Un mois sans produire de déchets? Nous avons fait le test!

Hannah Stettler, blog durabilité

1.7.2018

Nos océans sont pollués par des particules de plastique. Cette pollution est aussi le fruit de notre consumérisme en Suisse, car nous produisons sans cesse des déchets qui pourraient être évités. Un mois durant, notre rédactrice a tenté de vivre selon le concept zéro déchets. Sa conclusion donne à réfléchir.

Imaginez que plus personne ne produirait de déchets. Terminé les montagnes de déchets devant les usines d’incinération, terminé les ordures qui jonchent les rues, terminé le plastique qui pollue les mers. Hélas, les produits qui tiennent toute une vie n’existent plus depuis bien longtemps. Tôt ou tard, tout finit à la décharge.

702 kg de déchets– c’est la somme des ordures ménagères et des emballages que chaque Suisse produit par an. Il n’y a qu’aux Etats-Unis et au Danemark que les consommateurs en produisent davantage encore.

Personne ne prête attention aux déchets. Une fois qu’un objet atterrit à la poubelle, il est oublié. Et pourtant, de temps à autre, quelques irréductibles prétendant vivre sans produire de déchets défraient la chronique. Cela m’a toujours captivée, mais sans vraiment y croire. Pour voir si le concept pouvait fonctionner, j’ai décidé de me lancer et de faire une expérience zéro déchet pendant un mois.

Un choix énorme, mais...

Les magasins qui proposent leurs marchandises en vrac, sans emballage, poussent comme des champignons, ce qui m’a facilité l’expérience. Pour faire leurs achats, les consommateurs avertis s’y rendent équipés de leurs tupperwares, bocaux à confiture vides et sachets en tissu ou en papier. Certes, le choix est moins pléthorique que chez les grossistes, mais j’ai été agréablement surprise.

J’étais rassurée, mon expérience zéro déchet allait se passer sans anicroche. C’est du moins ce que je pensais au début. Reste que j’ai vite déchanté quand j’ai remarqué que nombre de denrées alimentaires ne peuvent pas être achetées sans emballage. Pensons aux yogourts, au beurre, à la levure et autres produits semi-finis ou finis. Sans compter que l’alimentation n’est pas le seul domaine de la vie quotidienne à produire des déchets.

Mon mois zéro déchet a commencé avec une brosse à cheveux inutilisable et une éponge dont le remplacement devenait inéluctable. Un départ quelque peu frustrant, mais je n’allais pas m’arrêter à ce premier revers. J’ai retroussé mes manches et je me suis attelée à réduire mes ordures. Mon mois zéro déchet a été riche en enseignements. Voici mes six constats les plus notables.

1. Acheter en vrac demande du temps

Le temps que je me rende à vélo du stand de légumes bio au magasin en vrac qui vend des carottes tordues et des poireaux surdimensionnés, la journée était déjà bien entamée. Et je n’étais pas encore allée chercher le lait chez le paysan ni les pâtes en vrac au magasin Palette. Impossible de faire ce genre d’achats régulièrement tout en travaillant et en remplissant les autres obligations de la vie quotidienne.

Défi supplémentaire, les achats en vrac requièrent un minimum d’organisation: combien de fois me suis-je retrouvée devant le magasin pour m’apercevoir que j’avais oublié d’emporter mes sachets en   plastique et mes bocaux. Ma solution: moins travailler, acheter davantage en vrac. Difficile toutefois de concrétiser ce projet dans la vraie vie.

2. Zéro déchet, c’est peser le pour et le contre

Mon expérience zéro déchet m’a posé des dilemmes cornéliens: acheter la salade non emballée mais non bio, ou plutôt la salade bio emballée dans le coin à 50% pour éviter qu’elle ne passe à la poubelle? Puis-je acheter un emballage en toute bonne conscience si cela permet de sauver des denrées alimentaires?

Combien de kilomètres à vélo supplémentaires dois-je faire pour boire du lait en bouteille réutilisable provenant de la ferme plutôt que du lait en bouteille plastique recyclable de la Migros?

Si je considère l’ensemble du cycle de production, le pain non emballé de la boulangerie occasionne-t-il moins de déchets que celui que je cuis moi-même, sachant que je jette le papier qui protégeait la levure?

Et si j’invite des amis à dîner, leurs déchets sont-ils mes déchets?

3. Jeter ou recycler

Pendant le test, la quantité des déchets a notamment diminué parce que je recyclais tout ce qu’il était possible de recycler. Le démontage de la brosse à cheveux illustre parfaitement qu’investir un peu de temps permet de sensiblement réduire les déchets.

Durant mon expérience, j’ai banni les Tetrapaks puisqu’il n’est pas possible de les éliminer proprement ou de les ramener au magasin. Par contre les bouteilles en verre et en plastique (pour le lait), le vieux papier (banderoles des yogourt comprises) et les boîtes (qui contenaient le lait de coco) se sont amassées chez moi. Bien sûr tout cela est réutilisable, mais au final il s’agit quand même d’emballages, qui tôt ou tard finiront à la poubelle.

4. J’ai péché!

e dois avouer qu’il y a certaines choses auxquelles je ne renoncerais pour rien au monde. Sur cette liste figurent les articles hygiéniques, le papier toilette, les cotons de démaquillage, les lames de rasoir et même les éponges.

D’un autre côté, j’étais surprise d’avoir amassé tant de choses en un mois:

- Les quittances de mes achats et de mes sorties au café
- Un stick de colle (oui, je suis une inconditionnelle des albums photo)
- Du papier de cuisson
- Une éponge de cuisine et une somme impressionnante de mouchoirs en papier-L’emballage d’une commande en ligne
- Un sac en plastique contenant un reste de terreau
- Des sachets de thé
- Et une chambre à air de vélo

5. La nourriture, ce n’est que le début

Sur un mois, les emballages des denrées alimentaires sont sans aucun doute les principaux contributeurs aux ordures ménagères. Mais en examinant la question des déchets sur toute une année, voire toute sa vie, le nombre de sources de déchets grandit fatalement, parfois au-delà de tout contrôle.

L’électroménager, les vêtements et le mobilier posent eux aussi la question de l’emballage, mais les réparations et raccommodages ainsi que l’usage de deuxième main permettent de sensiblement   prolonger leur durée de vie. Là aussi, le tri des matériaux et leur élimination sont décisifs pour la masse de déchets finale.

6. Le Zero Waste, c’est génial!

Sillonner la ville à vélo, tenter de réduire les emballages à chaque achat, j’ai adoré. Et durant tout ce temps, à la maison, la poubelle ne se remplissait qu’à peine: un vrai moment de grâce. En dépit de tous mes efforts, force est de constater que les déchets plastiques étaient nombreux durant les quatre semaines de mon expérience.

Le mois se termine comme il avait commencé: avec une idée géniale, mais pas vraiment réalisable. En ville de Berne, contrairement à ce que je croyais, rien n’est prévu pour recycler les matières plastiques. Tout passe à la poubelle. C’est dommage, mes efforts de tri n’auront servi à rien.

Conclusion: soyons plus conscients de nos déchets

Loin de moi l’idée de vouloir supporter le consumérisme, et pourtant je ne suis pas non plus prête à faire du prosélytisme en faveur du zéro déchet, vous l’aurez compris. Tout de même, je souhaiterais que certains de mes concitoyens se montrent un peu moins paresseux.

Si chacun pouvait prendre conscience des quantités de déchets inutiles que nous produisons. De nombreux gestes du quotidien peuvent contribuer au mouvement zéro déchet. A la cantine, par exemple, choisir la vaisselle conventionnelle plutôt que la vaisselle jetable.

Suite à mon expérience zéro déchet, j’ai développé une conscience accrue pour les emballages et les ordures. Et je suis plus motivée que jamais à réduire mes déchets. Passer d’un sac de 35 litres par mois à un demi-sac me semble un bon début. Mais il est toujours possible de s’améliorer.

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Au sein de l’équipe Corporate Responsibility de Swisscom, Hannah Stettler suit des projets de compétences médias et de formes de travail flexibles.
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