Feuz et Odermatt pour marquer les esprits

jfd, ats

26.11.2021 - 05:00

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26.11.2021 - 05:00

Annulée l'an dernier à cause du covid, la tournée américaine reprend ses droits. Et le programme 100% vitesse est plutôt copieux pour les messieurs avec six courses entre Lake Louise et Beaver Creek.

Marco Odermatt veut s'affirmer encore davantage en vitesse.
KEYSTONE

Poser les bonnes bases en vue de Pékin, c'est un peu ce que doivent se dire tous les coureurs de vitesse à Lake Louise. Pas que les courses en Alberta soient déterminantes pour une qualification pour les Jeux, mais il s'agit de prendre rapidement ses repères.

A Lake Louise, les hommes auront droit à deux descentes et un Super-G. Une semaine plus tard dans le Colorado, ce sera une descente et deux Super-G. L'occasion pour Beat Feuz de partir en quête d'un cinquième globe de la discipline et pour Marco Odermatt de s'affirmer encore davantage en vitesse, là où il est en train d'effectuer des progrès à pas de géant.

Mais les deux fers de lance de la délégation helvétique auront intérêt à se montrer performants, puisque Swiss-Ski a envoyé une équipe plutôt «light» en raison des forfaits de Mauro Caviezel, insuffisamment remis de sa chute à Garmisch en janvier, Carlo Janka (soucis de dos) et les deux non vaccinés Urs Kryenbühl et Ralph Weber.

Kryenbühl et Weber: un hiver compliqué

L'hiver s'annonce d'ailleurs compliqué pour les deux hommes s'ils ne changent pas d'avis sur la vaccination. S'ils peuvent peut-être s'en sortir en Coupe du monde en Europe, impossible ou presque de faire le voyage de Pékin pour les JO. Parce que la Chine demande trois semaines de quarantaine aux non vaccinés. Et trois semaines avant février, cela signifie manquer Wengen et Kitzbühel et donc de sérieuses chances de se qualifier. Si l'on ajoute à cela trois semaines à tuer dans un hôtel sans toucher la neige pour s'entraîner, autant dire que cette éventualité n'a que très peu de chances d'aboutir.



Le chef du ski suisse masculin Tom Stauffer n'a pas voulu donner de chiffres ces derniers jours. Il a toutefois confirmé que le taux de vaccination chez les messieurs devrait tendre vers les 90%. «Il y en a encore un ou deux qui ne sont pas vaccinés, relevait-il il y a environ deux mois. Ce n'est pas seulement un problème chez nous, mais aussi au sein d'autres nations. Mais on ne peut forcer personne.» Il est d'ailleurs fort possible que ce taux de 90% soit encore plus élevé aujourd'hui.

Des entraînements perturbés

Pendant que Kryenbühl et Weber se sont entraînés en Californie histoire d'être prêts pour Beaver Creek, le gros de la délégation s'est rendu au Canada pour se préparer après les bonnes semaines à Saas Fee et Zermatt. Et les entraîneurs ont dû improviser et prendre une décision impopulaire.

Il y a eu le manque de neige, puis le brouillard causé par l'utilisation intensive des canons. De Panorama, les Suisses ont décidé de bouger à Nakiska au sud de Lake Louise. Seulement c'est là que David Poisson avait trouvé la mort en percutant un arbre sur une piste étroite. Les Suisses avaient été particulièrement touchés parce qu'ils logeaient dans le même hôtel que les Français. Malgré des conditions plus sûres, les Suisses ont skié avec le frein à main.

Feuz toujours le chassé, Odermatt progresse

Cela ne devrait toutefois pas trop affecter Beat Feuz. Le meilleur descendeur du monde, double vainqueur sur la Streif l'an dernier, veut un cinquième globe. Pas fan de l'entraînement, «Kugelblitz» est une bête de course. Expérimenté, habitué à ménager son genou, le Bernois sera de nouveau dans la position du chassé. Ses principaux contradicteurs sont connus avec les Autrichiens Vincent Kriechmayr et Matthias Mayer, l'Italien Dominik Paris et le Norvégien Aleksander Aamodt Kilde. Dans le camp suisse, on attend beaucoup de Marco Odermatt. Quatrième de la descente des Mondiaux de Cortina, le Nidwaldien a pris la 10e place sur la Streif dès sa première, la 12e sur l'exigeante Stelvio à Bormio et la 5e à Saalbach.

En Super-G par contre, c'est Odermatt qui mènera l'équipe de Suisse. Ses trois derniers résultats en Coupe du monde (2e, 3e et 1er) prouvent qu'il a franchi un cap. Et en 2019 à Beaver Creek, c'est là qu'il avait signé son premier succès en Coupe du monde.

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