Servette, l'élève modèle de Super League

plh, ats

15.10.2021 - 10:36

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15.10.2021 - 10:36

Quelles chances des jeunes joueurs ont-ils de jouer dans leur propre club de Super League ? Elles dépendent directement des exigences et des objectifs des clubs correspondants. A Bâle ou à Young Boys, les jeunes n'ont pas la partie facile.

Kastriot Imeri (à gauche) tient un bon rôle au Servette FC.
KEYSTONE

Le président Bernhard Burgener et le directeur sportif Marco Streller avaient succédé à Bernhard Heusler et Georg Heitz à la tête du FC Bâle au printemps 2017. La première décision fut de renoncer à offrir un nouveau contrat à Urs Fischer, qui lors de ses deux saisons à la tête des Rhénans avait fêté deux titres de champion de Suisse et une victoire en Coupe.

Streller avait expliqué dans une conférence de presse pourquoi Fischer n'était plus l'homme de la situation pour les visions futures du club bâlois. Streller avait évoqué entre autres un concept qui devait permettre d'intégrer plus de jeunes joueurs dans le cadre dès le début de la saison et d'entente avec l'entraîneur définir une partie de leur participation aux matches. Il ajoutait que le FCB avait grâce à son avance en points sur ses adversaires une «certaine marge de manoeuvre» pour favoriser l'intégration des jeunes au cours de la saison. Ainsi, l'engagement de Raphael Wicky, l'entraîneur des M21, comme coach principal avait du sens.

La saison 2017-18 débuta. Bâle s'est incliné 2-0 à Berne lors de la 1re journée. Depuis lors et jusqu'à aujourd'hui, le projet des jeunes est resté dans les tiroirs. L'avance sur l'opposition a disparu. Au terme de la saison, le bonus de 17 points s'était transformé en malus de 15 points. Wicky comme ses successeurs Marcel Koller, Ciriaco Sforza et Patrick Rahmen ont aligné et alignent avant tout les meilleurs joueurs du cadre. En tenant compte des forces, mais sans égard pour l'origine et l'âge.

C'est ainsi et n'est en rien blâmable, puisque tous les clubs, également hors de Suisse, avec de grandes ambitions agissent ainsi. La règle générale prévaut: plus le club veut aller haut, plus il lui est difficile d'intégrer des jeunes joueurs issus de sa propre relève.

Bâle-YB: même combat

Le FC Bâle a également choisi cette saison de relever le défi lancé par Young Boys avec une campagne offensive sans précédent sur le marché des transferts. De nombreuses positions sont occupées à double par de nouveaux joueurs. Des propres jeunes joueurs, on ne retrouve que Eray Cömert et Raoul Petretta alignés régulièrement. Les autres jeunes éléments comme Afimico Pululu, Tician Tushi, Liam Chipperfield (année de naissance 2004), Adrian Durrer, Carmine Chiappetta n'ont pratiquement aucune chance de jouer. Les talents Julian von Moos et Yannick Marchand ont été prêtés à d'autres clubs.

Au sein des Young Boys, qui depuis des années entretiennent un groupe performant, pour devenir champion et participer à la Ligue des champions, cela ressemble à la politique du FC Bâle. David von Ballmoos, Michel Aebischer et Sandro Lauper sont des piliers voire même des internationaux, mais ils ne sont plus de première jeunesse. Les joueurs issus de la relève, qui jouent régulièrement, sont Fabian Rieder et Felix Mambimbi. Ces dernières années, des jeunes comme Miguel Castroman, Linus Obexer, Kwadwo Duah et Jan Kronig ont buté sur la concurrence d'un cadre étoffé. Pendant une période, les espoirs étaient placés dans d'autres clubs, aujourd'hui ils ont tous été vendus.

Le contre-exemple de St-Gall

Si les attentes d'un club sont plus modestes et qu'il y a moins de moyens de renforcer le cadre avec l'achat de joueurs, les chances de promotion des propres jeunes sont plus grandes. Parti avec des ambitions modestes lors de la saison 2019-2020, le FC St-Gall avait disputé le titre à Young Boys jusqu'à l'avant-dernière journée. Un exploit réalisé avec une équipe au sang neuf. Encore aujourd'hui, on retrouve sept jeunes dans l'effectif, qui sont soit titulaires ou qui ont de bonnes chances d'être introduits en cours de partie: Leonidas Stergiou, Betim Fazliji, Alessandro Kräuchi, Boris Babic, Tim Staubli, Patrick Sutter et Alessio Besio (année de naissance 2004). A Lucerne et au FC Zurich, le rôle des jeunes joueurs est valorisé.

Servette l'élève modèle

Servette est un cas particulier louable. Au cours de leurs six saisons passées en Challenge League depuis 2013, les Genevois ont soigné la promotion de leur relève. Ils ont puisé dans leur propre réservoir de joueurs, qui aujourd'hui avancent comme joueurs au statut d'international, à l'image de Denis Zakaria, Kevin Mbabu, Ulisses Garcia, Becir Omeragic. C'est aussi à Genève que Jean-Pierre Nsame a pris son envol. Et dans le cadre actuel, des jeunes Servettiens tiennent de bons rôles comme Kastriot Imeri, Boris Cespedes et Alexis Antunes.


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