Chronique TV

«La chronique des Bridgerton» – pourquoi un tel succès?

d'Elvire Küenzi

28.1.2021

Créée par Chris Van Dusen et lancée le 25 décembre sur Netflix, « La chronique des Bridgerton » a déjà séduit près de 63 millions de foyers.
Créée par Chris Van Dusen et lancée le 25 décembre sur Netflix, « La chronique des Bridgerton » a déjà séduit près de 63 millions de foyers.
Liam Daniel/NETFLIX

La saison 1 cartonne sur Netflix depuis des semaines tant et si bien que la plateforme a déjà annoncé une saison 2. Pourquoi et comment cette série est parvenue à conquérir un large public? Éléments de réponses.

Longtemps numéro 1 en Suisse, «La chronique des Bridgerton» est sur toutes les lèvres depuis le mois de décembre. On a regardé les premiers épisodes pour se faire notre avis et comprendre le phénomène.

De prime abord, je ne suis pas très friande des séries historiques. Le côté désuet du langage, les coutumes bourgeoises et les préoccupations de l’aristocratie, très peu pour moi. Que ce soit en littérature ou en productions audiovisuelles, je préfère les fictions plus contemporaines.

Je me suis donc lancée dans le visionnage avec quelques réticences, mais, force est de constater que «La chronique des Bridgerton» se laisse facilement regarder.

Et il n’y a pas que la plastique irréprochable du Duc qui fait de cette série un vrai bonbon à savourer!

Adaptés des best-sellers de Julia Quinn, les huit épisodes d’une soixantaine de minutes chacun nous immergent en pleine période de Régence dans la haute société londonienne. Une vraie terre de fantasmes pour les plus romantiques d’entre nous. Les enfants de la famille Bridgerton sont à la recherche de l’amour et Daphné attend son prince charmant pour réaliser le but de sa vie: se marier (certes, c’est d’époque, mais je grince des dents en écrivant ces lignes).

On se dit que Shondaland a encore de beaux jours devant elle malgré tout. Avec une productrice chevronnée et talentueuse comme Shonda Rhimes, il n’y aucun doute sur le fait que la papesse des séries maîtrise son sujet avec maestro. Les secrets et les histoires de cœurs ont ses faveurs et elle les exploite à merveille. L’image est belle, les costumes fastidieux et magnifiques, et les personnages sont, d’habitude, l’un de ses points forts. C’est là que le bât blesse légèrement parce que, même si l’on se prend vite au jeu de l’amour et qu’on a envie de découvrir la suite des aventures de nos petits bourgeois, j’ai eu du mal à apprécier Daphné. Elle est jolie, elle donne le bon exemple à ses sœurs, mais sa personnalité manque de caractère. Trop lisse? À mon goût, oui. On en vient à se demander pourquoi le Duc s’intéresse à elle alors qu’elle semble se définir uniquement à travers le prisme de leur histoire d’amour.

Côté sentiments et sexe, on est servi! L’attirance entre le Duc et Daphné est manifeste et crève l’écran. Par contre, et c’est dommage, certains sujets sont survolés alors qu’on avait là un terreau fertile pour proposer de vrais questionnements: les différences raciales, le consentement, la vision de la femme, la sexualité…

Pour celles et ceux qui souhaitent passer un bon moment sans se prendre la tête (et on a le droit), foncez! C’est distrayant et amusant.

Pour les véritables fans de Jane Austen: passez votre chemin (ou mettez de côté votre besoin de subtilité).

Rédactrice pour différents journaux suisses, blogueuse et passionnée des mots, Elvire Küenzi adore les séries (elle est tombée dans le chaudron magique en regardant Sex and the City et n'en est jamais ressortie)! Elle écrit aussi des romans girly en mangeant des marshmallows et en sirotant des cocktails (avec modération, bien sûr).
Rédactrice pour différents journaux suisses, blogueuse et passionnée des mots, Elvire Küenzi adore les séries (elle est tombée dans le chaudron magique en regardant Sex and the City et n'en est jamais ressortie)! Elle écrit aussi des romans girly en mangeant des marshmallows et en sirotant des cocktails (avec modération, bien sûr).
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