Interview Clémence Poésy: «Je pense que j'ai changé»

Caroline Libbrecht / AllTheContent

4.6.2018

35 ans et déjà un CV impressionnant… Clémence Poésy alterne les grosses productions («Harry Potter»), les films d’auteur et les séries. Depuis trois saisons, elle campe une inspectrice de choc, dans la série franco-britannique «Tunnel», diffusée sur Canal+.

Bluewin: Pouvez-vous nous en dire plus sur l’intrigue de la 3e - et ultime - saison de «Tunnel», diffusée depuis le 4 juin sur Canal+?
Clémence Poésy: Plusieurs enquêtes vont marquer la série. En Angleterre, on retrouve, au fond du Kent, dans une famille bourgeoise, trois mineurs réfugiés syriens. Et puis, dans l’Eurotunnel, une employée du tunnel est retrouvée dévorée par des rats… «Tunnel» part toujours de l’actualité. La première saison partait du déclin économique européen. Il y a toujours un fond réaliste, des thèmes d’actualité. Quand on tourne entre Douvres et Calais, c’est difficile de ne pas aborder le thème des migrants… et de ne pas être touché par ce thème!

«C’est quelqu’un avec qui j’aime infiniment travailler.»

Etiez-vous contente de retrouver votre personnage d’Elise Wassermann pour le tournage de cette troisième saison?
Oui, j’étais ravie de retrouver Elise. Pour moi, il n’y a pas Elise sans Karl, donc j’étais ravie aussi de retrouver le personnage de Karl interprété par Stephen Dillane. C’est quelqu’un avec qui j’aime infiniment travailler. On s’est bien trouvés dans cette série et j’apprends beaucoup en l’observant jouer.

Dans cette série, vous apparaissez au naturel, non coiffée et non maquillée. Perfecto, boots, jeans slim… Comment définir le style d’Elise Wassermann?
Il y a une costumière avec qui on a défini au début la façon dont Elise s’habille. J’aime beaucoup son look, sa silhouette. Les vêtements racontent beaucoup sur le personnage, cela fait partie d’elle.

«On est très différentes, mais elle me manque dès le tournage s’arrête.»

Elise est mystérieuse, c’est une personnalité complexe. Pendant ces trois saisons, vous êtes-vous sentie proche de ce personnage?
Non, je ne me sens pas proche d’elle, mais je la comprends bien, je la porte avec moi. Je l’aime beaucoup. On est très différentes, mais elle me manque dès le tournage s’arrête. Cette saison est la dernière, c’était décidé dès le départ, mais j’aurais pu continuer longtemps. Quand on joue un personnage comme celui d’Elise, on a le temps et l’espace de développer et de connaître intimement le personnage, c’est très précieux! Dans une série, on a la responsabilité de son personnage. C’est comme faire la fête chez soi: on est à l’aise, on connaît tout le monde, mais il faut faire attention que la police ne vienne pas frapper à la porte! Au cinéma, c’est différent, l’abandon est plus total… Comme quand on fait la fête chez les autres! (rires)

«J’espère que je pourrai continuer à le faire, malgré le Brexit...»

Cette série franco-britannique vous permet de faire le lien avec l’Angleterre. Un rôle en or pour une actrice comme vous qui partage sa vie entre Londres et Paris…
Oui! Je vis entre la France et l’Angleterre depuis une dizaine d’années. Je ne favorise ni l’un, ni l’autre. Les choses se font naturellement, j’aime Londres pour plein de raisons, pas seulement pour le travail. J’aime beaucoup vivre entre les deux cultures, entre les deux pays. C’est une grande chance, un luxe… Et j’espère que je pourrai continuer à le faire, malgré le Brexit (rires).

Alors que vous venez de réaliser un court-métrage «Le Roi des démons du vent», présenté au Festival de Cannes, où vous portent vos prochains projets?
Je viens de finir de tourner «Picasso», dans la série Genius. Je serai aussi dans deux films de cinéma qui sortiront en juin. L’un est italien, «7 Minuti», et l’autre anglais, «Alberto Giacometti - The Final Portrait», où je joue une femme qui a été le modèle de l’artiste. J’ai des projets en France aussi. Présenter mon premier court-métrage à Cannes m’a laissé un souvenir très doux ; c’était très agréable avec les comédiens qui m’entouraient, un vrai moment de plaisir! Je vais en réaliser un deuxième très bientôt.

«La maternité, ça change forcément la façon dont j’approche mon métier...»

Vous avez commencé à jouer jeune, à l’âge de 20 ans. Est-ce votre père (directeur du Théâtre du Sable, ndlr) qui vous a influencée?
Oui et non… J’ai fait mon truc dans mon coin, sans trop demander à mes parents leur avis, même si j’ai vu mon père travailler et s’amuser beaucoup. Ma soeur et moi avons grandi entourées de gens qui aimaient profondément les histoires et ils nous ont initiées aux différentes façons de les raconter.

Aimeriez-vous revenir au théâtre, après avoir joué en 2012 «Cyrano de Bergerac» à New York?
C’était super! L’année suivante, j’ai joué une pièce à Paris, «Je danse toujours», où j’étais seule sur scène. Il faut juste trouver la bonne pièce et le bon moment. C’est pas mal de revenir au théâtre de temps en temps.

Devenir mère d’un petit garçon en 2016 vous ouvre-t-il de nouveaux horizons, en vous donnant une sensibilité différente, des envies nouvelles?
Cela change tout, donc ça change forcément la façon dont j’approche mon métier, ça ouvre les yeux sur le monde… et sur les histoires! Cela change beaucoup de choses, et je pense que moi-même j’ai changé.

«Tunnel», Saison 3, 6 épisodes, une création originale de Canal +: diffusion depuis le lundi 4 juin sur Canal+. Avec Swisscom TV Air, vous profitez gratuitement de Swisscom TV sur votre ordinateur, votre tablette et votre Smartphone. Ainsi, vous pouvez regarder Swisscom TV, vos enregistrements inclus, où que vous soyez.

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