Euro 2024 Des pépites, des tauliers et des artificiers : la Mannschaft fait peur

AFP

15.6.2024

Face à une Écosse assez faible et sans solution, l'Allemagne a impressionné pour son match d'ouverture vendredi, grâce à une solidité défensive, un milieu de terrain éblouissant à l'image du virevoltant Jamal Musiala et les apports du banc en fin de rencontre.

Jamal Musiala a été magnifique face à l'Ecosse
Jamal Musiala a été magnifique face à l'Ecosse
IMAGO/Laci Perenyi

AFP

15.6.2024

Ce départ lui permet de rêver en grand pour «son» Euro-2024 à domicile, mais il est à nuancer face à l'absence d'opposition écossaise et devra être confirmé mercredi à Stuttgart face à la Hongrie de Dominik Szoboszlai, en constant progrès ces dernières années.

Stabilité défensive enfin trouvée

Ce secteur était le principal chantier du sélectionneur Julian Nagelsmann lorsqu'il a pris la tête de la Nationalmannschaft fin septembre 2023, avec seulement un peu plus de huit mois pour travailler avant le début de l'Euro.

Durant le court mandat de son précédesseur Hansi Flick (25 matches), la défense allemande n'avait fait quasiment que changer d'un match à l'autre.

«D'ici à l'été, nous ne serons pas un monstre de défense, nous ne le sommes pas», avait d'ailleurs lâché Nagelsmann, dépité, en novembre après le revers à Vienne contre l'Autriche.

Kimmich et Mittelstädt

Mais depuis, ses choix forts ont payé avec, d'abord, Joshua Kimmich replacé sur le côté droit et Maximilian Mittelstädt, révélation à Stuttgart, titularisé à gauche.

Ensuite, il a trouvé sa charnière centrale. Exit Mats Hummels, non retenu pour l'Euro, ou Nico Schlotterbeck, désormais dans le rôle de remplaçant. Avec Antonio Rüdiger, fer de lance de la défense madrilène, et Jonathan Tah, patron à Leverkusen, Nagelsmann dispose de deux joueurs ayant disputé une saison quasiment parfaite dans leur club respectif, champions nationaux, vainqueur de la Ligue des champions et finaliste de la Ligue Europa.

S'il n'y avait pas eu ce but contre-son-camp de Rüdiger en fin de match, l'Allemagne aurait connu son premier match depuis juin 2016 sans encaisser de but dans une rencontre d'un grand tournoi.

Du talent en pagaille au milieu

Contre l'Écosse, le titre de meilleur joueur du match est revenu à Jamal Musiala, éblouissant dans ses dribles et ses accélérations face à des défenseurs écossais qui ont généreusement donné le bâton pour se faire battre.

Le milieu de terrain du Bayern, qui jouait dans son jardin, n'a manqué aucune de ses 33 passes tentées contre l'Écosse. Et il s'est montré d'une redoutable efficacité devant le but, alors qu'en novembre 2022 au Mondial au Qatar, il avait manqué un nombre considérable d'occasions lors de la défaite contre le Japon pour l'entrée en lice de l'Allemagne (défaite 2-1).

Avec l'autre pépite du football allemand, Florian Wirtz (21 ans tous les deux), il a bénéficié de l'apport de Toni Kroos (34 ans), toujours sur son nuage, lui qui dispute ses derniers matches avant de mettre un terme à sa carrière.

Grand artisan de la superbe saison du Real, Kroos est resté sur la même dynamique avec la Mannschaft, ne manquant qu'une seule de ses 103 passes (sur un total de 700 pour l'Allemagne) vendredi contre l'Ecosse.

Sa sortie de retraite internationale, à mettre à l'actif de Nagelsmann, s'avère décisive pour l'Allemagne, apportant une sérénité retrouvée dans la gestion des matches.

Une hiérarchie établie

«On a une très bonne hiérarchie dans l'équipe, avec des jeunes qui peuvent donner le rythme.» Homme fort de la fin de saison en Ligue des champions du Borussia Dortmund (finaliste malheureux contre le Real), Niclas Füllkrug a débuté sur le banc, est rentré et a marqué sur une frappe flashée à 110 km/h.

Il symbolise cette répartition des rôles clairement établie par Nagelsmann, qui a trouvé son onze type fin mars. Chaque joueur sait ce que le sélectionneur attend de lui.

Invité de dernière minute après la blessure d'Aleksandar Pavlovic, Emre Can est lui aussi rentré en toute fin de rencontre et a parachevé la démonstration.