Festival de Locarno

Filmer les histoires des réfugiés plutôt que donner des chiffres

bu, ats

10.8.2021 - 15:16

Gillian Triggs, Haut-Commissaire assistante chargée de la protection au sein du HCR, participe au Festival du film de Locarno pour marquer les 70 ans de la Convention de Genève sur les réfugiés. Le monde compte aujourd'hui plus de 80 millions de personnes déplacées, qui cherchent une protection.

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28.07.2021

bu, ats

10.8.2021 - 15:16

«Nous sommes dans un environnement très différent de celui d'il y a 70 ans: les problèmes ont changé d'échelle», explique Gillian Triggs, du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) lundi dans une vidéo publiée par le Festival du film de Locarno.

«L'Afghanistan entre par exemple dans sa 5e décennie de conflits. Avec les événements récents, nous craignons évidemment une nouvelle hausse du nombre de réfugiés en provenance de cette région», a poursuivi la représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

«Les réfugiés, ce n'est pas seulement une question de nombre, car à ce niveau, ils deviennent incompréhensibles.» D'où l'importance des artistes. «Les films en particulier peuvent raconter les histoires individuelles. Et ce sont ces histoires individuelles qui vont vraiment faire la différence», selon elle.

«Je suis allée sur le terrain dans de très nombreux pays. J'ai vu une fille de 12 ans, qui n'avait reçu aucune éducation. J'ai observé une grande-mère s'occuper de ses petits-enfants, car sa fille avait été tuée. Le cinéma et les images peuvent raconter ces histoires de façon beaucoup plus efficaces que moi, une femme de droit ou par une personne qui compile des chiffres.»

Cette avocate de formation a rencontré un homme, un réfugié syrien, qui a fui en Europe puis aux Etats-Unis. C'est maintenant un acteur, qui joue dans un film, diffusé cette année à Locarno. «C'est le futur», selon elle.

«The Alleys» sur la Piazza Grande

Lundi, Gillian Triggs retrouve les festivaliers au Forum @Rotonda pour une conversation animée par une journaliste. Dimanche, elle a accueilli le public sur la Piazza Grande pour la projection de «The Alleys», le premier film du réalisateur jordanien Bassel Ghandour.

Mêlant crime et comédie, «The Alleys» raconte une histoire de quartier très ancrée dans l’actualité. Elle aborde des sujets comme la réputation, la liberté religieuse et l’émancipation des femmes.

La Convention de Genève sur les réfugiés, ratifié le 28 juillet 1951, demeure un instrument de référence en matière de droits de l’homme, car il définit le terme «réfugié». Il énonce les droits des personnes déracinées ainsi que les obligations juridiques des Etats signataires pour assurer leur protection.

En 2018, le rendez-vous helvétique du 7e art avait marqué le 70e anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Homme en invitant Kate Gilmore, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’Homme.

En juillet dernier, Gillian Triggs, de nationalité britannique et australienne, a reçu la médaille d’honneur Ruth Bader Ginsburg en reconnaissance de son combat pour l’Etat de droit et l’égalité des sexes.

bu, ats