F1 : un Grand Prix d'Arabie saoudite sur fond de polémiques

ATS

2.12.2021 - 10:46

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2.12.2021 - 10:46

Outre l'enjeu sportif, le premier Grand Prix d'Arabie saoudite de Formule 1, qui pourrait sacrer pour la première fois dimanche le Néerlandais Max Verstappen (Red Bull), attire l'attention pour ce qu'il représente sur la scène internationale.

Très impliqué dans la lutte contre les discriminations, Lewis Hamilton avait arboré un casque aux couleurs de la communauté LGBT+ au Qatar.
Keystone

L'entrée au calendrier de la F1 du royaume, très critiqué pour ses manquements aux droits humains, fait partie d'une campagne pour améliorer son image et diversifier son économie (qui repose essentiellement sur le pétrole) grâce au sport, aux événements culturels et au tourisme.

Les critiques, qui pointent un des taux d'exécutions les plus élevés au monde et la répression des dissidents, parlent de «sportwashing» (tentative de blanchiment de l'image du pays par le sport).

Dans le Washington Post, la fiancée du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018, appelle pour sa part le chanteur Justin Bieber, qui doit se produire en marge du GP, à annuler sa venue.



«Ce qui (polit) l'image du royaume, ça n'est pas un chanteur mais ses dirigeants et son peuple... Vous ne pouvez pas polir ou montrer une image différente de la réalité», contre-attaque auprès de l'AFP le Prince Khalid bin Sultan, président de la Fédération saoudienne auto et moto.

«Un combat est mené contre le royaume depuis des années, un combat pour des raisons politiques», estime-t-il. «Il y a ceux qui disent que le royaume est en retard et contre les droits humains... Bien sûr, personne n'est parfait, et les plus grandes nations qui brandissent la liberté et les droits humains ont plus que leur part de critiques dans ces domaines.»

«Nous croyons en nous, cette guerre va continuer, on va continuer sur notre chemin et la porte est ouverte à tous pour nous rendre visite et voir qui nous sommes vraiment», termine le Prince.

«Rendre le sport plus responsable»

Polémique plus anecdotique mais révélatrice de ce qui se joue autour des grands événements organisés dans ce pays, aucune restriction vestimentaire ne s'applique finalement sur le circuit de Jeddah, où se tient le GP, ni dans aucun lieu public de la ville.

Dans un premier temps, le journal espagnol Marca avait évoqué des règles strictes, notamment pour les femmes, qui ont provoqué le mécontentement de certaines équipes et du grand public. Mais une note transmise ensuite aux médias par l'organisateur les enjoint seulement à «respecter les sensibilités culturelles de l'Arabie saoudite».

Un autre qui aura à s'exprimer sur la question des droits humains est, sans doute, le pilote britannique Lewis Hamilton (Mercedes), qui a fait de la lutte contre les discriminations son combat hors de la piste.

«Je pense qu'on est tous conscients qu'il y a des problèmes dans certains pays où nous allons et tout particulièrement dans cette partie du monde (le Golfe, qui accueille quatre GP à Abou Dhabi, au Bahreïn, en Arabie saoudite et au Qatar, ndlr)», a-t-il déjà déclaré à Doha il y quinze jours.

Les pilotes doivent «rendre le sport plus responsable et s'assurer qu'il fait vraiment quelque chose lorsqu'il se rend dans ces pays, et c'est pourquoi j'ai essayé d'élever la voix», avait-t-il ajouté, avant de prendre la piste coiffé d'un casque aux couleurs de la communauté LGBT+.

ATS