Equipe de Suisse : des raisons de croire en l'exploit à Rome

ATS

10.11.2021 - 09:14

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10.11.2021 - 09:14

149 jours après une défaite 3-0 qui fut sans doute la plus cinglante, à défaut d'être la plus amère, de l'ère Petkovic, la Suisse affrontera à nouveau l'Italie ce vendredi sur la pelouse de l'Olimpico de Rome avec un objectif conforme au rang qu'elle tient en ce 21e siècle: se qualifier une cinquième fois de rang pour la phase finale de la Coupe du monde.

Murat Yakin et l'équipe de Suisse peuvent réussir à Rome un coup magistral.
Keystone

Il y a quatre ans, la Suisse avait affronté le Portugal à Lisbonne dans une rencontre qui comportait le même enjeu. Elle s'était inclinée sans gloire 2-0 sur un malheureux autogoal de Johan Djourou et sur une réussite d'Andre Silva pour se retrouver contrainte de jouer – et de gagner – sa qualification pour la Coupe du monde en Russie dans un barrage bien indécis face à l'Irlande du Nord.

A Rome, une défaite enverrait à nouveau la Suisse vers la case des barrages. Et cette fois, il faudrait éliminer deux adversaires – sur un seul match à chaque fois – en mars prochain pour disputer la Coupe du monde au Qatar.

La foi du sélectionneur

Malgré le poids des absences, Murat Yakin n'en démord pas. Le sélectionneur croit son équipe capable de l'emporter à Rome face aux Champions d'Europe en titre. Cette foi se nourrit de plusieurs raisons. Il est convaincu que les Italiens pourraient être rattrapés par le souvenir de leur non-qualification pour la Coupe du monde 2018. Pour cela, il conviendra de «tenir» le 0-0 le plus longtemps possible.

Les quatre clean sheets de Yann Sommer lors des quatre dernières rencontres de l'équipe de Suisse incitent à un relatif optimisme même si l'absence de Nico Elvedi en défense centrale représente un coup très dur. Sans aucun temps de jeu avec Newcastle depuis le 28 août dernier, Fabian Schär est, en effet, loin d'offrir les mêmes assurances que le joueur de Mönchengladbach.



L'envol de Denis Zakaria, élu une nouvelle fois le week-end dernier dans l'équipe idéale du Kicker aux côtés notamment de Yann Sommer et de Silvan Widmer, suscite, par ailleurs, bien des promesses. Dans la forme de sa vie après avoir enfin retrouvé l'intégralité de ses moyens physiques, le Genevois peut, avec Remo Freuler, gagner la bataille du milieu.

Son entrée à la 63e minute le 5 septembre à Bâle lors du 0-0 du match aller fut tonitruante. A lui seul, il ne fut pas loin de renverser le cours de la rencontre, de terrasser cette «Squadra Azzurra» qu'il avait vue du banc marcher sur l'équipe de Suisse en ce funeste 16 juin.

L'heure de Shaqiri

Et devant Denis Zakaria, il y aura Xherdan Shaqiri. Promu capitaine en l'absence de Granit Xhaka, Xherdan Shaqiri n'a pas vraiment le choix. Il se doit de livrer une performance XXL. Sans un grand Shaqiri, la Suisse n'aura aucune chance de gagner à Rome. A lui donc de se démultiplier, d'être à la fois le créateur, le passeur et le buteur qu'il peut être dans les grands soirs.

Sur le plan personnel, ce match de Rome tombe à pic. Après le naufrage de Lyon dimanche à Rennes dans une rencontre où il est resté cloué sur le banc des remplaçants, Xherdan Shaqiri a l'occasion de démontrer en pleine lumière que sa «vraie» place est bien celle de 9.5 en soutien direct de l'attaquant. En Ligue 1, il est pour l'instant cantonné sur le flanc droit devant un latéral – Léo Dubois – avec lequel il peine à trouver un langage commun.

Même si elle n'arrivera pas à «rivaliser» avec la Suisse dans ce domaine bien malheureux, l'Italie risque, elle aussi, de payer un lourd tribut au poids des absences. Elle se présentera vendredi sans trois titulaires indiscutables: le latéral de la Roma Leonardo Spinazzola, le demi du PSG Marco Verratti et l'attaquant de la Lazio Ciro Immobile. Bien sûr, le réservoir dans lequel peut puiser Roberto Mancini n'a aucune mesure avec celui de Murat Yakin. Mais il n'empêche que cette Italie, battue le mois dernier par l'Espagne en demi-finale d'une Ligue des Nations qu'elle entendait remporter pour rendre son année encore plus belle, peut voir le doute s'immiscer en elle.



Rien ne sera acquis...

Rien ne sera acquis vendredi soir quel que soit le résultat. Même battue, la Suisse conserverait l'espoir de remporter ce groupe C. Il serait infime et passerait à la fois par une défaite de l'Italie lundi à Belfast contre l'Irlande du Nord et par un large succès de la Suisse le même soir à Lucerne devant la Bulgarie. Un nul ne serait peut-être pas une mauvaise affaire pour Murat Yakin et ses joueurs.

Ils pourraient, après un tel résultat, devancer l'Italie à la différence de buts. Ils accusent aujourd'hui deux goals de retard sur l'Italie. Mais sans Breel Embolo et peut-être sans Mario Gavranovic, marquer beaucoup contre la Bulgarie ne sera peut-être pas évident.



Non, le moyen le plus direct pour s'ouvrir les portes de la Coupe du monde au Qatar est bien de gagner vendredi soir. C'est le message que ne cesse de marteler Murat Yakin à ses joueurs. Un Murat Yakin qui peut réussir à Rome un coup magistral qui aurait alors été porté par un entraîneur encore assis au coeur de l'été sur le banc du FC Schaffhouse en Challenge League.

Italie - Suisse à guichets fermés

  • Le choc Italie - Suisse de vendredi à Rome, décisif pour l'accès à la Coupe du monde 2022 au Qatar, se jouera à guichets fermés. Les 51'900 billets ont été vendus. Comme l'annonce la «Gazzetta dello Sport» mercredi, un peu plus d'un millier de supporters suisses sont attendus. Le Stade Olimpico pourra être rempli aux trois quarts de sa capacité, en raison des restrictions liées au Covid.

ATS