On va à l’expo : « Alchimie secrète d’une collection », la collection « Pompadour » d’Azzedine Alaïa

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24.8.2018 - 13:09

Source: Covermedia

Azzedine Alaïa a été très inspiré par l’histoire des locaux où il s’est installé, rue de la Verrerie. Là est née sa collection « Pompadour », que sa fondation nous fait revivre grâce à une exposition.

Azzedine Alaïa nous a quittés en novembre 2017, mais déjà la fondation qu’il a souhaité créer est active et tient ses promesses. Après la grande exposition rétrospective, que l’on peut voir en ce moment à Londres, c’est au tour de « Alchimie secrète d’une collection », qui donne à voir des pièces de la première collection que le couturier (il tenait au terme) a conçu dans les locaux encore en friche du 18 rue de la Verrerie.

Alaïa l’a présentée dans ces mêmes lieux, début février 1992.

On admire aujourd’hui la collection « Pompadour » dans sa plus simple et belle expression. Bien sûr, pas les 115 silhouettes de ce défilé prolifique. Olivier Saillard nous en donne la quintessence (41 pièces) dans une mise en scène sobre, où les vêtements ne sont pas gâchés par un parti-pris écrasant.

Mais pourquoi « Pompadour » ?

En décapant les murs de cet immense entrepôt, les ouvriers ont trouvé des dessins de cartes géographiques qui ont activé l’imaginaire du créateur. Puis il a découvert que c’est à cet endroit que celle qui deviendra « La Pompadour » a reçu sa formation en « arts d’agrément » qui lui a permis de s’imposer durablement à Versailles comme favorite du roi Louis XV.

Entre Azzedine Alaïa et la Pompadour, c’est une histoire de fascination. Une jeune femme belle et intelligente, Jeanne-Antoinette Poisson, a réussi à s’élever au plus haut sommet du pouvoir, même si c’était dans l’alcôve. Origine modeste, réussite sociale...

Cela signifie-t-il pour autant qu’Alaïa entraine sa collection d’été 1992 dans un style « grand siècle » ?

Non. Des corsets, retravaillés, des balconnets pigeonnants, certes. Des dentelles de cuir, des rubans en trompe l’œil, des ceintures comme des dentelles, et même l’étonnante incursion de la broderie anglaise, en appoint ou comme tissu de robes ou corsages. Mais tout cela ne nous rapproche guère de la Pompadour. Olivier Saillard, dans le catalogue de l’expo, y trouve davantage de clins d’œil à Vivienne Westwood que directement à Versailles.

Les couleurs sont douces (lavande, rose ancien, vert jade, lie de vin), le noir et le blanc y tiennent une forte place, les rayures, telles ces immenses robes chemises, sont insolites ; les longueurs vont du mini au très long ; les superpositions mêlent les pièces.

Mais la silhouette est celle de toujours chez Alaïa : le vêtement épouse et sublime le corps de la femme, sans le contraindre, même quand il se fait corset.

Des dizaines de top model ont défilé en ce mois de février 1992, dont un nom apparaît parfois sur le cartel, posé négligemment auprès du mannequin de tissu qui porte le vêtement.

L’expo dure jusqu’au 16 janvier 2019, prenez le temps de la voir lors d’une balade dans le Marais.

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