Markus Waldner

Markus Waldner: "le risque zéro n'existe pas cet hiver"

ATS

19.10.2020

Directeur des courses de la Fédération Internationale de Ski (FIS), Markus Waldner respire. Le rendez-vous de Sölden, le premier dans le monde d'après, s'est très bien passé. La mise en oeuvre des mesures de protection sanitaire s'est déroulée sans heurt. «Mais cela ne sera pas partout la même chanson», souffle l'Italien.

Directeur des courses de la Fédération Internationale de Ski (FIS), Markus Waldner respire.
Keystone

Markus Waldner, quel bilan tirez-vous des deux courses de Sölden ?

«Nous avons eu la chance d'assister à deux belles courses. La chance aussi d'avoir eu le soleil dimanche. Nous avons eu trois mois pour préparer cette échéance. L'application des mesures sanitaires fut une réussite. Ce fut, je dois l'avouer, une très belle surprise. Je tiens à remercier les organisateurs locaux et la Fédération autrichienne pour leurs efforts.»

Mais on a skié ce week-end sur un glacier et très tôt dans la saison...

«... Oui, Sölden n'est pas un rendez-vous comme les autres. On était sur une montagne vraiment isolée et hors-saison. Il n'y avait pas touristes. Par ailleurs, seules 60 des 200 personnes invitées sont venues. Je vous l'accorde, la donne était plutôt simplifiée pour ce week-end.»

Comment ferez-vous pour appliquer les mesures de protection sanitaire à St. Moritz, à Val d'Isère, à Wengen et à Kitzbühel avec tous les touristes qui seront présents ?

«Nous ne pourrons pas être isolés comme à Sölden. A ce titre, il y aura une différence entre ce que nous avons vécu ce week-end et ce que nous allons vivre en décembre et en janvier. Mais nous n'aurons pas le choix: il faut se tenir à ce concept de mesures de protection sanitaire.»

Les organisateurs ne se retrouvent-ils pas devant une situation impossible avec le huis clos imposé et les coûts supplémentaires entraînés par les mesures de protection sanitaires ?

«Toutes les stations ont assuré à la FIS qu'elles boucleront leur budget. Sinon, elles ne figureraient pas au calendrier de la Coupe du monde. Les coûts supplémentaires liés au Covid-19 se chiffrent à 30 %. Aucun organisateur ne se dérobera. Mais je conviens que la situation est délicate. Nous ferons les comptes à la fin de la saison pour savoir si tout cela a été tenable sur un plan financier.»

De nombreux tests ont été effectués à Sölden. Ils ont révélé un cas positif, celui d'un membre du staff de l'équipe de Suède. Que vous inspire ce chiffre d'un seul cas ?

«Il convient de préciser que les équipes ont effectué des tests juste avant de se rendre à Sölden. Il y a eu d'autres personnes que le membre du staff de l'équipe de Suède qui ont été positives. Elles n'ont donc pas rejoint la bulle de Sölden. La FIS n'a pas tenu à communiquer les noms de ces personnes. Mais nous nous félicitions de constater que les mesures de prévention et de protection fonctionnent.»

Oui, mais le risque n'est-il pas de voir une personne testée négative juste avant de se rendre dans une station tomber malade le jour d'une course ?

«Nous devons vivre avec ce risque. Le risque zéro n'existe pas cet hiver. Nous devons cependant tout faire pour limiter ce risque. Il faut toujours insister sur le port du masque, le respect des distances et l'hygiène des mains. Mais personne n'est à l'abri de cette maladie. On a vu qu'elle a frappé ces derniers jours Cristiano Ronaldo et Valentino Rossi. Et je ne veux pas croire une seule seconde que ces deux grands sportifs n'ont pas pris toutes les précautions d'usage pour ne pas être infectés...»

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