Mode & Beauté Tendances femme : la néo-bourgeoise

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15.10.2019 - 15:54

Source: Covermedia

La tendance néo-bourgeoise remet le vêtement bien coupé, chic, féminin, sur le devant de la scène. Pour celles qui en avaient assez du hoodie et du jogpant, l’antidote est tout trouvé.

Si certains ont cru que les propositions d’Hedi Slimane pour Celine de cette rentrée 2019-2020 ne seraient qu’un caprice de couturier que ne reprendrait pas la rue, ils se sont largement trompés. Alors que le styliste laissait tomber (provisoirement ?) le style punk-rock, il offrait au monde médusé de la mode un retour à l’essence de la maison Celine, quand elle s’appelait encore Céline. Branché seventies, certes, Slimane, mais avec une femme du genre que l’on appelait encore il y a peu « dadame », c’est-à-dire bourgeoise. Un gros mot.

Mais avec Hedi Slimane, bien entendu, il n’est pas question de reprendre tel que les codes bourgeois de cette époque, mais de se les approprier en les adaptant à nos besoins d’aujourd’hui. Le public, ou du moins une bonne partie, et de nombreux couturiers ont vite compris qu’il y avait là une révolution. Pas politique, certes, bien que Slimane soit allé chercher chez la bourgeoise des années 1970 la part qui, déjà, ne voulait pas rester à sa place. D’où les jupes culottes, les tailleurs pantalons, les jupes fluides qui permettent la marche et le mouvement. Les capes sont là pour protéger du froid, mais aussi de certains regards que certaines ont déjà dénoncés comme intrusif dans les années 1970.

En fait, la néo-bourgeoise de Slimane/Celine, celle que l’on commence à voir dans les rues de nos villes, est une femme en mutations, qui avance, même si c’est masquée sous de neutres coloris (beige, camel, brun). Elle n’a rien contre l’empowerment, au contraire. Rien contre les attributs de la féminité (foulards, colliers, etc.), car elle sait qu’ils sont aujourd’hui partagés par une frange des hommes élégants. Et même rien contre le jean, qui fait merveille avec une blouse chic et des bottes. Les baskets, dès lors qu’elles ressemblent à des tennis des années 1960, sont aussi intégrées dans cette garde-robe. Car il ne s’agit pas de remplacer le confort par l’inconfort. Mais de jouer le chic contre le laisser-aller.

Et ce laisser-aller, malgré toute la bonne volonté de stylistes haut-de-gamme pour lui donner une âme, s’incarne dans le streetwear.

La néo-bourgeoise, c’est l’anti streetwear.

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