qui s’applique également aux plus jeunes. On peut toutefois se demander si cette mesure est sensée dans le cas des écoliers.

«Les personnes présentant des symptômes doivent rester chez elles», recommande l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Cette règle s’applique également aux enfants d’âge scolaire. Cependant, les jeunes enfants en particulier ont souvent de la toux ou le nez encombré pendant les mois les plus froids. S’ils doivent rester chez eux en raison de symptômes de rhume minimes, cela entraînera très probablement une vague d’absences.

C’est ce que présume également Philipp Matthias Bregy, conseiller national PDC valaisan. A l’occasion de l’heure des questions du Parlement, il veut savoir si cette mesure est proportionnée. Si les enfants ne doivent pas aller à l’école chaque fois qu’ils ont un rhume ou de la toux, cela aura des conséquences considérables, tant pour les enfants que pour les parents, soutient-il.

Dagmar Rösler, présidente de l’Association faîtière des enseignantes et enseignants de Suisse (LCH), réclame une stratégie claire vis-à-vis des enfants de moins de douze ans. A cette fin, estime-t-elle, la question de savoir dans quelle mesure les enfants de cet âge sont contagieux pour les autres doit être enfin clarifiée scientifiquement. «Tant que nous ne le saurons pas vraiment, nous continuerons de pêcher en eau trouble», affirme Dagmar Rösler.

«La Confédération doit trouver des réponses»

S’exprimant au sujet de la potentielle vague d’absences, la cheffe de l’association d’enseignants précise qu’«on a toujours évité d’envoyer de jeunes enfants malades à l’école. Mais si cela arrivait, ils étaient renvoyés chez eux jusqu’à présent.»

Ce qui est certain, ajoute-t-elle, c’est que les parents tout comme les enseignants y sont davantage sensibilisés que les années précédentes. Ainsi, davantage d’enfants voire des classes entières pourraient désormais manquer l’école, suppose Dagmar Rösler, qui soutient qu’il faut maintenant trouver des réponses.

«L’OFSP doit trouver une solution», affirme également un membre du corps enseignant du canton de Berne, interrogé par «Bluewin», précisant qu’il n’y a toujours rien de concluant sur la marche à suivre avec les élèves enrhumés. «Pour l’instant, notre seule règle est qu’un écolier présentant des symptômes doit aller chez le médecin et ne peut retourner à l’école que si le résultat du test est négatif.»

Davantage d’efforts et peu de continuité pour les enseignants

Les enfants qui ont eu un contact étroit avec un élève malade ne doivent pas être mis en quarantaine tant que le test n’est pas positif, poursuit le membre du corps enseignant, qui se montre particulièrement inquiet pour cet hiver: «En ce moment, on aère beaucoup. Les fenêtres et les portes des salles restent ouvertes. Comment ferons-nous quand il fera plus froid?»

La chute des températures deviendrait problématique au moment des récréations. A l’heure actuelle, les élèves sont souvent dehors. «Mais comment ferons-nous s’il faut soudain regrouper tout le monde dans le hall? Il sera alors difficile de repérer tous les contacts proches d’un individu malade.»

A cela s’ajoute le fait que les écoliers absents en raison de symptômes de rhume ou d’une quarantaine imposée bénéficient souvent d’un accompagnement individuel. «Dans l’ensemble, en tant qu’enseignants, nous avons plus de choses à faire et moins de continuité.»

Eviter un retour à l’enseignement à distance

Dagmar Rösler, présidente de la LCH, confirme que l’organisation de la vie scolaire se complique encore davantage. «On prépare et on revoit les cours en présentiel. Dans le même temps, il y a encore des élèves qui travaillent à la maison, il faut donc veiller à ce que le travail effectué soit rendu et corrigé.»

Néanmoins, Dagmar Rösler ne tient pas à tirer la sonnette d’alarme prématurément. «En temps "normal", les enseignants connaissent déjà ce phénomène.»

Ce qui est sûr, c’est qu’il faut éviter à tout prix un retour à l’enseignement à distance, précise-t-elle. En effet, ce ne serait pas plus facile pour les enfants et les parents si l’école était de nouveau faite à la maison. «On a déjà assez parlé des effets de l’enseignement à distance instauré en urgence au printemps. Trop d’enfants en ont souffert et de nombreux parents ont également atteint leurs limites», explique la cheffe de l’association d’enseignants.

L’OFSP semble être conscient du problème. Interrogé à ce sujet, l’office précise que des discussions sont en cours avec les pédiatres, notamment en vue de l’automne et de l’hiver. De nouvelles recommandations pour les écoliers devraient être publiées à la mi-octobre.

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