Chronique TV «Vingt-Cinq»

«Vingt-Cinq»: ce que les hommes cachent

Elvire Küenzi

24.10.2018

Une série qui commence avec un mec qui parle de fromage, forcément, ça me parle!

Julie et Jérémy reviennent à Paris après avoir vécu deux ans à New-York. Et c’est en débarquant à l’aéroport que tout dérape pour le jeune homme. Sa vie lui échappe quand Julie, son amour de jeunesse, lève les yeux sur lui pour lui balancer à moitié désolée:

- Jérémy, je veux qu’on se sépare.

Après neuf ans de relation, cette annonce lui fait l’effet d’une bombe.

Et moi, en vraie sadique impatiente, je sautille derrière mon écran en me disant: «génial, j’adore!». Puis, je compatis et retrouve un semblant d’humanité en pensant «pauvre mec, comment va-t-il survivre à ça»?

«Vingt-cinq» est une nouvelle production française diffusée par OCS qui nous propose de suivre la vie de Jérémy et de sa bande de potes, Alex, Jonas et Adrien. A 25 ans, ils semblent être à un croisement de leur vie et font un constat accablant: ils n’ont encore rien réalisé!

Plusieurs ingrédients m’ont particulièrement plu dans cette fiction:

1) Le point de vue masculin

Enfin une série qui explore la sensibilité et les relations amoureuses du côté des mecs! Pour moi, il s’agit d’une véritable découverte loin des clichés du mec fort et séducteur. Jérémy est complètement déprimé suite à sa rupture et ne tente pas de le cacher en s’exprimant avec une franchise déconcertante. Adrien va se marier avec sa petite amie parce que c’est la chose la plus raisonnable à faire même si, après 7 ans de relation, ils ne font plus l’amour. Il tente de se persuader que c’est une situation normale et qu’à leur âge canonique (25 ans, donc), il est temps d’avancer. Alex et Jonas se cherchent encore entre des jobs et des projets foireux pour l’un et une sexualité débridée pour l’autre.

J’ai eu un gros coup de cœur pour le personnage de Jérémy, interprété par Bryan Marciano également scénariste et producteur de la série. Sa fragilité et sa personnalité en font un protagoniste touchant et attachant que j’ai tout de suite eu envie de suivre et de comprendre. Pour écrire le scénario de sa série, Bryan a puisé son inspiration dans son quotidien. Le déclencheur survient alors qu’il est au chômage à 24 ans. «J’ai voulu décrire une génération où les mecs d’aujourd’hui sont les filles d’hier. Ils ont peur, doutent, se briefent et se débriefent. Ils peuvent chialer sur leur oreiller mais ils parlent. Difficilement parce que ça reste des mecs, mais ils se parlent.»

2) Les écrivains

Julie va publier son livre et Jérémy rêve d’écrire un roman. Même si ce n’est pas l’aspect le plus développé dans les premiers épisodes, le milieu littéraire et le rêve d’écrire ne peuvent que me parler puisque je travaille également dans l’édition. L’envie de mener à bien un roman, ou n’importe quelle réalisation artistique d’ailleurs, est un projet dont beaucoup de gens rêvent. Ceux-ci se retrouveront forcément dans les hésitations de Jérémy et dans le processus créatif qu’il évoque.

3) L’humour et les répliques miracles

Je suis assez exigeante concernant l’humour dans les séries et je trouve qu’il n’y a rien de pire qu’une vanne qui tombe à plat. J’avoue que dans «Vingt-Cinq», j’ai éclaté de rire plusieurs fois grâce à des répliques que j’ai trouvé savoureuses et décalées. Voici deux exemples:

La mère de Jérémy, inquiète de le voir aussi déprimé, lui recommande:

- Tu n’oublies pas de manger!

Ce à quoi il répond d’un air blasé:

- Je n’oublie pas de manger. Si j’oublie de manger, je meurs.

Quand Jérémy retrouve ses potes pour un apéro, il fait le bilan de sa vie en avouant:

- Les gens, ils avancent. Et moi, je recule. Je suis un saumon en fait...

Oui, le coup du saumon m’a achevée et je me suis retrouvée comme une débile à rire toute seule derrière mon écran.

«Vingt-Cinq» est une série tragi-comique qui s’attache à faire le bilan de la vie de jeunes mecs de 25 ans. J’ai beaucoup aimé cette incursion dans leur quotidien, leurs pensées et leur amitié.

Pour nuancer ma critique positive, j’ajouterais un point qui m’a interpelée: les personnages féminins qui virent parfois à la caricature. Entre Sophie, la future femme d’Adrien qui semble passive et triste au possible et Nina, le plan Tinder de Jérémy, qui le mord en l’embrassant, je suis restée dubitative. Dites, ça existe vraiment des femmes aussi bizarres qui tentent de manger les lèvres de leur partenaire en leur ordonnant «bande»?

Et je ne parle pas de Laeti, la collègue et pote de Jérémy qui lui propose de baiser juste pour une nuit en lui faisant une danse lascive en plein milieu du bureau...

Disons que la seule femme qui ne fait pas peur, c’est Julie, l’ex de Jérémy. J’aurais apprécié un peu plus de nuances dans le traitement des caractères féminins.

Vous voulez une bonne nouvelle? Le premier épisode la série «Vingt-cinq» sera offert gratuitement à la demande à tous les abonnés Swisscom TV du 25 au 31 octobre. Vous pourrez suivre la série complète chaque jeudi à partir du 25 octobre sur OCS MAX à 20h35 via le bouquet Teleclub Premium. Have fun!

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Rédactrice pour différents journaux suisses, blogueuse et passionnée des mots, Elvire Küenzi adore les séries (elle est tombée dans le chaudron magique en regardant Sex and the City et n'en est jamais ressortie)! Elle écrit aussi des romans girly en mangeant des marshmallows et en sirotant des cocktails (avec modération, bien sûr).
Rédactrice pour différents journaux suisses, blogueuse et passionnée des mots, Elvire Küenzi adore les séries (elle est tombée dans le chaudron magique en regardant Sex and the City et n'en est jamais ressortie)! Elle écrit aussi des romans girly en mangeant des marshmallows et en sirotant des cocktails (avec modération, bien sûr).
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