Lausanne et Genève attaquent un mois de mars infernal

3.3.2021

Alors que le championnat de National League doit se terminer le 5 avril, Lausanne et Genève ont encore respectivement 17 et 16 matches à jouer. C'est environ un tiers de la saison régulière condensée sur un mois.

Lausanne et Genève ont encore respectivement 17 et 16 matches à jouer.
Keystone

La tâche s'annonce herculéenne. En 33 jours, le LHC va devoir absorber 16 rencontres, Genève 15 et Berne 17. Et même si les hockeyeurs ont l'habitude de certaines répétitions en temps normal avec des matches le mardi puis le vendredi et le samedi, cette fin de saison s'apparente à un parcours de Ninja Warrior.

Et l'exercice 2020/21 démarré en octobre a été mis à mal par un facteur dénommé Covid. Si les quarantaines semblent ne plus être monnaie courante, elles ont affecté, si ce n'est l'équité, tout du moins le bon déroulement du championnat. Quand Rapperswil n'a plus que neuf matches à compléter pour boucler le championnat, Lausanne, Genève et Berne ne peuvent pas en dire autant.

Pas d'excuses

Mais comme cela ne sert à rien de se lamenter ni de crier à une quelconque injustice, les clubs concernés doivent trouver un moyen de maintenir une certaine tension en veillant à ce que l'élastique ne vienne pas à rompre. "On ne cherche jamais d'excuses, confie le défenseur lausannois, Mark Barberio. Les quarantaines ne sont pas faciles, mais nous sommes tous des professionnels. Tout le monde a pris ça au sérieux quand il a été touché. Si on a un souci individuel, c'est à nous de le mentionner à l'équipe médicale."

La récurrence des matches induit un temps de récupération raccourci. Les clubs vont passer moins de temps à l'entraînement et privilégier les rencontres, surtout en cette période de l'année où les préparateurs physiques avaient imaginé voir les joueurs atteindre leur pic de forme en vue des play-off.

"Il faut être de bons professionnels et bien récupérer, appuie Mark Barberio. Le plus important en ce moment, ce sont les matches et on doit les aborder en mettant de l'intensité. Dans ce genre de phases, il convient peut-être de jouer plus simple et avec davantage d'intelligence tout en aidant nos gardiens."

Ce rythme soutenu pour le championnat de Suisse ne choque pas un joueur biberonné au junior canadien et qui a connu l'AHL et parfois ses trois parties en autant de jours: "Je suis vraiment habitué. Même en juniors, on jouait 70 matches par saison, donc mon corps est habitué. Dans ce genre de situation, il faut aller piocher dans les détails pour performer. La clef, c'est de bien manger et de bien récupérer."

Eviter les places 7 et 8

Les assouplissements voulus par le Conseil national dès le 22 mars pourraient ramener le public dans les enceintes sportives et redonner un peu de couleurs à cette fin de saison et aux play-off. Mark Barberio ne serait bien entendu pas contre un retour des partisans dans les patinoires: "On s'ennuie des fans. Même si ce n'était pas plein en octobre, c'était quand même quelque chose de positif."

Une chose est sûre, les encouragements auraient des vertus "thérapeutiques" et pousseraient certainement les joueurs à se sublimer. Mais avant de penser à ça, Lausannois et Genevois vont tout faire pour se classer dans le top 6 et ainsi éviter de devoir passer par la case des pré-play-off, implantés cette année pour redonner un peu de sel et de compétition autour de la 8e place. En finissant parmi les six premiers, les clubs qualifiés auront une bonne semaine pour préparer les quarts de finale. Et pour les Aigles et les Lions, ce ne serait pas un luxe.