Jeux olympiques d'hiver Malgré la «claque», la Suisse veut encore y croire

ats

29.11.2023 - 20:26

La Suisse n'a pas convaincu le CIO pour les JO d'hiver 2030 et 2034. Mais le pays est selon l'instance dirigeante un partenaire privilégié pour 2038.

La Suisse n’organisera pas comme elle l’espérait les Jeux olympiques d’hiver 2030.
La Suisse n’organisera pas comme elle l’espérait les Jeux olympiques d’hiver 2030.
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29.11.2023 - 20:26

Déception. C'est le sentiment qui prédomine à l'annonce du CIO de ne pas entamer la phase de dialogue avec la candidature suisse pour les deux prochaines éditions des JO d'hiver.

Cette décision négative du CIO intervient cinq jours après celle unanime du Parlement du sport suisse de faire avancer les projets olympiques pour 2030. L'instance basée à Lausanne n'a pas été convaincue par l'idée de Jeux décentralisés, avec des sites de compétition existants et répartis sur tout le territoire. Candidate comme la Suisse, la Suède a subi le même sort.

Troisième pays en lice, la France a raflé la mise en étant la seule à recevoir le feu vert du CIO pour entrer dans cette fameuse phase de dialogue. Ainsi, six ans seulement après les JO de Paris en 2024, la France va obtenir les Jeux d'hiver. Après la décision du CIO prise à Paris, l'acceptation en juillet prochain ne semble plus être qu'une formalité.

La Suisse n'a pas non plus été retenue pour 2034, envisagée comme une alternative. La candidature américaine de Salt Lake City est la seule à avoir été retenue par le CIO.

Espoir pour 2038

Si elle a échoué à cet examen, la Suisse n'a cependant pas tout perdu. La commission exécutive du CIO a décidé d’inclure le projet olympique «Switzerland 203x» dans un «dialogue privilégié» en vue des JO d'hiver 2038. Le CIO est convaincu par le projet helvétique, tout en estimant qu’il existe encore un potentiel d’optimisation, notamment dans les domaines de la planification des sites sportifs et du financement.

Comme le précise Swiss Olympic dans son communiqué, le statut du «dialogue privilégié» signifie que la Suisse a jusqu’à fin 2027 pour approfondir les thèmes abordés et entrer de manière exclusive dans le «dialogue ciblé» pour les JO 2038, pour autant que les deux parties se sentent prêtes.

«Il faut savoir être flexible»

Juerg Stahl, Praesident von Swiss Olympic posiert fuer ein Portrait, anlaesslich eines Mediengespraechs von Swiss Olympic, am Mittwoch, 26. Oktober 2022 in Zuerich. (KEYSTONE/Michael Buholzer)

Jürg Stahl

Président de Swiss Olympic

Selon Swiss Olympic, «la décision prise aujourd’hui par le CIO constitue un pas supplémentaire vers l’organisation de Jeux Olympiques et Paralympiques dans toute la Suisse, même si le projet était initialement axé sur les années 2030 ou 2034».

L'organisation faîtière et les fédérations suisses de sports d’hiver se disent confiantes malgré tout. «Nous avions en vue les JO 2030 ou 2034, mais dans le sport, il faut savoir être flexible, confie Jürg Stahl, président de Swiss Olympic. Nous avons maintenant la chance de développer notre projet ensemble et sommes convaincus que nos conditions-cadres, notre grande expérience et notre fiabilité font de nous – aussi pour 2038 – un excellent partenaire pour le CIO, afin de poursuivre avec efficacité et succès le processus en cours vers des Jeux de la prochaine génération.»

«Une claque pour la Suisse»

Reste que pour la Suisse, il s'agit d'un nouveau chapitre de candidatures olympiques ratées. Après avoir accueilli deux fois les Jeux d'hiver en 1928 et 1948 (les deux fois à St-Moritz), la Suisse a tenté à plusieurs reprises de présenter sa candidature au cours des dernières décennies, mais plusieurs d'entre elles ont échoué dans les urnes. Ce n'est pas le cas cette fois. Selon une étude de faisabilité, deux tiers de la population suisse sont favorables au projet actuel.

Interrogé dans l'émission «Forum» sur la RTS mercredi soir, l'ex-conseiller fédéral en charge des sports et fin connaisseur du monde olympique Adolf Ogi n'a pas masqué sa déception: «C'est une claque pour la Suisse.» Le Bernois s'est dit «très, très déçu», par cette décision «incompréhensible». «Cette décision est vraiment très difficile à comprendre étant donné que le CIO aimerait avoir un nouveau leader, réaliser une nouvelle idée en ce qui concerne les jeux», a ajouté l'ex-conseiller fédéral. Selon lui, la Suisse avait toutes les infrastructures prêtes, à l'exception de l'anneau de vitesse.

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