Les Helvètes veulent briller en 2022

ATS

16.9.2021

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16.9.2021

Abstraction faite de l'année 2020 marquée par le Covid, l'athlétisme suisse vient de vivre trois saisons passionnantes, avec un bond des performances. Les jalons sont posés en vue de 2022, qui s'annonce très riche.

Ajla Del Ponte tentera de franchir un palier supplémentaire en 2022.
KEYSTONE

Championnats d'Europe 2018 à Berlin, Mondiaux 2019 à Doha, JO de Tokyo, compétitions jeunesse: à chaque fois, les athlètes suisses ont affiché ces trois dernières années un bien meilleur bilan qu'au cours des éditions précédentes des mêmes grands rendez-vous. La tendance est clairement à la hausse. Mais il manque un «petit quelque chose», une étincelle qu'il s'agira d'allumer l'an prochain pour concrétiser toutes les promesses.

Le programme s'annonce très dense. D'abord, les Mondiaux en salle à Belgrade du 11 au 13 mars, puis les Championnats du monde (plein air) à Eugene (USA) du 15 au 24 juillet et enfin les Championnats d'Europe à Munich, du 11 au 21 août.

Il y aura des médailles à aller cueillir, «pour peu» que la courbe ascendante se prolonge. Pour Munich, cinq podiums ou plus peuvent d'ores et déjà être «planifiés». A l'échelle planétaire (JO, Mondiaux), les athlètes suisses en revanche se heurtent toujours au même plafond de verre: comment se faire sa place au soleil face aux trois ou quatre athlètes jamaïcains, américains, kényans ou éthiopiens qui ont coutume de truster les honneurs dans maintes disciplines?

Chemin étroit

Il va falloir se glisser dans les interstices. Sur la base des JO de Tokyo, les plus à même d'y parvenir seront les relayeuses du 4x100 m et Ajla Del Ponte et Mujinga Kambundji en sprint. Kambundji est du reste la seule athlète helvétique de la génération encore en activité à avoir décroché une médaille planétaire à ce jour (le bronze aux Mondiaux 2019 à Doha sur 200 m). Les relayeuses, toujours au pied du podium, n'y sont pas parvenues, pas même au plan européen.

Un regard sur les classements mondiaux par discipline au terme de cette saison 2021 éclaire à la fois sur le chemin parcouru et sur celui qu'il reste à accomplir. Seules Del Ponte, Kambundji et Lea Sprunger - qui vient de mettre fin à sa carrière - figurent dans le top 10 mondial de leurs disciplines respectives (sprint et 400 m haies). Salome Lang à la hauteur (13e), Angelica Moser à la perche (13e) et Lore Hoffmann sur 800 m (15e) ne sont pas très loin.

Des jeunes qui montent

Côté masculin, les plus prometteurs sont Jason Joseph (15e sur 110 m haies), Ricky Petrucciani (21e sur 400 m), Julien Wanders (15e sur les courses sur route), William Reais (28e sur 200 m), Loïc Gasch (29e à la hauteur) et Simon Ehammer au décathlon. Parmi les juniors à même de briller en élite, Ditaji Kambundji (championne d'Europe M20 du 100 m haies), Valentina Rosamilia (médaillée d'argent sur 800 m aux Mondiaux juniors) et Audrey Werro (championne d'Europe M20 sur 800 m) sortent du lot.

Même si l'athlétisme européen a repris quelques couleurs aux JO de Tokyo, il reste à la traîne, ce qui situe l'importance de la tâche qui attend les Suisses à Belgrade et à Eugene l'an prochain. Le meilleur exemple est Fabienne Schlumpf, 99e au classement mondial sur marathon... mais 5e Européenne.