La descente aux enfers de Lucas Hernandez

AFP

18.10.2021 - 15:40

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18.10.2021 - 15:40

Le footballeur français Lucas Hernandez, condamné à six mois de prison pour non-respect d'une mesure d'éloignement après des violences conjugales, s'est présenté lundi devant un tribunal madrilène et a jusqu'au 28 octobre pour entrer volontairement en prison, sauf si son recours est accepté.

Le footballeur français Lucas Hernandez s'est présenté lundi devant un tribunal madrilène.
KEYSTONE

Le footballeur français Lucas Hernandez, condamné à six mois de prison pour non-respect d'une mesure d'éloignement après des violences conjugales, s'est présenté lundi devant un tribunal madrilène et a jusqu'au 28 octobre pour entrer volontairement en prison, sauf si son recours est accepté.

Prenant de court la presse, le joueur du Bayern Munich s'est présenté «volontairement à 11H30 aujourd'hui (lundi), un jour avant sa convocation» devant la justice, afin de se faire notifier son ordre de détention, a indiqué dans un communiqué le Tribunal Supérieur de Justice de Madrid (TSJ).

Le «délai de dix jours pour entrer volontairement en prison» fixé par la justice court donc à partir de ce lundi et arrive à échéance «le 28 octobre», selon le TSJ.

L'international français, qui a fait appel, espère encore pouvoir échapper à la prison si la justice répond favorablement à son recours avant cette date.

L'affaire remonte initialement au 3 février 2017, date d'une violente dispute de couple.

Celui qui n'est pas encore champion du monde avec les Bleus, alors âgé de 21 ans, et sa compagne Amelia Lorente en étaient venus aux mains, échangeant à l'aube coups et griffures devant leur domicile à Madrid.

Elle l'avait frappé et griffé avant de rayer sa voiture à coups de clé, tandis que le joueur lui avait donné des coups aux côtes, dans le dos, à la mâchoire et aux lèvres, selon le jugement consulté par l'AFP.

Ils avaient tous deux été condamnés fin février 2017 à la même peine par un tribunal de Madrid pour «violences conjugales»: 31 jours de travaux d'intérêt général assortis d'une interdiction pendant six mois de s'approcher à moins de 500 mètres l'un de l'autre et de communiquer.

Lune de miel 

Mais quatre mois plus tard, en juin, alors qu'ils rentraient tous deux de leur lune de miel aux Etats-Unis où ils s'étaient mariés, le joueur est interpellé à l'aéroport de Madrid pour ne pas avoir respecté cette mesure d'éloignement.

Fait incongru: sa femme, avec qui il a eu depuis un enfant né en 2018, n'avait pas été arrêtée car cette mesure ne lui avait pas encore été notifiée formellement.

Placé quelques heures en garde à vue, le footballeur, qui évoluait alors à l'Atlético Madrid, avait été finalement condamné, en 2019, à six mois de prison. 

Il avait fait appel mais son recours a été rejeté la semaine dernière par un tribunal de Madrid qui a exigé son incarcération et refusé d'aménager sa peine, comme cela est généralement le cas en Espagne pour les personnes condamnées à moins de deux ans de prison et ayant un casier judiciaire vierge.

Récidiviste

Le tribunal a en effet souligné que le footballeur était un «délinquant récidiviste» en raison de cette condamnation de 2017 pour «un délit de blessures dans le cadre de violences conjugales» et de celle qui a suivi en 2019 pour non-respect de la mesure d'éloignement mais aussi d'une «autre condamnation» pour «violences conjugales», dictée par un tribunal de Mostoles, ville de la banlieue de Madrid.

Joint par l'AFP, le tribunal de Mostoles s'est refusé à communiquer sur ce dernier dossier dont on ignore la date des faits et si elle concerne la même Amelia Lorente. Une source judiciaire a toutefois indiqué à l'AFP que la sentence dans cette affaire était ferme depuis mai 2018 et avait donc dû être prononcée au moins deux ans avant, soit en 2016.

Cette affaire est une épine dans le pied du défenseur du Bayern Munich, joueur le plus cher de l'histoire du club et de toute la Bundesliga, transféré de l'Atlético au Bayern à l'été 2019 pour 80 millions d'euros.

Et après Benjamin Mendy (accusé de quatre viols et d'une agression sexuelle), qui sera jugé en janvier 2022 en Angleterre, et Karim Benzema (complicité de tentative de chantage), dont le procès débute mercredi à Paris, elle pourrait également bouleverser les plans de l'équipe de France dans l'optique du Mondial-2022 au Qatar (21 novembre – 18 décembre 2022).

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