Johan Djourou : "La Nati a donné aux enfants l’envie de jouer au football"

Grégoire Galley, à Villars-sur-Glâne

15.7.2021

Grégoire Galley, à Villars-sur-Glâne

15.7.2021

De passage à Villars-sur-Glâne dans le canton de Fribourg, Johan Djourou a pris le temps de répondre aux questions de "Blue News". Le Genevois a évoqué son engagement auprès des jeunes footballeurs. L’ancien joueur d’Arsenal est également revenu sur l’Euro qui s’est achevé dimanche dernier.

Si cela fait déjà plus d’un mois que Johan Djourou (34 ans) a annoncé sa retraite sportive, le natif d'Abidjan n’en a pas terminé avec le foot, bien au contraire. Tout sourire malgré la pluie, l’ancien pilier de la défense de la Nati était d’ailleurs présent cette semaine au complexe sportif du Platy à Villars-sur-Glâne à l’occasion du « Djourou Elite Football Camp ».

Organisé durant six jours, ce camp a pour but d’offrir à des enfants âgés de 9 à 16 ans la possibilité de s’entraîner comme leurs idoles, soit dans une structure professionnelle. Le tout en s’amusant et en écoutant attentivement les précieux conseils de celui qui a revêtu le maillot rouge à croix à blanche à 76 reprises. Au terme de la troisième journée d’entraînement, Johan Djourou nous a accordé un peu de son temps afin de répondre à nos questions.



Johan Djourou, depuis quand organisez-vous ce genre de camp d’entraînement ?

"C’est la première année que nous organisons un camp ici à Villars-sur-Glâne. Il y a environ cinq ans, nous avions déjà organisé un camp de ce type à Genève. Nous avons voulu remettre ce concept en place avec l’agence "STAX Sports" pour donner l’opportunité aux jeunes d’avoir le droit de rêver et de prendre du plaisir avec des entraînements un peu plus spécifiques."

Comment a germé cette idée d’organiser des semaines d’entraînement pour les enfants ?

"J’ai eu la chance de jouer au plus haut niveau et je me suis souvent dit qu’il me manquait des informations quand je rencontrais certains joueurs ou certains entraîneurs. Ayant eu la chance de côtoyer des gens comme Thierry Henry, Patrick Vieira, Arsène Wenger et d’autres encore, j’ai souvent reçu des informations internes. Nous voulons donner aux jeunes présents au camp ces informations. Ces derniers ont donc la possibilité de venir me questionner afin que je puisse leur partager les expériences que j’ai vécues tout au long de ma carrière."

Comment se passe l’organisation d’un tel camp ?

« Cela demande pas mal de logistique. Nous avons une superbe équipe. Nous avons plusieurs coaches qui font leur job à merveille. Nous avons des gens qui s’occupent de la cuisine et de tout ce qui est annexe au camp. Organiser ce genre de semaine n’est pas simple, mais le plus important est de voir le sourire sur le visage des enfants à la fin de la journée. Ils me disent aussi que ce camp est très physique. Nous travaillons pour les faire progresser et pour essayer de leur donner un aperçu de l’élite en une semaine. »

Votre objectif est donc d’organiser un camp comme celui-ci chaque été ?

"Totalement. Nous voulons encore grandir et en organiser plus souvent. Ce n’est que la première édition et ça se passe d’ailleurs très bien. Nous avons un groupe de jeunes un peu réduit en raison du Covid-19. Nous aurions aimé faire dormir les enfants sur le lieu du camp afin qu’ils soient vraiment dans une structure professionnelle où ils dorment ensemble, se réveillent ensemble, mangent ensemble et s’entraînent ensemble. Cela n’a malheureusement pas été possible à cause des restrictions sanitaires mais nous espérons pouvoir le faire dès l’année prochaine."

Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre à ces jeunes durant cette semaine d’entraînement ?

"Ils sont arrivés ici avec beaucoup d’envie et de discipline. Je pense que la discipline est très importante pour percer au haut niveau. Nous essayons également de promouvoir le respect des autres et des plus âgés. Au niveau psychologique, nous essayons de leur donner des responsabilités. Nous voulons qu’ils prennent des initiatives dans les jeux et qu’ils puissent s’exprimer lorsque nous faisons des exercices tactiques. Chaque être est là pour s’exprimer et pour prendre du plaisir."

Ressentez-vous un engouement particulier auprès des jeunes en raison de l’Euro qui vient de se terminer ?

"Oui, les demandes pour le camp ont été boostées grâce à l’Euro. Il y a des équipes comme le Danemark ou la Suisse qui se sont démarquées. Cela a vraiment donné envie aux enfants de jouer au foot et de pourquoi pas tenter une carrière professionnelle. Il y a un engouement certain, mais ils n’en parlent pas forcément ici. Les jeunes sont plutôt concentrés sur ce qu’ils font. C’est fou de voir à quel point ils sont heureux. Les parents nous disent que ce camp est différent. Ils nous racontent que leurs enfants rentrent à la maison « cassés », mais « cassés » en bien. Tout cela est très positif."

Justement, puisque vous évoquez l’Euro, que retenez-vous de ce mois de compétition ?

"Cette compétition a été très belle. Nous avons eu pas mal de surprises. Nous avons vu que les grandes nations n’étaient pas forcément au rendez-vous jusqu’à la fin du tournoi. A l’inverse, des équipes avec une renommée moindre ont réalisé de magnifiques parcours en ayant des groupes peut-être plus soudés et avec un meilleur état d’esprit."

Quelle image gardez-vous du parcours de l’équipe de Suisse ?

"Il faut garder l’image du huitième de finale contre la France. C’était vraiment un match fou avec une ouverture du score pour la Suisse avant un retour de la France. Tout le monde croit alors que le match est plié mais la Nati revient grâce à son formidable caractère qui lui permet de faire la différence en remportant la séance des tirs au but. Au niveau des émotions, cette partie a été un tournant pour la Suisse. Cette rencontre a aussi montré une belle image du pays."

Pensez-vous que la Suisse a franchi un palier après cette victoire face aux Français ?

"Cela est compliqué à dire. Nous avons passé un tour de plus, ce qui est historique. Cependant, nous n’avons pas gagné le match 4-1, nous avons gagné aux penalties. Nous espérons que l’équipe de Suisse ait franchi un palier, mais nous n’avons aucune assurance. Individuellement, la France sera sûrement toujours au-dessus de la Suisse. Il faut toutefois espérer que ce succès nous serve de tremplin pour les prochaines compétitions internationales."