Benzema face à Valbuena, la fin du feuilleton

ATS

18.10.2021 - 07:43

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18.10.2021 - 07:43

Une star du foot dans le prétoire: l'attaquant du Real Madrid Karim Benzema se retrouve face à la justice à partir de mercredi. Il sera jugé dans «l'affaire de la sextape».

Benzema sera jugé dès mercredi dans l'affaire de la sextape.
KEYSTONE

L'attaquant de 33 ans sera jugé pendant trois jours au tribunal correctionnel de Versailles avec quatre autres prévenus pour leur participation dans cette affaire, dont la victime est l'ancien coéquipier de Benzema en sélection française, Mathieu Valbuena, 37 ans.

Sera-t-il présent à l'audience au lendemain d'un match de Ligue des champions en Ukraine ? Contactés par l'AFP, les avocats de Benzema n'ont pas répondu. Valbuena, qui porte les couleurs d'Olympiakos Le Pirée, sera lui bien présent au procès, a confirmé son avocat Paul-Albert Iweins.

Pendant l'instruction, la défense de Benzema avait réclamé une confrontation entre les deux protagonistes, demande rejetée par la juge d'instruction. Dans cette affaire, tout est question d'interprétation. Benzema plaide le conseil amical à Valbuena tandis que ce dernier y voit de la pression délictuelle.

Un «nous» fatal?

Le 6 octobre 2015 au soir, Benzema va voir Valbuena dans sa chambre lors d'un rassemblement des Bleus au centre d'entraînement de Clairefontaine. Il explique à son coéquipier pouvoir lui «présenter quelqu'un de confiance», selon l'ordonnance de renvoi, pour l'aider «à gérer» la possible publication d'une vidéo compromettante.

«Attention Math, c'est des gros, gros voyous», prévient le joueur madrilène. Une manière «d'aider» son coéquipier, expliquera Benzema par la suite, alors que Valbuena confessera, lui, avoir eu «l'impression de se faire prendre pour un con».

Après cette conservation, Benzema appelle son ami d'enfance Karim Zenati, un intermédiaire des maîtres-chanteurs présumés, et lui explique: «il ne nous prend pas au sérieux». Un «nous» qui, selon l'accusation, montre que Benzema «s'inclut» dans l'entreprise de chantage.

Au téléphone, les deux hommes, placés sur écoute, se moquent de Valbuena, Benzema prédisant qu'il va «se faire jeter des tomates» si la vidéo est publiée. «Nous on est là pour l'arranger, s'il veut pas, il se démerde avec les piranhas», lâche Karim Zenati, qui expliquera devant les enquêteurs seulement avoir voulu prévenir Valbuena de l'existence de cette vidéo.

Quatre autres accusés

Karim Zenati, «n'a nullement prêté son concours, en conscience, à un délit de chantage», explique son avocat Emmanuel Mercinier, qui espère que «le tribunal fera abstraction de la célébrité des protagonistes et de l'agitation médiatique qui s'ensuit».

La peine maximale – théoriquement – encourue par Karim Benzema, poursuivi pour complicité de tentative de chantage, est de cinq ans d'emprisonnement et 70'000 euros d'amende. À ses côtés sur le banc des accusés, quatre autres hommes sont accusés de tentative de chantage. L'un d'eux, Axel Angot, est également poursuivi pour abus de confiance.

ATS