Ces mannequins ont fait de leur particularité physique un atout

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14.3.2019 - 13:49

Loin des clichés d’une beauté parfaite mais uniforme, peuplée de visages aux traits réguliers, de nombreux mannequins sont aujourd’hui choisis pour leurs singularités physiques. Strabisme, monosourcils, taches cutanées, mais aussi handicaps… Quels sont ces «signes particuliers» qui s’avèrent aujourd’hui un atout dans la mode? Winnie Harlow, Diandra Forrest… Quels sont ces mannequins qui, grâce à leur différence, occupent désormais le devant de la scène?

Visages atypiques, défauts physiques, handicaps… Ces particularités ne les ont pas empêchées de devenir les égéries des plus grandes marques … bien au contraire! L’univers de la mode, qui a toujours été stéréotypé, semble aujourd’hui progressivement se transformer, au point de faire des beautés différentes, voire déroutantes, son nouveau critère de sélection. Des particularités qui auraient autrefois été rédhibitoires pour le mannequinat se révèlent être des atouts recherchés par les créateurs de renom. Des imperfections qui séduisent par leur caractère unique et marquant, et qui invitent à repenser les diktats. Winnie, Sophia, Jillian… Vous connaissez sans doute leur visage ou leur silhouette. Mais qui sont ces modèles qui, grâce à leur singularité, s’affichent désormais sur les défilés et en une des magazines?

La beauté dans la peau

C’est en 2015 que l’on découvre Winnie Harlow, de son vrai nom Chantelle Brown-Young, nouvelle égérie de la marque de prêt-à-porter «Desigual». Sur le visage et partout sur le corps, sa peau métisse est tachetée; ce qui lui vaut de marquer les esprits. Atteinte d’une maladie de peau, le vitiligo, ces taches de dépigmentation font immédiatement le succès de la Canadienne. Aujourd’hui en une des magazines, elle se bat, via des conférences, pour prouver que «la beauté n’a pas de visage». «Certaines personnes ont la peau noire, d’autres la peau métissée, moi j’ai les deux», se réjouit-elle, pleine d’humour, lors d’une conférence.

Maeva Giani Marshall a elle aussi une peau atypique. Victime d’un AVC lorsqu’elle avait 20 ans, la top modèle a fait une réaction aux médicaments prescrits qui, combinés au soleil et au maquillage, lui ont laissé des taches brunes sur le visage et le corps. Déjà mannequin à l’époque, sa carrière est pourtant loin d’être terminée… «Aujourd’hui, je suis beaucoup plus sollicitée qu’avant, mais je ne veux pas être assimilée à une bête de foire», rapporte «La Parisienne». Un signe distinctif qui la rend maintenant d’autant plus intéressante aux yeux des créateurs, à l’instar de l’Américaine Nikia Phoenix, une métisse aux nombreuses taches de rousseur naturelles très prononcées.

Des tops atteints d’albinisme

Ce ne sont pas des taches qui font leur singularité mais les couleurs inhabituelles de leur peau et de leur chevelure. Respectivement russe et américaine, Nastya Zhidkova et Diandra Forrest sont deux mannequins albinos dont la beauté a subjugué les couturiers. Une peau diaphane, des cheveux, des cils et des sourcils immaculés donnent à Nastya une aura mystique. Diandra, quant à elle, est une Afro-Américaine qui a beaucoup souffert de son albinisme. Aujourd’hui représentée par les agences Elite et Ford, elle est l’égérie de Vivienne Westwood, mais a aussi tourné dans un clip de Kanye West.

Des regards singuliers

Avoir un beau regard est l’un des plus grands atouts beauté. Avoir un regard percutant, c’est encore mieux! En témoigne Moffy Gathorne Hardy, alias «Moffy», une Anglaise née avec une amblyopie, «un œil paresseux». Celle que l’on surnomme «funny eyes» a réussi à faire de son strabisme sa marque de reconnaissance, et pose depuis pour nombre de créateurs, dont Chanel.
En matière de regard singulier, les cils, mais aussi les sourcils peuvent tout changer. A l’heure ou les poils annoncent leur grand retour sur les réseaux sociaux, certains mannequins ont quant à elles décidé de ne plus s’épiler les sourcils.

C’est le cas de Sophia Hadjipanteli, une Chypriote de 22 ans dont le monosourcil très fourni fait beaucoup parler de lui sur Instagram. Fière de cette particularité, elle a au départ raté sa coloration des sourcils, mais les a finalement gardés ainsi, très foncés, relaie «Yahoo». Dans la mouvance du «body positive» – de l’acceptation de soi tel que l’on est –, la jeune mannequin a même lancé son propre hashtag:#UnibrowMovement, «le mouvement du monosourcil».

Une tendance qui concerne aussi sa consoeur Scarlet Costello, une mannequin qui s’assume ainsi, et invite même tout le monde à faire pareil. «Je crois vraiment que les gens sont plus beaux lorsqu’ils acceptent leur corps tel qu’il est. C’est cette confiance en notre propre beauté naturelle qui est importante», déclare-t-elle.

Des corps différents

S’il est une particularité physique difficile à assumer, c’est sans doute le handicap. Le monde de la mode a pourtant récemment ouvert ses portes à plusieurs femmes que l’on n’avait jusqu’ici pas l’habitude de voir dans les publicités ou sur les podiums. Ainsi, Jillian Mercado, atteinte de dystrophie musculaire, est l’une des rares mannequins en fauteuil roulant. La jeune fille s’est d’abord fait remarquer en tant que blogueuse, avant de poser pour de grandes marques, et même pour une ligne de vêtements signée Beyoncé. «Notre cerveau (à toute la société) a été conditionné pour ne pas s’intéresser aux personnes qui sont handicapées ou du moins à leur univers», explique-t-elle à Vogue.

Mais force est de constater que c’est en train d’évoluer. Le mannequin Aimee Mullins, amputée des deux jambes, devenue athlète paralympique, mais aussi égérie de grands labels de la mode, en est la preuve.

Autre exemple récent, la chanteuse et performeuse Viktoria Modesta, amputée de la jambe gauche qui, après avoir participé à de nombreux défilés, vient d’être choisie comme vedette du très glamour Crazy Horse. Dans le cadre somptueux du célèbre cabaret parisien, on pourra en effet bientôt admirer la «Bionic Girl» danser à l’aide de prothèse qu’elle porte comme un bijou, et aime customiser. «Il y a des gens nés pour être différents», clame-t-elle haut et fort, selon «Le Parisien». Une différence qui, avec l’évolution des mentalités, sera peut-être, à l’avenir, enfin vue comme normale.

Un mannequin défile en donnant le sein

Inspiration: Ashley Graham, mannequin grande taille

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