Tokyo 2021 : les épéistes suisses au Japon pour les médailles

gma, ats

23.7.2021 - 05:00

gma, ats

23.7.2021 - 05:00

Les épéistes suisses viseront à Tokyo leur première médaille olympique depuis le sacre de Marcel Fischer en 2004 à Athènes. Le secret de leur réussite: leur suissitude.

Lucas Malcotti devra se contenter du rôle de remplaçant en individuel.
Keystone

Allemand ? Français ? Anglais ? La question de la langue chez les meilleurs escrimeurs suisses est légitime, mais n'a finalement aucune espèce d'importance. Ils se comprennent de toute façon, quel que soit l'idiome. Même si cela ne va pas de soi.

Le quatuor se compose du Bâlois Benjamin Steffen, du Schwytzois Max Heinzer, du Tessinois Michele Niggeler et du Valaisan Lucas Malcotti, lequel devra se contenter du rôle de remplaçant en individuel. Une plus grande diversité suisse est presque impossible.

«Un très bon mélange»

Et pourtant, leur union fait leur force. Ce n'est pas un hasard si la quête d'une médaille par équipe semble plus importante qu'un podium en individuel. Alors même que Benjamin Steffen a une revanche à prendre après sa frustrante 4e place de Rio 2016.

La diversité géographique n'est pas le seul atout de cette équipe. «Nous avons également une certaine différence d'âge», souligne le capitaine Max Heinzer (33 ans). Son expérience et celle de Benjamin Steffen (39 ans) ne seront d'ailleurs pas de trop à Tokyo.

Il s'agira en effet de canaliser la fougue de Michele Niggeler (29 ans) et de Lucas Malcotti (26 ans) le 30 juillet, date de l'épreuve par équipe. «C'est un très bon mélange. Notre harmonie est excellente», poursuit Max Heinzer.

Un titre à confirmer

Le quatuor l'avait d'ailleurs démontré il y a trois ans à Wuxi, en Chine, en conquérant le premier titre mondial par équipe de l'histoire de l'escrime helvétique. Chacun de ses membres avait alors eu un rôle à jouer.

Les succès de la Suisse doivent également beaucoup à l'entraîneur national Didier Ollagnon, qui quittera son poste à l'issue des JO après quatre ans de bons et loyaux services. Ses protégés feront tout pour lui offrir un cadeau d'adieu doré.

Liberté tactique

Exigeant, le maître d'armes français a su laisser une plus grande liberté tactique aux épéistes helvétiques que ses prédécesseurs. «Le fait que nous ayons des styles différents rend la tâche de nos adversaires plus difficile», relève Luca Malcotti. «Et c'est aussi très utile à l'entraînement», ajoute le Valaisan.



Ca l'a été d'autant plus pendant la longue pausée forcée due à la pandémie de Covid-19. Particulièrement mal lotis, les escrimeurs n'ont eu droit qu'à une seule compétition en un an et demi, une Coupe du monde à Kazan au printemps.

C'est d'ailleurs en Russie que les Helvètes ont validé leur qualification pour l'épreuve par équipe des JO, ce qui leur permettra d'aligner trois tireurs en individuel. «Nous nous sommes qualifiés pour les Jeux en tant qu'équipe, c'est ce qui nous rassemble», souligne Benjamin Steffen.

Le Bâlois ne regrette d'ailleurs pas une seule seconde d'avoir repoussé sa retraite sportive d'une année, lui qui avait déjà augmenté son taux d'occupation en tant qu'enseignant du secondaire. «Je me réjouis tellement de disputer ces JO», glisse le vétéran.

gma, ats