Mode & Beauté

Paris Fashion Week printemps/été 2019 : défilé Ann Demeulemeester, sous le signe de revenantes élégantes

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28.9.2018 - 13:09

Source: Covermedia

Fidèle à l'esprit minimaliste de la maison fondée par Ann Demeulemeester, le styliste français Sébastien Meunier a limité sa palette et son inspiration. Mais « Less is More », et le résultat est superbe.

N’allez pas chercher dans le défilé Ann Demeulemeester des tenues pour aller travailler avec élégance cet été ou vous diriger vers la plage ou la piscine. Non pas que les tenues ne soient pas destinées à une saison chaude : elles sont pour la plupart en satin, en voile de mousseline ou en léger coton. Et le créateur joue magistralement sur la transparence et les effets de matière.

Mais ce sont les pièces en elles-mêmes qui n’évoquent aucune saison. En revanche, on les sent ancrées dans une époque dont, prisonnières, elles aimeraient bien s’échapper mais qu’elles nous dévoilent avec grâce.

Cette époque pourrait être un XIXe siècle gothique. Le noir, le blanc, le rose poudré et l’ivoire sont les seules couleurs et teintes à avoir subsisté après un long séjour dans un espace-temps indéfini. Les nombreuses et larges fleurs que les femmes ont rapportées de cet univers sont en satin et ornent les robes ou manteaux d’une élégance nostalgique.

Comme si elles s’étaient habillées à la hâte avec ce qu’elles trouvaient sur leur chemin, les créatures qui défilent portent, par exemple, une (superbe) chemise oversize, sur une veste vaguement redingote et un pantalon étroit, tel un smoking emprunté au passage. D’autres ont enfilé d’immenses trenchs en satin ivoire, et des vestes et pantalons du même acabit. Certaines portent de longues robes tuniques en mousseline ou satin, la taille et le haut du corps enserrés dans une drôle de ceinture de cuir ou de métal. Les slip dress, près du corps ou non, sont enveloppées dans d’énormes cache poussière noirs.

Quelques variations sur le thème de la rayure (gris/noir ; ivoire/noir) se retrouve là sur un manteau, ici sur un costume.

Pour renforcer l’effet fin de siècle, le styliste a enfermé le visage des mannequins dans des voilettes cage, noires ou ivoires. Celles qui n’en sont pas pourvues portent des coiffures aux accroche-cœurs très plaqués, comme on le voyait sur les modèles en celluloïd des publicités des années 30.

On note que bien que ce défilé ne ressemble à aucun autre, on y trouve des détails et matériaux vus ailleurs pour cette prochaine saison et qui donnent déjà quelques tendances. Ainsi, les longues robes en voile de mousseline, et tout ce qui touche au voile ; le satin et la soie, ces précieuses étoffes que l’on retrouve sur des manteaux et des vestes aussi bien que sur des robes et jupes. Les couleurs sobres, le rose (dans plusieurs tons clairs), l’ivoire seront assurément des couleurs qui seront au top au printemps.

On espère que la voilette intégrale (déjà vue aussi) n’est qu’un des éléments du défilé pour ajouter mystère et décalage au défilé Ann Demeulemeester.

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