Histoire de mode

Histoire de mode : la gourmette

Covermedia

18.5.2021 - 17:26

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18.5.2021 - 17:26

La gourmette a une histoire, et elle est ambivalente. Portrait d’un bracelet masculin adulé, détesté... et de retour en grâce.

Retour en grâce pour la gourmette, depuis quelques saisons, mais un retour après un sacré long purgatoire (long à l’échelle des mouvements de mode, qui ont tendance à s’accélérer).

Une gourmette, c’est ce bracelet en chaîne à plus ou moins gros maillons qui porte une plaque sur laquelle est inscrit le prénom. Dans les années 1960, les bébés en portaient une, en or, c’était un cadeau de baptême. Plus tard, à la communion, les garçons recevaient une version plus épaisse et plus souvent en argent ou acier qu’en or. Mais en fait, la gourmette est un peu plus ancienne, et elle est davantage liée au sabre qu’au goupillon. C’était en effet un des moyens d’identification des soldats américains pendant la seconde guerre mondiale. Et – est-ce pour cela ? – elle a beaucoup séduit les mauvais garçons.

En France, de même que la médaille de baptême au bout d’une chaîne, elle est associée à un type d’homme un peu « fanfaron », comme le personnage de Vittorio Gassman dans le film de Dino Risi, ou bien les chanteurs et musiciens du groupe I Am, qui, vingt ans plus tard, appuient sur les clichés surtout quand ils dansent le mia. Le dragueur du sud, un peu lourd. Mais Johnny Hallyday lui offre une aura rock... avant que le bling-bling lui redonne un vrai statut.

Dans un chassé-croisé bon goût / mauvais goût, Maison Margiela s’en empare, puis Dior et enfin Simon Porte Jacquemus, qui se présente comme un créateur du sud... et ne manque pas d’humour. Résultat, la gourmette fait chic, moins bling-bling et devient unisexe au passage... enfin, mollement. Les filles ne s’amusent pas à porter leur prénom en bracelet... et les garçons ont aussi conservé le bracelet sans forcément livrer leur identité au tout venant !

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