Mode & Beauté

Paris Fashion Week : le romantisme modernisé Galliano

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2.10.2018 - 13:09

Source: Covermedia

Bill Gayten a conçu la collection mixte printemps/été 2019 de John Galliano autour d’une vision fantasmée et modernisée du romantisme victorien. Ces petites filles modèles feront-elles florès ?

C’est une étrange histoire qui est à l’origine de l’inspiration de Bill Gayten, le directeur artistique de la maison Galliano. Il dit s’être appuyé sur un film qui retrace l’histoire vraie de la disparition de trois jeunes filles lors d’une sortie scolaire au XIXe siècle. Les jeunes femmes que le styliste fait évoluer pour la collection printemps /été 2019 de Galliano ont en effet une lointaine ressemblance avec des jeunes filles victoriennes dans leurs robes en dentelle, à volants, avec des manches gigot, ou encore ces robes tabliers et les chapeaux de paille, notamment. A ceci près que cette époque particulièrement soucieuse de pudeur et de modestie n’aurait pas toléré ces élégantes tenues qui l’évoquent, mais jouent sur la transparence, la mise au jour de dessous (guêpière, etc.) ou s’accompagnant de bottes militaires lacées.

La transparence est un des points sur lequel le styliste a voulu mettre l’accent. Il s’y prend de multiples façons, de l’utilisation de la dentelle (parfois en contrepoint du satin) et du plumetis, à la déconstruction de formes qui laissent voir un bras, une jambe... Les filles portent aussi des pantalons, courts et retenus par des bretelles. Ou bien confectionnés dans un imprimé journal (ou apparaît clairement le mot Galliano), comme un écho au bruit médiatique qu’a fait en son temps la disparition des trois jeunes filles.

Dans ce défilé de petites filles presque modèles, le blanc l’emporte absolument. Le noir, brillant, joue la transparence ou se mêle au blanc pour des carreaux sur un sarrau d’écolière. Un peu de rose ou de bleu clair sur des robes tabliers de sages collégiennes apportent une touche vaguement poétique.

L’ensemble est joli, mais troublant. Quand bien même on ne connaîtrait pas l’origine de l’inspiration de Bill Gayten, le mélange de tenues reprenant les codes du sexy (dessous visibles, transparence, etc.) et ceux de l’écolière sage (robe tablier, sarrau, petit chapeau de paille) questionne en cette période où l’on essaie de préserver à nouveau les enfants et jeunes gens. La période David Hamilton est révolue. Mais le devoir de la création et de la mode n’est-il pas aussi de questionner ce qui aujourd’hui semble une évidence ?

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