Les mille maux du CP Berne

ssch, ats

16.9.2021 - 10:07

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16.9.2021 - 10:07

Depuis son dernier titre de champion de Suisse en 2019, le CP Berne brille plus en dehors de la glace par ses changements de cap et la mauvaise évaluation de ses manques. Le club n'a plus le choix. Il doit y mettre fin malgré un mauvais début de saison.

Les joueurs bernois connaissent un début de saison très compliqué.
KEYSTONE

Les atermoiements du club le plus populaire d'Europe ont débuté en avril 2020. Le SCB avait nommé Florence Schelling et provoqué une onde de choc dans les médias, puisqu'elle devenait la première femme nommée à ce poste dans le hockey professionnel masculin. La Zurichoise devait apporter sa touche avec tout le soutien du directeur du club, Marc Lüthi, qui est resté derrière elle même quand cela ne marchait guère sur le plan sportif et que l'entraîneur Don Nachbaur se retirait après à peine deux mois.

Le Canadien avait constitué le premier engagement de Schelling. Dans un panier richement garni de propositions, elle avait choisi un coach qui n'avait jamais dirigé une équipe professionnelle d'adultes. La situation de Schelling s'envenime. Le climat en dehors de la glace devient lourd. Elle montre des faiblesses dans la communication, est difficilement atteignable et semble dépassée par son rôle. Lüthi finit par réagir en allant débaucher chez le concurrent Davos, Raeto Raffainer pour un nouveau rôle de superviseur sportif. Il doit diriger Schelling et avec son expérience et son réseau la décharger d'une certaine pression.

Ebbett aussi un «rookie»

Deux mois plus tard, l'une des premières décisions du Grison est le licenciement de Schelling. Elle est coupable de manquer d'expérience, comme si ce n'était pas le cas à son engagement. Un beau dégât d'image en tout cas pour la crédibilité du SCB. Une impression à peine corrigée quelques semaines plus tard avec l'arrivée d'Andrew Ebbett, un autre rookie, au poste de chef sportif.

Ebbett dispose de beaucoup d'expérience comme joueur et d'un grand réseau, argumentent les Bernois. Dans toutes les affaires importantes, il sera aidé du mieux possible par Raffainer.

Un certain retour de la normalité est en place avec Raffainer dans le rôle décisionnaire. Le CP Berne a investi aussi à côté de la glace cette saison. Outre Ebbett, les Bernois emploient un quartette d'entraîneurs (le coach principal Johan Lundskog, ses deux assistants Christer Olsson et Mikael Hakanson, qui s'occupent respectivement des attaquants et des défenseurs ainsi que de l'entraîneur des gardiens Jeff Hill) auxquels s'ajoute un coach athlétique (Roland Fuchs).

Léo Girod est arrivé de Lausanne en tant que coach vidéo et analyste des données. De son côté, Lukas Christen doit soutenir les joueurs sur le plan mental comme coach de la performance. Chaque position est ainsi occupée par un spécialiste pour placer les joueurs dans les meilleures conditions.

Cette stratégie doit aider le SCB à restaurer son image, qui a souffert depuis le dernier titre. Le club doit retrouver son attrait pour attirer les meilleurs joueurs au lieu qu'ils optent pour la concurrence comme ce fut le cas avec Leonardo Genoni et Mark Arcobello.

La tendance semble partie dans le bon sens. Avec Joël Vermin et Romain Loeffel, deux joueurs de qualité ont choisi de rejoindre le club de la capitale dès la saison prochaine. Mais qu'en sera-t-il du présent Championnat ? Après quatre rencontres, les Bernois occupent la dernière place avec un zéro pointé. Il s'agit du plus mauvais départ du club depuis l'introduction des play-off en 1986.

Raffainer évoque volontiers un processus. L'objectif de la saison est une place entre les rangs 6 à 8. Dans trois ans, le SCB doit à nouveau jouer les premiers rôles. Le Grison appelle à la patience après chaque défaite, martelant qu'un nouveau départ exige du temps.


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