Plus de 15 fermetures de restaurants en Suisse romande

sj, ats

19.11.2021 - 09:09

Le cas du restaurant réfractaire à Zermatt (VS) n'a pas fait des émules ailleurs en Suisse romande. Si des dénonciations pour non respect des contrôles du certificat Covid dans les établissements publics ne sont pas rares, les fermetures administratives de cafés-restaurants ou de musées sont moins fréquentes.

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19.11.2021 - 09:09

Peoples pass in front of concrete blocks blocked the entrance of the restaurant
Les fameux blocs de béton bloquant l'entrée de la "Walliserkanne" à Zermatt, établissement fermé après que ses propriétaires ont refusé de vérifier le pass Covid. En Suisse romande, aucun cas aussi «extrême» que celui de Zermatt ne s'est produit depuis la prolongation de l'obligation de présenter le passeport sanitaire. (archives)
KEYSTONE

Selon un tour d'horizon effectué par Keystone-ATS auprès des autorités et polices des six cantons romands, aucun cas aussi «extrême» que celui de Zermatt ne s'est produit depuis la prolongation de l'obligation de présenter le passeport sanitaire. Trois autres cantons signalent toutefois des fermetures: Genève, Vaud et Neuchâtel.

«Sur la base de dénonciations, nous avons eu à intervenir pour sanctionner 17 établissements publics. Parmi ceux-ci, 14 ont été fermés», indique Silvain Guillaume-Gentil, chargé de communication à la police cantonale genevoise. Mais «sur la base de la volumétrie du nombre d'établissements publics à Genève, on constate que la très grande majorité se comporte bien», tient-il à nuancer.

Fermeture d'un musée

Le canton de Vaud ne recense qu'un seul cas, dans la région de Montreux, pour refus de procéder au contrôle du certificat Covid. La gérante a fait recours et le Tribunal administratif doit encore trancher sur un éventuel effet suspensif, précise le chef de l'Etat-major cantonal de conduite (EMCC), Denis Froidevaux.

Un autre cas vaudois concerne un musée. Le Fort Chillon, à côté du château, a aussi fermé ses portes, mais de sa propre initiative en guise de protestation contre le passeport sanitaire. Ses responsables ont ainsi court-circuité les menaces de fermeture de la part du canton. Un recours en justice sur ces menaces est pendant, selon M. Froidevaux.

Dans le canton de Neuchâtel, il a été procédé à la fermeture administrative de deux établissements publics depuis l'introduction du certificat Covid, selon Pierre-François Gobat, chef du Service de la consommation et des affaires vétérinaires. «Une dizaine d'avertissements avant fermeture ont été infligés, qui ont été respectés jusqu'ici», ajoute-t-il.

Cas zermattois isolé

En Valais, le cas zermattois n'a pas fait non plus des émules ailleurs dans le canton. Même les dénonciations sont plutôt rares, selon la police cantonale.

S'agissant du restaurant de la station de ski, la commune a retiré la patente aux tenanciers pour une durée indéterminée. L'établissement est donc toujours fermé, confirme Frédéric Favre, chef du Département de la sécurité, des institutions et du sport.

Les trois exploitants – un couple et leur fils – ont été arrêtés le 31 octobre après avoir refusé à plusieurs reprises de respecter les règles sanitaires. Deux jours plus tôt, la police cantonale avait notifié aux restaurateurs la décision du Conseil d'Etat de fermer l'établissement, initialement jusqu'au 12 novembre, car ils refusaient de contrôler le certificat Covid de leurs clients.

La demande de détention provisoire d'un mois demandée par le Ministère public a été refusée par le tribunal des mesures de contrainte. Les tenanciers espèrent rouvrir prochainement, selon leur site internet.



La majorité joue le jeu

Sinon, dans l'ensemble, tant les tenanciers que les clients «jouent le jeu» et «tout se passe assez bien» dans l'application des mesures de l'ordonnance fédérale Covid pour les établissements publics, affirment les différents responsables cantonaux. Aucun n'indique un nombre élevé de transgressions à répétition de ces normes sanitaires, ni de cas flagrants de non-respect du contrôle du certificat Covid.

Si certaines polices cantonales évoquent un certain nombre de dénonciations, de la part de clients, de témoins ou de concurrents, elles relèvent qu'un simple rappel de la loi, une remise à l'ordre voire un avertissement suffisent à corriger le tir. Le dialogue et la sensibilisation restent de mise et sont efficaces, explique-t-on.

Un bémol en revanche, la vérification de la carte d'identité dans la foulée du contrôle du certificat Covid du client, comme le relève pour Vaud le chef de l'EMCC. «C'est finalement la situation la plus délicate que l'on observe», souligne M. Froidevaux.

Contrôles variables

Autre observation: dans les cafés et restaurants de quartier avec une clientèle très fidèle et régulière, les contrôles sont moins systématiques. Inutile en effet de contrôler à chaque fois un habitué qui vient chaque jour, voire plusieurs fois par jour, dans le même bistrot. Les polices défendent ici une certaine souplesse.

Le nombre d'inspections varie, lui, d'un canton à l'autre. Tous déclarent en faire encore très régulièrement, soit via la police du commerce ou les polices municipales et cantonales.

Vaud semble en tête, avec entre 200 et 300 contrôles en moyenne par semaine. Neuchâtel effectue près de 100 inspections hebdomadaires. A l'inverse, le canton du Jura parle d'une à deux visites par jour. Mais dès l'entrée en vigueur du pass Covid, «l'ensemble des quelque 200 cafés-restaurants et bars ont été contrôlés dès le début, dans une démarche d'accompagnement», explique un porte-parole de la police cantonale.

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