Et si on créait un GIEC de l'alimentation?

Relax

9.9.2021 - 07:53

À l'approche du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, des chercheurs soulignent la nécessité de créer une institution à portée mondiale.
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À l'approche du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, des chercheurs soulignent la nécessité de créer une institution à portée mondiale. L'objectif ? Prévenir les risques de pénuries d'aliments dans le monde, lutter contre la malnutrition, réduire le gaspillage alimentaire... Une sorte du «GIEC» de l'alimentation, en somme.  

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9.9.2021 - 07:53

En 1988, les augmentations préoccupantes de nos émissions de gaz à effet de serre ont engendré une prise de conscience scientifique et politique, qui a donné naissance à un groupe international d'experts chargé de surveiller l'évolution du climat: le GIEC.

Créé sous l'impulsion de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Programme des Nations unies pour l'environnement, le GIEC est désormais l'institution internationale qui fait le plus autorité en termes de climat, comme l'a prouvé la large médiatisation de la publication de son sixième rapport en juillet dernier. 

Quatre ans après la naissance du GIEC, s'est déroulée l'emblématique «Conférence de Rio», qui a rassemblé des scientifiques et des gouvernements du monde entier et a considérablement renforcé le consensus et la compréhension de la gravité de la crise climatique planétaire.

Crise de santé publique

Le sommet organisé par les Nations Unies sur les systèmes alimentaires qui s'ouvre le jeudi 23 septembre à New York pourrait être l'occasion de fonder une institution similaire au GIEC, mais cette fois pour l'alimentation, estiment des chercheurs de The Alliance of Bioversity International (Italie) et du Centre pour l'Agriculture tropicale (CIAT, Colombie), qui publient un article dans la revue Science

«Quatre milliards de personnes ont du mal à accéder à une alimentation suffisante et saine, ce qui contribue à une crise de santé publique mondiale encore menaçante plus que la pandémie», soulignent les chercheurs. Ces derniers suggèrent de créer un groupe international de l'envergure du GIEC.

L'idée serait de s'appuyer dans un premier temps sur des organisations existantes à travers le monde, notamment le Groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (HLPE), rattachée au Comité des Nations unies sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA).

«Si de nombreuses organisations mondiales donnent la priorité à la transformation du système alimentaire – notamment One CGIAR et la Commission EAT-Lancet- aucune n'a le pouvoir de réunir 196 nations comme l'a fait le GIEC pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l'Accord de Paris», précise toutefois dans un communiqué Fabrice DeClerck, chercheur à Bioversity International. «Les réalisations du GIEC ont nécessité des décennies de négociations interminables, et nous ne pouvons pas nous permettre ce luxe pour l'alimentation si nous voulons atteindre les objectifs de 2030», estime-t-il. 

Les chercheurs insistent également sur la nécessité de ne pas se cantonner à la sphère scientifique, mais d'inclure d'autres disciplines dans ce «GIEC de l'alimentation», par exemple en intégrant les expertises dans les domaines des sciences économiques, sociales et comportementales. 

«Les systèmes alimentaires doivent être transformés de toute urgence pour répondre aux multiples exigences de la sécurité alimentaire (...) Ces transformations requièrent des connaissances sur les multiples dimensions des systèmes alimentaires par exemple, la production, le commerce, la consommation, la culture, la santé humaine et animale, les moyens de subsistance et l'emploi, le gaspillage alimentaire et la durabilité environnementale», arguent les chercheurs. 

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