J-12 avant Noël : pourquoi le rouge et le vert sont les couleurs de Noël

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12.12.2017 - 13:13

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La période de Noël est d’abord reconnaissable aux deux couleurs complémentaires qu’elle affiche : le rouge et le vert. Mais pourquoi ces deux couleurs ?

Le rouge, c’est celui du costume du Père Noël, le vert, celui des sapins que l’on décore à Noël : on pense avoir ainsi fait le tour de la question si on se demande pourquoi ces deux couleurs incarnent à elles seules ce temps particulier de l’année : Noël. Mais ce serait trop simple. La symbolique des couleurs s’inscrit dans une histoire. Chaque couleur a la sienne propre, mais il faut savoir aussi que les couleurs fonctionnent aussi ensemble, par assemblage ou par opposition. Et ceci, depuis des siècles.

Le rouge vif était une couleur chère à fabriquer, parce que difficile à obtenir. Les robes de mariée ont longtemps été rouges, car celle qui était rouge était la plus belle de la garde-robe de la fiancée. Mais dans le cas du Père Noël, le rouge qui a longtemps prévalu était celui du vêtement de Saint Nicolas (l’original du Père Noël, mais qui a réellement existé en Asie mineure, au IVe siècle de notre ère.) Nicolas était un évêque, promu cardinal. Et il donc portait la pourpre cardinalice, qui est à la fois une couleur qui tirait vers l’écarlate, et une fonction héritée de la période romaine. Donc Nicolas, qui faisait des cadeaux aux enfants était vêtu de rouge. La figure Père Noël qui commence à se développer dans l’imagerie populaire au XIXe siècle par les dessins de Thomas Nast, reprend tout naturellement ses couleurs pour son manteau de bienfaiteur. Cette vision colorée sera entérinée définitivement en 1931, avec les publicités de Coca Cola.

Mais le vert ? Il persiste, comme les aiguilles du sapin, à s’associer au rouge dans la fête de Noël, alors qu’il semblerait en être l’opposé. Vert, donc, comme les plantes, vestiges d’un culte païen du solstice d’hiver ? Le vert est aussi la couleur du destin, comme le rappelle Michel Pastoureau dans « Vert, histoire d’une couleur ». Mais au Moyen Age, explique Spike Bucklow, un chimiste et historien de l’art de Cambridge, les deux couleurs étaient déjà associées sur les jubés (des structures en bois peint) dans les églises, entre la nef et le chœur. Elles servaient à établir des frontières spirituelles, comme elles peuvent évoquer une frontière temporelle, celle du solstice d’hiver (on y revient). Noël est donc le moment d’un passage que concrétisent ces deux couleurs. Noël est aussi cette frontière ténue pour les enfants. Entre les petits qui croient encore au Père Noël, et ceux qui sont passés de l’autre côté, n’y croient plus mais continuent de maintenir les plus jeunes dans la féérie du conte. Et tous attendent au pied du sapin, vert.

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