Tour de France

Tour de France: un match Slovénie – Colombie ?

ATS

7.9.2020

Le Tour de France 2020, sous la menace toujours présente du coronavirus, vire à un affrontement inédit avec, pour arbitres, les représentants des nations traditionnelles du cyclisme.

Les deux favoris du départ de Nice, le Slovène Primoz Roglic et le Colombien Egan Bernal.
Keystone

Romain Bardet (4e) et Guillaume Martin (3e) pour la France, Mikel Landa (10e) pour l'Espagne, sont toujours dans le jeu au sortir des Pyrénées. Mais les deux premières positions sont occupées par les deux favoris du départ de Nice, le Slovène Primoz Roglic et le Colombien Egan Bernal, vainqueur sortant. Avec, à peine en retrait, Tadej Pogacar, autre représentant d'un cyclisme slovène qui accapare la lumière.

Le peloton au risque du Covid

Test obligatoire. Loin du rituel familial ou amical des journées de repos, la pause en Charente-Maritime a donné lieu lundi pour les coureurs et l'encadrement des équipes aux tests de dépistage du Covid-19 conformément au protocole sanitaire. Avec, en arrière-plan, le risque d'une exclusion collective si deux cas positifs étaient trouvés dans la même équipe.

Une menace pour le Tour ? Ses responsables assurent que non. «Tout a été fait pour que la bulle soit saine», répond le directeur du Tour Christian Prudhomme, conforté par les félicitations du Premier ministre Jean Castex lors de sa visite samedi sur l'épreuve.

Il reste que la multiplication des cas dans le pays fragilise le contexte sanitaire. D'où le rappel incessant au port du masque de la part du directeur du Tour: «95% des gens respectent le port du masque. Ceux qui viennent voir le Tour sont ceux qui l'aiment et donc ils doivent le porter.» A plus forte raison quand ils approchent les coureurs dans les cols.

Deux pays, deux générations

Sur les sommets du Tour, les aigles slovènes côtoient les condors colombiens dans le bestiaire toujours renouvelé de la Grande boucle. Curieusement, ce sont aussi deux générations qui sont représentées dans le trio qui se dessine après la première semaine. Voire un carré si l'on ajoute le Colombien Nairo Quintana qui a limité la perte de temps à une poignée de secondes quand il a connu un jour moyen, dimanche, dans les Pyrénées.

Pogacar (21 ans), un débutant dans le Tour, appartient à la nouvelle vague qui a déjà triomphé l'an passé avec Bernal, aujourd'hui âgé de 23 ans. Roglic possède une expérience limitée du Tour auquel il participe pour la troisième fois. Mais, par son âge (30 ans), il est proche de Quintana, son cadet de trois mois.

«Il y a un vent de fraîcheur sur le cyclisme en général et sur le Tour», relève Christian Prudhomme, impressionné aussi par le coup d'éclat, dimanche, du Bernois Marc Hirschi (22 ans), l'une des révélations de la course. Ce vent qui a déjà fait s'envoler les espérances de Thibaut Pinot, défait après sa chute du premier jour, et du Néerlandais Tom Dumoulin, réduit ou cantonné à un rôle de soutien pour Roglic au sein de l'équipe Jumbo devenue la formation numéro un du peloton.

Des écarts serrés

La vérité d'une semaine vaut-elle pour la suite ? Le duo des Slovènes, à la saisissante aisance dans les temps forts de la course, a dominé la première semaine. Mais les écarts sont restés serrés. Les sept premiers se tiennent en moins de 45 secondes et un coureur aussi coriace que Rigoberto Uran (2e en 2017), l'un des quatre Colombiens présents dans le top 10, est toujours à portée.

Rendu prudent par les repères brouillés d'une saison particulière, Roglic insiste sur le facteur durée d'une course qu'il voit «par élimination». Bernal lui aussi évoque sans cesse la troisième semaine. Au-delà du deuxième acte qui flirte mardi avec le littoral atlantique, propice aux bordures en cas de vent, et traverse ensuite le Massif central (le Puy Mary vendredi) avant de se conclure dimanche prochain au sommet du Grand Colombier, à l'extrémité sud du Jura.

«Je suis convaincu qu'il y aura de grandes défaillances dans la traversée des Alpes», avance Christian Prudhomme à propos de ce Tour encore largement masqué. Et d'envisager des surprises dignes de cette saison aux multiples rebondissements. Pourquoi pas françaises ? Si Thibaut Pinot (24e) et Julian Alaphilippe (38e) ont plongé au classement, Romain Bardet et Guillaume Martin ne comptent qu'une trentaine de secondes de retard.

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