Euro 2021

Euro 2021 : un format atypique mort-né ?

ATS

12.7.2021 - 12:15

ATS

12.7.2021 - 12:15

Pendant un mois, l'UEFA a navigué entre pandémie, polémiques et absurdités logistiques liées au format atypique de l'Euro disséminé dans onze pays, mais cette formule paneuropéenne risque de tomber dans l'oubli à l'avenir, avant un retour à la normale prévu pour 2024, en Allemagne.

Aleksander Ceferin a déjà prévenu que ce format inédit de l'Euro 2021 ne serait «probablement pas reconduit».
Keystone

L'idée initiale de Michel Platini pouvait séduire sur le papier: fêter les 60 ans de la compétition avec un tournoi itinérant, censé rapprocher les peuples, les pays, les supporters, dans une célébration du football continental.

Le bilan est nettement plus contrasté, après un mois de compétition où la géopolitique et l'inéquité sportive se sont invitées dans les discussions, jusqu'à la victoire de l'Italie face à l'Angleterre (1-1 ap, 3-2 tab).

Absurdité logistique et écologique

Bakou, Rome, Bakou, Bucarest, Saint-Pétersbourg... Voici le long chemin parcouru par l'équipe de Suisse, et ses supporters, pendant le tournoi. Le périple helvète soulève d'autant plus d'interrogations qu'une équipe nationale voyage avec une délégation bien fournie et plusieurs tonnes de matériel.

L'UEFA a certes promis qu'elle allait «compenser» les émissions de gaz à effet de serre des supporters, mais les plus sceptiques ne sont pas convaincus par la formule, un «non-sens environnemental total» selon l'eurodéputée écologiste Karima Delli, interrogée par l'afp en 2020.

L'Euro 2024 s'annonce bien différent, avec neuf des dix stades du tournoi déjà utilisés lors du Mondial 2006, et moins de 700 kilomètres entre Hambourg et Munich, les deux villes hôtes les plus éloignées.

Covid et supporters

«Ce n'est pas un Euro habituel, d'abord parce qu'il se déroule dans onze pays et, par-dessus cela, il y a la pandémie qui rend les voyages encore plus difficiles», avait remarqué le président de l'UEFA Aleksander Ceferin avant le tournoi. Le dirigeant slovène a déjà prévenu que ce format inédit ne serait «probablement pas reconduit».

Le patron de l'instance européenne a en effet dû reporter le tournoi d'une année, puis jongler avec 11 législations de 11 pays-hôtes, et autant de politiques sanitaires de lutte contre le Covid-19.

Un casse-tête surtout pour les supporters, un peu livrés à eux-mêmes dans leur périple continental, entre tests PCR, vaccins, formulaires d'entrée, quarantaines au retour, risque de contamination, et incertitudes jusqu'à la dernière minute tant sur le lieu des rencontres, que sur leurs chances d'obtenir un billet pour le match...

Si les fans ont, par moments, pu retrouver l'ambiance de villes animées par l'organisation du tournoi, comme à Budapest, d'autres destinations furent moins joyeuses, comme Bucarest ou Bakou. En 2024, avec quatre stades rien que dans la Ruhr (Düsseldorf, Cologne, Gelsenkirchen et Dortmund), les chants risquent de s'entendre à tous les coins de rue.



La formule paneuropéenne a eu le mérite de confier l'organisation de l'Euro à de plus petits pays, comme la Hongrie ou le Danemark, mais cela a aussi causé de nombreuses anicroches diplomatiques, plaçant l'UEFA, accrochée à sa ligne «apolitique», dans d'inconfortables situations.

L'Euro aura été marqué par le débat sur le genou à terre, symbole de lutte contre les discriminations, puis par le «rainbow-gate», lorsque l'UEFA s'est opposée à ce que Munich illumine son stade aux couleurs arc-en-ciel de la communauté LGBT pour dénoncer une législation jugée homophobe votée en Hongrie. Les prises de positions des responsables politiques de toute l'Europe ont fusé, et l'UEFA n'a pas été épargnée.

Dans trois ans en Allemagne, avec un format plus traditionnel et un contexte sanitaire peut-être apaisé, la passion du foot devrait reprendre le dessus.

ATS