Que faire?

Après l'été de rêve, l'automne du blues?

Eva Krafczyk, dpa

29.10.2018

L'adaptation aux saisons sombres et froides peut faire déprimer certains individus.
L'adaptation aux saisons sombres et froides peut faire déprimer certains individus.
iStock

Jours sombres et moral en berne, voici le lot quotidien de nombreuses personnes en automne. À la suite du magnifique été 2018, le contraste n'est que plus marqué. Que faire pour préserver notre âme?

Beaucoup connaissent ce état de déprime qui survient généralement au plus tard à la fin du mois de novembre. Les jours se raccourcissent et le soleil ne se montre que rarement. Le brouillard et la pluie de cette semaine ne sont qu'un avant-goût.

Nuages gris, jours gris et ambiance grise: le blues hivernal vous salue bien. En même temps, le soleil a fait beaucoup d'heures supplémentaires cette année. Cet été exceptionnel a débuté dès le mois de mai, après un mois d'avril déjà plus ensoleillé que la moyenne.

Même en octobre, certains jours ont franchi des valeurs estivales avec des températures de 25 degrés et plus. Mois après mois, les heures d'ensoleillement excédaient largement celles enregistrées depuis des années.

Un tel surplus de soleil permet-il de s'armer contre le blues de l'automne? Ou la déprime n'est-elle que plus prononcée en raison de ce contraste marqué?

Davantage de mélatonine

Andreas Matzarakis, directeur du centre pour la recherche sur la climatologie de la santé du service météorologique allemand, n'a pas un avis aussi tranché. Selon lui, lorsque les jours se raccourcissent, le corps produit davantage de mélatonine, l'hormone du sommeil.

Cette adaptation hormonale peut également causer des sautes d'humeur chez certains individus. Ainsi, lors de ces changements de saisons, certains phénomènes peuvent se manifester, comme la fatigue printanière ou le blues hivernal.

«En réalité, pour que le corps comprenne qu'il faille se mettre en mode hiver, il faut deux à trois bonnes vagues de froid», nous confie Andreas Matzarakis.

Le climatologue de la santé fait toutefois savoir qu'il ne faut pas généraliser. «Lors d'épisodes dépressifs comme le blues hivernal, ce sont plusieurs facteurs qui entrent en jeu. Il est difficile d'évaluer exactement l'incidence du climat.»

Tout le monde n'est pas touché

En outre, le chronobiologiste de l'université de Francfort, Jörg Stehle, souligne que toute la population n'est pas touchée: «Seuls cinq à dix pourcents de la population en souffrent.» Même si les causes ne sont pas entièrement élucidées, ce phénomène résulte également de la sensibilité de l'horloge interne des humains.

Toutefois, 51% de 2000 répondants à un sondage YouGov ont confié qu'ils souffraient de sautes d'humeur à l'automne. Les femmes seraient plus sensibles à cette grisaille automnale: selon ce même sondage, 55% des femmes interrogées sont sujettes à ce blues automnal, tandis que seuls 46% des hommes subissent des changements d'humeur.

De la lumière pour l'horloge interne

«Nos horloges internes réagissent de façon différente à l'exposition lumineuse. Certaines personnes sont très sensibles, d'autres moins», nous confie Jörg Stehle. Toutefois, la lumière est absolument nécessaire, elle nous permet de régler cette horloge interne. «Ainsi, cet été ensoleillé a été bénéfique pour de nombreuses personnes. En effet, l'apport de lumière naturelle matinale était suffisante», avance le scientifique.

Néanmoins, ceci ne vaut que pour les mois de l'été: «L'ensoleillement généreux apporté par ce magnifique été ne sera d'aucune utilité pendant l'hiver, étant donné que notre horloge interne n'a pas de capacité de stockage.»

Des lampes à la rescousse

La lumière matinale fait souvent défaut en hiver, en particulier dans les régions du nord ainsi que les contrées nuageuses et grises. «Ici, il est possible de s'aider avec des lampes, émettrices d'une large part de lumière bleue», dit Jörg Stehle. «Notre horloge interne y est particulièrement sensible.»

En outre, il ne faut pas oublier que l'activité physique matinale apporte de nombreux bénéfices. Aussi confortable soit-il de rester sous la couette avec une tasse de thé ou un chocolat chaud, une bonne promenade ou un peu de course à pied peuvent améliorer l'humeur des victimes de ce blues d'intersaison.

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