La Chine a reçu le plus d'investissement direct étranger en 2020

sn, ats

24.1.2021 - 19:02

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) à Genève affirme que la Chine a pu s'appuyer sur la dépendance mondiale à son approvisionnement pendant la pandémie pour attirer des investissements depuis les différents pays (archives).
ATS

La Chine a dépassé l'année dernière les Etats-Unis comme pays le plus attractif pour l'investissement étranger direct (IED). En raison de la pandémie, le volume dans le monde est le plus bas depuis plus de 25 ans et ne devrait repartir l'année prochaine, selon l'ONU.

L'IED «s'est effondré», a expliqué à la presse le directeur des investissements à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) James Zhan. Selon les estimations publiées dimanche, il a reculé de plus de 40%, à 859 milliards de dollars (plus de 760 milliards de francs).

Les pays riches ont été les plus affectés. La baisse a atteint 69%, à 230 milliards de dollars. En revanche, elle n'a été que de 12% dans les pays de développement, à un peu plus de 610 milliards. Les annonces de fusions et d'acquisitions ont diminué au total de 10%.

Si la plupart des zones ont observé une baisse importante, notamment l'Amérique latine, l'Extrême-Orient a en revanche progressé de 12%. Dans cette région, la Chine est la plus courue. Si elle a avancé de manière continue ces dernières années, elle a pu s'appuyer sur une augmentation de 4% de l'IED vers elle.

Parmi les raisons qui expliquent ce succès, après son confinement au début de la pandémie, elle a pu capitaliser sur le retour de la croissance de son Produit intérieur brut (PIB). Ou encore sur son dispositif de facilitation de l'investissement et sur la dépendance mondiale des multinationales à l'approvisionnement chinois face au coronavirus.

Désinvestissement vers la Suisse

Les branches financières et des technologies de l'information et de la communication (TIC) figurent parmi celles qui ont été demandées. Il est difficile de savoir si cette nouvelle position de numéro un durera. «Tout dépendra des Etats-Unis», explique M. Zhan. Ceux-ci ont attiré près de 50% d'IED en moins, alors que le recul a atteint deux tiers dans l'UE.

Côté suisse, la situation reste problématique, avec un IED négatif de 88 milliards, en raison surtout d'un important désinvestissement financier de plus de 150 milliards. Mais elle «ne reflète pas la solidité de l'économie» du pays, affirme aussi M. Zhan.

Pour 2021, l'IED devrait rester bas et pourrait même encore reculer de 5 à 10%. Contrairement au commerce mondial, dont une reprise est attendue dès cette année, il ne devrait repartir avant l'année prochaine, notamment en Europe qui devrait porter la relance affirme le responsable de la CNUCED. Symbole, les nouveaux accords sur les investissements dans les infrastructures se sont eux dépréciés l'année dernière de 35%.

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