Incidents en France : mesures attendues

ATS

15.12.2021 - 16:28

Près d'un mois après le sulfureux OL-OM, stoppé à cause d'un projectile lancé sur Dimitri Payet, le gouvernement réunit jeudi les dirigeants du football français. 

ATS

15.12.2021 - 16:28

Les incidents à répétition survenus en Ligue 1 depuis la réouverture des stades vont faire l'objet de décisions gouvernementales.
Keystone

Le gouvernement tricolore va annoncer des mesures visant à endiguer les incidents à répétition dans les enceintes de Ligue 1.

Une réunion consacrée à «la lutte contre la violence dans les stades» est programmée à 08h30 place Beauvau autour des ministres Gérald Darmanin (Intérieur), Roxana Maracineanu (Sports) et Éric Dupond-Moretti (Justice). Il s'agit d'y dévoiler les remèdes envisagés par les autorités, comme l'exécutif s'y était engagé lors d'une précédente rencontre, le 23 novembre.

Selon une source proche des discussions, la table ronde devra servir à «mettre du contenu» dans les quatre axes de travail annoncés par le gouvernement: les interdictions de stade pour les supporters fautifs, la sécurisation des enceintes, la formation des stadiers et l'amélioration du processus décisionnel entourant l'arrêt d'un match en cas de trouble.



Arsenal législatif suffisant

Les derniers arbitrages étaient en cours mercredi mais, sauf revirement, ils ne devraient pas accoucher de nouvelles mesures nécessitant une loi. Depuis plusieurs années, et notamment depuis 2016 et la loi Larrivé qui a renforcé le pouvoir des clubs au niveau du maintien de l'ordre dans leurs stades, la plupart des acteurs considèrent que l'arsenal législatif est suffisant.

Reste que les débordements en série, depuis le début de saison, imposent une réponse ferme des autorités: la Ligue 1 a été le théâtre d'incidents parfois graves dès le mois d'août à Montpellier ou à Nice, où une bagarre impliquant des supporters, des joueurs et des membres des staffs techniques a éclaté sur la pelouse de l'Allianz-Riviera.



Violence urbaine dans les stades

La série noire s'est prolongée jusqu'au 21 novembre avec des projectiles lancés à Lyon contre le capitaine marseillais Dimitri Payet, touché par une bouteille d'eau en plastique au niveau de la tête. La rencontre, arrêtée après quatre minutes de jeu, sera rejouée à huis clos sur le terrain de l'OL, sanctionné d'un point de pénalité au classement.

«La violence urbaine a envahi nos stades, on est totalement démunis, mais par bonheur ces dernières semaines, l'Etat est intervenu pour nous aider», a lancé samedi Vincent Labrune, président de la Ligue de football professionnel (LFP). «Des milliers de voyous n'ont rien à faire là. Il faut être intransigeant, agir vite et bien», a-t-il tonné durant l'Assemblée générale de la Fédération française (FFF).



Responsabilité des clubs

A ses côtés, le président de la FFF Noël Le Graët a pointé un paradoxe: «Ce qui est bizarre c'est qu'au niveau du jeu cela n'a jamais été aussi bien. Mais il n'y a jamais eu autant d'incidents. (...) Je crois qu'on doit faire un certain nombre d'efforts dans les clubs», a assuré le dirigeant.

Concernant l'affaire OL-OM, après le jet de bouteille subi par Payet au moment de tirer un corner, la responsabilité de Lyon a été établie sur le plan disciplinaire. Aucun filet de sécurité n'avait en effet été installé devant le virage des ultras lyonnais, d'où est parti le projectile.

«Nous avons bien sûr considéré que le club était responsable des agissements des supporters présents dans son stade. Cette décision fait ressortir une responsabilité de l'OL, absolument», s'est justifié le président de la commission de discipline, Sébastien Deneux, après avoir communiqué le 8 décembre la sanction infligée à l'OL.

L'auteur du jet de projectile a été condamné par la justice à six mois de prison avec sursis en comparution immédiate.



ATS