Un derby crucial pour un FC Sion en crise

vasc, ats

6.3.2021 - 23:00

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6.3.2021 - 23:00

Pouvait-il en être autrement? Relevé de ses fonctions d'entraîneur du FC Sion vendredi, Fabio Grosso ne semblait plus en mesure de remettre les Valaisans sur le droit chemin, alors qu'ils se déplacent à Lausanne dimanche (16h00) en Super League.

Anto Grgic et ses coéquipiers sont sans entraîneur depuis vendredi.
Keystone

Un communiqué laconique, diffusé vers 14h15 vendredi, a sonné le glas de Fabio Grosso. Son retrait de la première équipe a été justifié par les performances sportives «qui créent un mécontentement général au sein de la famille du FC Sion». Pas de successeur désigné, si ce n'est une solution interne en vue du match à la Tuilière dimanche. Et la «recherche d'un nouveau technicien à partir de lundi».

Rien d'extraordinaire. Tout sauf surprenant, vu les résultats récents. A une exception près toutefois: arrivé en août 2020, Fabio Grosso avait bénéficié d'une certaine latitude et d'un temps pour travailler à faire rêver plus d'un de ses prédécesseurs. L'Italien en a peut-être abusé. Il n'est surtout pas parvenu à exploiter ces opportunités.



Sa saison n'a jamais été bonne, mais elle a viré à la catastrophe ces derniers jours, après deux revers à Tourbillon contre Vaduz (2-0) dimanche passé et Lugano (3-0) jeudi. Sion, 9e du classement, à égalité de points avec la lanterne rouge liechtensteinoise, est en grand danger. Il accuse six points de retard sur Lucerne, 8e.

La clémence ne rentrait plus dans les intentions de Christian Constantin ce vendredi. Cela s'entend. La situation ne se veut pas encore dramatique, mais elle s'en approche. Même dans une Super League serrée et dense au possible, les Valaisans semblent prédestinés à jouer le maintien pendant longtemps encore, eux qui s'étaient déjà sauvés à la dernière journée la saison passée. Et les faits ne parlent pas pour eux.

Seulement quatre victoires

Si le totomat a de tous temps représenté la valeur refuge du président du FC Sion, il ne pourra pas lui être reproché de l'avoir mobilisé cette fois-ci. Sous Grosso, les Sédunois n'ont remporté que quatre des 23 matches de championnat qu'ils ont disputé (pour dix nuls et neuf victoires). Aussi, ils ont trouvé le moyen de se faire sortir en Coupe de Suisse sur la pelouse d'Aarau, club de Challenge League, le mois dernier. Le tableau n'a rien de rose.

Et puis, il y a le jeu. Sion ne joue pas bien, surtout lorsqu'il a le ballon. En football, ce n'est pas rédhibitoire, mais c'est embêtant. Avant Noël, Grosso s'en justifiait par le manque de temps à disposition. Cela lui a été mis à son crédit. C'est peu dire qu'on espérait du mieux après la petite trêve. Quelques lueurs d'espoir en ont été tirées, notamment une certaine volonté de contrecarrer l'adversaire par un pressing réfléchi. Parfois, cela a fonctionné, ou du moins il a contribué par exemple au succès 1-0 à Lausanne fin janvier.

Mais le feu s'est éteint dès lors que Grosso a voulu se fier au talent. Il a donné les clés à Luca Clemenza, dont le potentiel est inversement proportionnel à son efficacité (seulement un but et trois assists). Il a eu droit aux renforts de Wesley et Lubomir Tupta, deux joueurs créatifs qu'il a connu à la Juventus. Des idées qui semblent pertinentes, mais dont il aurait fallu un retour immédiat pour qu'elles permettent à Sion de sortir la tête de l'eau.

Une âme perdue contre Vaduz

Même si, pendant longtemps, Sion a laissé penser qu'il avait une âme. Son répondant pour aller arracher un 2-2 à Bâle en février, son succès contre Saint-Gall juste avant et plus globalement sa capacité à répondre aux intensités qui lui étaient proposées révélaient un discours qui passait toujours.

A posteriori, il ne restait plus que ça aux Valaisans. Le Sion de Grosso a rendu l'âme dimanche dernier lorsque Jan Bamert a concédé deux penalties dans le dernier quart-d'heure contre Vaduz. Lorsque jeudi, il aurait fallu réagir à l'ouverture du score de Custodio, les Sédunois ont plutôt flanché et encaissé deux autres buts dans la foulée. La sentence était devenue irrévocable.



Que va donc laisser Fabio Grosso à ses successeurs ? Une équipe qu'il faut réanimer. Envisageable. Le legs n'est pas lourd à assumer: il y a des leaders désignés qui ne demandent que ça. Serey Dié et Guillaume Hoarau, très peu utilisés par le champion du monde 2006, seront des piliers sur lesquels s'appuyer. A condition que leurs performances le permettent.

Et puis, il y a le cas du gardien à trancher: en décembre, Grosso a écarté l'illustre Kevin Fickentscher au profit du jeune (21 ans) Timothy Fayulu. Ce dernier, s'il a été fébrile contre Lugano, a largement répondu présent avant ça. Mais a-t-il les épaules pour sauver le FC Sion ? Aujourd'hui, c'est la seule réflexion qui tienne.

vasc, ats