Massimo Meloni

«Le rapport de confiance est primordial»

gma, ats

23.6.2022 - 11:18

Massimo Meloni est un entraîneur comblé. Son protégé Noè Ponti (21 ans) poursuit sa progression sous sa férule, après une brève expérience à la North Carolina State University l'automne dernier.

Noè Ponti et son coach Massimo Meloni aux Mondiaux de Budapest.
Keystone

gma, ats

23.6.2022 - 11:18

«Noè est parti après avoir conquis le bronze olympique. Il était indécis jusqu'au dernier moment», rappelle Massimo Meloni. «Il s'était retrouvé dans un pays qu'il ne connaissait pas alors qu'il est très attaché à sa famille, et que c'est grâce à cet environnement qu'il a obtenu ses premiers succès.»

Le technicien italien n'était pas du tout surpris du retour au bercail précipité de Noè Ponti. «Il n'est devenu qu'un simple numéro dans son groupe d'entraînement. Je pense que seuls des nageurs de la trempe de Michael Phelps sont considérés de manière différente dans ces groupes universitaires», glisse-t-il.

Un puzzle à construire

«Un Suisse, aussi fort soit-il, n'aura jamais l'attention dont il a besoin», ajoute Massimo Meloni, pour qui la recette du succès de Noè Ponti est plutôt simple: «Je dis toujours qu'un athlète a besoin que toutes les pièces du puzzle se mettent en place pour pouvoir briller. Pour Noè, c'est la famille, les amis, l'entraîneur, le staff et le coach mental», détaille-t-il.

«C'est seulement quand tous les éléments sont réunis que l'athlète peut donner sa pleine mesure», poursuit l'ancien coach de la Fédération italienne, qui a construit une relation quasi fusionnelle avec le nageur tessinois depuis son arrivée au Centre d'entraînement de Tenero en 2017.

«Noè est un très grand talent, un très beau nageur, et surtout une belle personne. Et il a une totale confiance en moi», sourit Massimo Meloni. «Le rapport de confiance est primordial à mes yeux. Un athlète, même très doué, doit avoir confiance en son coach. Si le coach se plante, l'athlète se plante aussi. Et si l'entraîneur fait les choses justes, l'athlète va progresser d'autant plus.»

Pas de limite

Et Noè Ponti est très loin d'avoir exprimé tout son potentiel. «Il n'a pas de limite. J'estime d'ailleurs qu'il aurait pu réaliser un chrono inférieur à 1'54'' en finale du 200 m papillon (réd: dont il a pris la 4e place en 1'54''29) s'il n'avait pas eu que le seul Kristof Milak (titré en 1'50''34, nouveau record du monde) dans son champ de vision», estime le coach italien.

«Son chrono lui aurait d'ailleurs valu la médaille de bronze aux JO de Tokyo», médaille obtenue en 1'54''45 par l'Italien Federico Burdisso. «Mais je suis déjà extrêmement satisfait des temps qu'il a réalisés jusqu'ici à Budapest», se réjouit Massimo Meloni. Noè Ponti a ainsi déjà battu ses records nationaux du 50 (23''04 en séries) et du 200 m papillon (1'54''75 en séries, 1'54''20 en demi-finales).

Et le meilleur reste peut-être à venir dans la Duna Arena. «Il aborde le 100 m papillon dans des conditions optimales», estime Massimo Meloni. Une médaille est-elle envisageable? «Je l'espère. Après ce qu'il a montré sur 50 et sur 200 m, je me dis qu'il peut passer sous les 51 secondes, voire s'approcher de la barre des 50 secondes», assure-t-il.

Chaque étape compte

Le coach italien n'est d'ailleurs pas du tout étonné que son protégé affiche une telle forme. «On a préparé véritablement ces Mondiaux. Comme coach, je ne peux pas comprendre qu'on puisse se contenter de préparer les Européens (réd: 11-17 août à Rome) en négligeant les Mondiaux», souligne-t-il, alors que les autres nageurs suisses de pointe ont fait des championnats d'Europe leur principal objectif.

«Pour Noè, ces Mondiaux constituent le moyen idéal de prendre encore plus confiance dans l'optique des Européens», poursuit Massimo Meloni, pour qui chaque étape compte sur la route menant aux JO de Paris 2024. «Notre objectif ultime est que Noè arrive au sommet de son art à Paris», assure-t-il.

«Noè a déjà beaucoup progressé cette année en vitesse et en résistance», se réjouit l'Italien, qui voit même déjà au-delà de 2024. «Après Paris, on cherchera à travailler encore plus sur sa vitesse. Pourquoi n'effectuerait-il pas un autre cycle olympique?», demande Massimo Meloni. Noè Ponti n'aura il est vrai que 23 ans en 2024, et certainement encore de grosses ambitions.

gma, ats