Vauclair: "Prendre sa retraite et quitter l’élite, ce n’est pas simple"

AllTheContent

11.6.2020

Après l’annonce de la retraite de son frère Julien, Tristan devait être le dernier des Vauclair à évoluer au plus haut niveau de l’élite du hockey helvétique. Hélas, le COVID-19 et les incertitudes qui y sont liées ont eu raison de la fin de carrière du cadet de la fratrie.

Le maillot de Fribourg-Gottéron, le dernier que Tristan Vauclair aura porté dans l’élite.
Source: © AllTheContent / Journal L'Ajoie / Mauricette Schnider

Jamais, avant eux, l’Ajoie n’avait été aussi bien représentée dans l’élite de l’un des sports phares du pays. Ce n’est un secret pour personne: Geoffrey, Julien et Tristan Vauclair ont marqué le hockey suisse de leurs coups de patins ces dernières années.

Dès la fin de l’été, Tristan, le cadet de la fratrie, aurait dû être le dernier à griffer la glace des patinoires de National League. «Aurait dû» car la situation sanitaire que l’on connaît est venu chambouler les plans de l’ex-Fribourgeois. Pour de nombreux clubs, l’arrêt brutal du championnat a alors commencé à rimer avec un solide manque à gagner et une très grande incertitude pour la saison à venir.

Et c’est cette incertitude qui a précipité la fin de la carrière de Tristan Vauclair: «Au départ, Fribourg voulait me re-signer. Nous nous dirigions vers une entente pour une saison supplémentaire. Mais avec l’annulation des play-offs et la grosse perte que cela a engendré, le club a décidé de geler tous les contrats qu’ils voulaient signer.»

Pareille incertitude du côté du HCA

Alors que son contrat tardait à être renouvelé du côté de Fribourg, Tristan Vauclair a été un temps pressenti sous le nouveau chapiteau du Voyeboeuf. «Avec l’incertitude liée à la reprise du championnat, le HCA ne voulait pas signer des joueurs dans le vide. Le Covid-19 a rendu la situation budgétaire compliquée, et particulièrement au niveau des sponsors. Pour Ajoie, c’était compliqué d’annoncer avoir signé un joueur de National League tout en naviguant à vue en parallèle», explique Tristan Vauclair.

Toujours sans contrat, Tristan Vauclair est finalement contacté par le HC Delémont-Vallée, intéressé à recruter l’Ajoulot pour son mouvement juniors. «Stéphane Roth m’a présenté un projet qui m’a séduit. Un projet qui met en avant l’importance pour les jeunes d’avoir du plaisir sur la glace, tout en développant leurs aptitudes. Cela, ainsi qu’une certaine liberté au niveau des entraînements, m’a particulièrement plu.» Après réflexion, Tristan Vauclair accepte de revêtir la caquette de responsable technique du mouvement juniors delémontain.

La famille Vauclair représentée plus de 20 ans en National League

Avec la signature de ce nouveau contrat, c’est une page entière du hockey helvétique qui se tourne. «Cela doit faire 25 ou 26 ans qu’il y a au moins un Vauclair en ligue nationale (23 pour être exact, ndlr). Et quand on pense qu’il y a peut-être 1% de tous les jeunes hockeyeurs qui arrivent à faire une carrière professionnelle, être trois d’une même famille à avoir réussi à vivre du hockey, c’est quand même exceptionnel!», note l’Ajoulot, avant de poursuivre: «Prendre sa retraite et quitter l’élite, ce n’est pas simple. Mais une fois l’annonce faite, j’ai reçu pas mal de messages d’anciens coéquipiers et de connaissances. Des messages qui m’ont à la fois touché et réconforté.»

Deux grands frères pour montrer le chemin

Cette page qui se referme est aussi l’occasion pour Tristan Vauclair de jeter un rapide coup d’oeil sur une aventure à la fois hors du commun, mais pas forcément toujours évidente à vivre. En effet, être le troisième d’une fratrie à évoluer au plus haut niveau peut parfois s’avérer compliqué. Il y a la comparaison avec les grands, les attentes des supporters, et il y a aussi l’envie de vouloir faire mieux que ses frères aînés.

«J’ai toujours eu envie de suivre l’exemple de mes frères, de vouloir faire comme Julien. Être drafté, tenter ma chance en NHL. C’est le rêve de tout jeune dans le hockey! Après, c’est sûr qu’en étant le troisième, il y a une certaine pression. Je m’en suis peut-être aussi mis inutilement sur les épaules en voulant faire mieux que mes deux frères. Mais les voir évoluer à un tel niveau a été une vraie source d’inspiration et de motivation. C’est le bon côté des choses et c’est certainement aussi ce qui m’a permis de faire la carrière que j’ai faite.»

Retour à la page d'accueilRetour au sport