L'empereur du Japon abdique et son pays doit faire face à un problème

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8.8.2018

En raison de problèmes de santé, l'empereur Akihito abdiquera le 30 avril 2019 de sa propre initiative. (Image symbolique)
Keystone

Fin d'une ère: l'empereur du Japon Akihito abdiquera l'année prochaine et confronte ainsi son pays à un problème technique inattendu.

En raison de problèmes de santé, l'empereur Akihito abdiquera le 30 avril 2019 de sa propre initiative. Il est le premier monarque japonais à quitter le trône du chrysanthème de son plein gré depuis environ 200 ans. Alors que la relève est assurée en la personne du prince héritier Naruhito, le fils aîné d'Akihito, le Japon craint de graves problèmes techniques. Dans le pire des cas, ils pourraient être de la même ampleur qu'«Y2K», ou «bug de l'an 2000», comme le rapportent des experts en informatique.

Au sein de la cour de Tokyo, les préparatifs de la cérémonie de passation de pouvoirs battent leur plein depuis qu'Akihito a annoncé son abdication en décembre 2017. Cependant, comme le rapporte le journal britannique «The Guardian», cela donne bien des sueurs froides à certains. Des experts en technologie craignent que la fin de l'ère d'Akihito ne perturbe les systèmes informatiques du pays.

Motif? Le calendrier japonais fonctionne différemment de notre calendrier grégorien. Chaque ère est associée à un empereur et à son époque. Ces ères débutent à chaque fois qu'un nouvel empereur accède au trône. Le couronnement d'Akihito en janvier 1989 a marqué le début de l'ère Heisei et la fin de l'ère Shōwa qui l'a précédée. Le couronnement de Naruhito le 1er mai 2019 marquera lui aussi le début d'une nouvelle ère.

Le problème, c'est que le nom officiel de l'ère de Naruhito ne sera connu que le jour de son couronnement, ce qui est particulièrement embêtant pour les fabricants de calendriers, qui ne peuvent pas encore préparer leurs produits pour l'année prochaine. Mais il y a encore plus grave: Akihito est au pouvoir depuis presque le début de l'ère de l'information. De nombreux systèmes informatiques n'ont donc encore jamais été soumis à un changement de calendrier.

«L'ampleur de cette transition peut être comparée au problème Y2K qu'on a connu lors du passage à l’an 2000», explique le spécialiste Microsoft Shawn Steele dans le «Guardian». Cependant, à l'époque, les fabricants d'ordinateurs et de logiciels avaient pu se préparer bien à l'avance. Cette fois-ci, ils n'auront pas le temps d'identifier et de résoudre les éventuels problèmes de programmation.

Quoi qu'il en soit, nombreuses sont les autorités japonaises à ne pas se laisser démonter et à aborder le problème avec pragmatisme. En mai, l'administration fiscale japonaise a annoncé que ses ordinateurs continueraient simplement de fonctionner sous l'ère Heisei. Il ne faudrait surtout pas mettre la pagaille dans le système de prélèvement des impôts.

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