Alain Geiger : "Pour Servette, tout est devenu plus compliqué"

ATS

26.11.2021 - 15:26

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26.11.2021 - 15:26

Deux jours avant un derby lémanique qui sera surtout celui de la peur, Alain Geiger sait-il qu'il restera à jamais dans le coeur des supporters servettiens comme l'homme du 11 juin 1984 ? Il ne peut pas oublier qu'il fut l'unique buteur de l'un des affrontements les plus importants de l'histoire entre Servette et Lausanne.

Alain Geiger et Servette se déplacent à la Tuilière dimanche en Super League.
Keystone

L'actuel entraîneur des Grenat avait scellé l'issue de la seule finale de Coupe de Suisse qui a opposé les deux équipes à ce jour. «Je me rappelle de ce but inscrit lors des prolongations. Jean-Paul Brigger remise en retrait et je trouve la lucarne de Jean-Claude Milani, glisse-t-il. Il y avait encore Gabet Chapuisat à Lausanne. Quant à nous, il n'y avait pratiquement que des internationaux sur le terrain.»

«Tout est devenu plus compliqué»

Trente-sept ans plus tard, tout a changé. Lausanne ne bénéficie plus du soutien presque sans limite d'un mécène dont le fils était l'un des joueurs de la première équipe. Quant au Servette FC, sa puissance financière qui lui permettait d'imposer sa loi sur le marché des transferts appartient à un passé très lointain. «Le club était vraiment en mesure d'attirer les meilleurs joueurs du pays, se souvient Alain Geiger. Aujourd'hui, les Alémaniques restent chez eux, les Vaudois ont Ineos et les Valaisans un président très riche. Pour le Servette FC, tout est devenu plus compliqué.»

Encore plus lorsque le club sort juste d'une série de cinq défaites de rang en Super League. «Heureusement, il y a eu la victoire 3-2 contre les Grasshoppers dimanche dernier. Je considère cette rencontre comme un match de référence, explique l'entraîneur. On peut construire sur cette victoire. J'ai noté une progression sensible sur le plan individuel de la part de mes joueurs. Mais dimanche, nous devrons être «au taquet» pour gagner. Il conviendra d'oublier le froid et le fait de jouer sur un synthétique. La victoire est à ce prix.»



«On a vu la différence»

Une victoire qui serait la première du Servette FC dans un derby lémanique depuis le retour des Lausannois en Super League à l'été 2020. Le 25 septembre dernier, les Genevois avaient exercé un ascendant total pour devoir se contenter d'un 1-1 qui fut bien loin de refléter la physionomie de la rencontre.

«Oui, mais en deux mois Lausanne est vraiment monté en puissance, note Alain Geiger. Cette équipe est une bonne équipe. Elle a gagné le week-end dernier à Saint-Gall après avoir livré une très belle performance. Avec Cameron Puertas et Zeko Amdouni dans l'axe, Trae Coyle et Hicham Mahou sur les côtés, elle peut être très dangereuse.»

Côté servettien, la donne n'est également plus la même depuis l'acte I du 25 septembre. Alain Geiger peut désormais compter sur un «véritable» international en la personne de Kastriot Imeri.

«On a vu la différence dimanche contre les Grasshoppers, sourit l'entraîneur. Kastriot a joué comme un international. Il a su à la fois témoigner d'une réelle constance et se mettre au service de l'équipe. Et il y a ce but incroyable qu'il a marqué. Je crois que Murat Yakin l'a lancé contre l'Italie à Rome avec le secret espoir que Kastriot réussisse un tel geste. Maintenant, sa route est tracée. Il sait désormais que la possibilité de disputer une Coupe du monde dans douze mois est bien réelle. Et pour un joueur de 21 ans, une telle perspective est extraordinaire.»

ATS