Parcours Vita, parcours exigeants?

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23.6.2020 - 08:10

Les Parcours Vita sont à nouveau tendance.
Sébastien Fasnacht

Il faut dire les choses comme elles sont: à l’heure des cours en ligne et des moyens technologiques toujours plus pointus en matière de performance sportive, les Parcours Vita semblent venir d’une autre époque. Mais si l’on en croit les spécialistes, ils sont aujourd’hui encore d’une rare pertinence d’un point de vue sportif.

Parcours Vita. Deux mots qui ont fait transpirer des générations entières d’étudiants et d’écoliers, avant même qu’ils aient couru le moindre mètre. Deux mots synonymes d’efforts physiques, de sentiers mal plats et d’exercices plus exigeants les uns que les autres.

Et pourtant. À l’heure où les offres n’ont jamais été aussi nombreuses en matière de sport, il semblerait que ces deux mots aient particulièrement la cote. Et pas qu’un peu d’ailleurs. Articles de journaux, reportages télévisés, posts et hashtags en rafale sur les réseaux sociaux, les Parcours Vita sont à nouveau tendance.

Mais comment ce concept né à Zurich il y a cinquante ans et présent aujourd’hui aux quatre coins du pays a fait pour désormais prétendre à la même place que les coachs personnels, les salles de crossfit ou les applications 2.0 dans le cœur des sportifs helvétiques? Le premier élément de réponse est à chercher du côté de la récente pandémie.

À Cornol, une commune du Jura dont la réputation sportive n’est plus à faire, les sentiers de forêt et du Parcours Vita ont été littéralement pris d’assaut ces dernières semaines. «Il est impossible de tenir une statistique précise, puisque que le Parcours Vita est accessible à toutes et tous, librement et à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, note Ernest Gerber. Mais ce que je peux dire c’est que, de mémoire de maire, je n’ai jamais vu autant de monde dans la forêt et sur le parcours ces derniers temps.»

Juste à côté de chez soi

Suite à la fermeture des salles de sport, en raison de l’interdiction de s’entraîner pour les clubs sportifs et à cause des contraintes sanitaires générales, les Parcours Vita sont de fait redevenus un endroit idéal pour pratiquer une activité physique, pour s’aérer l’esprit ou pour bouger, tout simplement.

«Ces parcours sont extrêmement bien pensés et efficaces»

Si personne ne conteste cet état de fait, les professionnels du sport avancent toutefois un autre argument qui pourrait expliquer ce dépoussiérage aussi soudain qu’inattendu. «Comme vous, j’ai longtemps eu en tête cette image un peu vieillotte et pas forcément très dynamique du Parcours Vita. Je pensais que c’était un petit circuit sympa à faire quand on est à la retraite. Mais quand on s’y intéresse de plus près, et même dans une optique de performance sportive, on se rend rapidement compte que ces parcours sont extrêmement bien pensés et efficaces.»

Prof d’éducation physique au Lycée cantonal de Porrentruy, ancien triathlète d’envergure internationale, Charles Rusterholz a donc revu lui aussi son jugement. «Cela dépend toujours des enseignants et de la manière qu’ils ont d’enseigner mais, personnellement, j’utilise le Parcours Vita de Porrentruy une ou deux fois par année avec les élèves. Je crois que c’est important de leur montrer qu’on peut faire du sport en plein air, de manière efficace et juste à côté de chez soi.»

Complets et pertinents

Dans le détail, les Parcours Vita sont systématiquement déclinés sur le même mode, et ce que l’on se trouve à Thoune ou à Chevenez. Ils sont ainsi composés d’une boucle d’environ deux kilomètres ponctuée de quinze stations proposant un total de 43 exercices.

«Les Parcours Vita concentrent en un seul endroit l’ensemble des facteurs à prendre en compte dans un entraînement sportif, à savoir l’endurance, la coordination, l’explosivité, la force et le gainage. En cela, ils sont réellement pertinents», note Charles Rusterholz, avant de poursuivre: «Ce qui est intéressant aussi, c’est la manière dont chacune et chacun peut utiliser le parcours. On peut le faire de manière légère, en sélectionnant les exercices dont on a besoin. Par exemple, lorsque je faisais de la compétition, j’utilisais beaucoup les rondins couchés pour effectuer des séquences de saut, fondamentales pour la progression en course à pied.»

498 Parcours Vita

À l’heure actuelle, la Suisse compte exactement 498 Parcours Vita. S’ils sont régulièrement contrôlés par une fondation, les parcours sont entretenus par les communes. Débroussaillage des chemins, ajout de copeaux sur le parcours, rafraîchissement et nettoyage de la signalétique sont autant de tâches importantes qui sont, elles, assumées au niveau local.

«Le bon entretien d’un parcours est primordial pour qu’il soit pertinent au niveau sportif. Si les barres parallèles sont trop écartées ou si le parcours est glissant parce que les copeaux n’ont pas été remplacés, cela devient compliqué, voire dangereux», souligne Charles Rustreholz. À Cornol, ce dossier est, depuis l’installation du Parcours Vita, entre les mains de la voirie communale. «On n’a pas de budget spécifique pour l’entretien du parcours, quand bien même celui-ci est réalisé chaque année. Cela fait partie du travail courant de nos voyers», précise Ernest Gerber.

Cette année cependant, il a fallu mettre les bouchées doubles, fragilité de la forêt oblige. «Cela nous a valu quelques critiques ici et là, mais nous avons tenu à sécuriser du mieux que l’on pouvait les chemins forestiers et donc le Parcours Vita», poursuit le maire. 

Ceci dit, et maintenant que la vie a plus ou moins repris son cours normal, reste à savoir si les Parcours Vita vont rester en tête de liste des amoureux d’effort physique.

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