Yann Sommer : "J'ai vraiment eu peur pour lui"

ld, ats

5.10.2021 - 17:43

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5.10.2021 - 17:43

A entendre Yann Sommer, Denis Zakaria revient de très loin. «Sa blessure au genou était vraiment très sérieuse. J'ai vraiment eu peur pour lui», avoue le gardien qui avait provoqué involontairement les malheurs de son coéquipier le 7 mars 2020 lors d'une défaite 2-1 de Möchengladbach face à Dortmund.

Zakaria (au premier plan avec Sommer) n'a pas été épargné par les pépins physiques.
KEYSTONE

Le Genevois a mis près d'une année et demie pour revenir à son meilleur niveau. «J'ai trainé pendant des mois cette blessure, glisse-t-il. A l'Euro, je n'arrivais toujours pas à jouer sans arrière-pensée. Puis je suis parti en vacances avant d'être touché par le covid. Cette pause forcée m'a fait le plus grand bien. Lorsque j'ai repris, je n'avais plus mal, plus aucune appréhension.»

Après une première «poussive» contre la Grèce le 1er septembre, il devait littéralement crever l'écran quatre jours plus tard contre l'Italie. Introduit peu après l'heure de jeu, le Genevois a su dynamiser le jeu de l'équipe de Suisse par ses percées. «Il me fait penser à Patrick Vieira, glisse Yann Sommer. Avec la puissance qui est la sienne, il est extrêmement difficile de le stopper lorsqu'il a la balle.»

Parfaitement «lancé»

Buteur le 25 septembre lors du succès 1-0 contre Dortmund et passeur décisif samedi dernier à Wolfsburg, Denis Zakaria est désormais parfaitement «lancé». Samedi à Genève contre l'Irlande du Nord, il entend justifier la confiance de Murat Yakin qui a tenu un discours fort élogieux à son égard vendredi dernier en conférence de presse. Le nouveau sélectionneur le croit capable de s'imposer, en l'absence de Granit Xhaka, comme le patron de l'équipe pour la fin de cette campagne du tour préliminaire de la Coupe du monde 2022. «Nous avons une équipe capable de remporter chaque match qu'elle joue, souligne le demi. Nous devons gagner les quatre qui viennent pour nous qualifier directement pour la phase finale au Qatar. Nous avons les joueurs pour le faire. Pourquoi n'aurions-nous pas notre chance le 12 novembre à Rome contre l'Italie? Je reste persuadé que nous aurions dû gagner le match aller à Bâle!»

A 24 ans, Denis Zakaria brûle de rattraper le temps perdu. Notamment cet Euro 2021 qui lui laisse un souvenir mitigé. Heureux de la performance collective avec une qualification historique pour les quarts de finale, le Genevois n'oublie pas qu'il n'a été titularisé qu'une seule fois en cinq matches, pour pallier l'absence de Granit Xhaka, suspendu, lors du quart de finale contre l'Espagne. «Je ne vais pas le cacher. J'ai eu les b.... à la sortie de l'Euro, confesse-t-il. J'ai dû provoquer le dialogue avec Vladimir Petkovic pour connaître les raisons de ses choix...»

Comme Kylian Mbappé

Avant sa blessure, il était aussi courtisé par les plus grands clubs d'Europe. Mais placé cet été sur la liste des transferts à une année de la fin de son contrat, Denis Zakaria n'a pas suscité le même intérêt. Aujourd'hui, son retour au premier plan le place dans une situation «idéale». Comme un certain Kylian Mbappé au PSG, il pourra s'engager librement l'an prochain avec le club de son choix, «Mais le Borussia Mönchengéadbach veut entamer des discussions pour prolonger mon contrat», indique-t-il. «Denis est notre Haaland, affirme ainsi cette semaine le directeur sportif du Borussia Max Eberl dans les colonnes du «Bild» pour souligner le poids du Genevois dans son équipe. Il n'a pas joué pratiquement pendant une année. Aujourd'hui, ses performances parlent pour lui. Il ne marquera pas 30 buts comme Haaland, mais il est aussi important pour nous à Gladbach que peut l'être le Norvégien à Dortmund.»

Seulement, on voit mal comment le Borussia pourra rivaliser avec les clubs de Premier League qui ne vont pas hésiter à sortir la grosse artillerie pour s'attacher les services d'un demi capable de transpercer sans cesse les lignes. La demi-heure livrée face à l'Italie a dû marquer bien des esprits. «J'avais la rage d'être remplaçant même si Murat Yakin a bien eu raison de ne pas me titulariser après mon match contre la Grèce», souligne-t-il. Cette rage si perceptible le nourrit. Elle est la marque de fabrique d'un joueur appelé à un avenir hors du commun,

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