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Le commerce de détail souffrira encore de la pandémie en 2021

nj

6.1.2021 - 11:44

D'après Credit Suisse, qui publie son étude annuelle sur les perspectives de la branche, le secteur alimentaire devrait voir son chiffre d'affaires diminuer cette année tandis que les ventes des produits non-alimentaires ne reprendront que lentement.

Des carottes sont visibles dans l'epicerie durable
Le secteur de l'alimentation va certainement pâtir de l'effet de comparaison avec 2020 et accuser une baisse de 6% du chiffre d'affaires sur un an, estime Credit Suisse.
KEYSTONE

Annoncés partout comme les grands gagnants de la crise pandémique, les acteurs du secteur alimentaire pourraient bien voir rouge en 2021. C'est en tout cas ce que prévoit la banque aux deux voiles dans une étude publiée mercredi en collaboration avec le cabinet de conseil Fuhrer & Hotz.

Perspectives en demi-teinte

Le secteur de l'alimentation va certainement pâtir de l'effet de comparaison avec 2020 et accuser une baisse de 6% du chiffre d'affaires sur un an. Le secteur non-alimentaire, lui, devrait lentement poursuivre son retour avec une modeste hausse des ventes en 2021 de 2% en comparaison annuelle.

Soulignant l'incertitude qui entoure ses propres perspectives, la grande banque ajoute que seul 51% des entrepreneurs sondés anticipent «une progression des chiffres d'affaires en glissement annuel. Ils sont encore un peu plus prudents s'agissant des bénéfices, seuls 40% tablant sur une hausse», précise Credit Suisse.

Avec le recours massif au télétravail qui se poursuit, la fréquentation piétonnière devrait baisser de 5% à 30% cette année, les zones rurales étant moins touchées que les villes. Cette diminution de potentiels consommateurs physiquement présents dans les rues pourrait nuire aux magasins de briques et de mortier. Cette évolution pourrait maintenir, en revanche, le boom du commerce en ligne, qui aura bondi de 55% en 2020 d'après l'étude.

Vague de licenciements à craindre

«La pandémie de Covid-19 a entraîné un plongeon de l'économie bien plus profond que lors de la crise financière de 2008», avance Sarah Carnazzi Weber, responsable analyse sectorielle et régionale Suisse, lors d'une conférence de presse mercredi. Le rebond a toutefois été plus rapide et plus fort, soutenu en grande partie par les mesures exceptionnelles décidées par le Conseil fédéral, précise l'experte.

Celles-ci ont d'ailleurs permis aux employeurs de sauvegarder leurs personnels, avec presque 85'000 employés de la branche au chômage partiel en avril 2020. «On observe cependant une tendance à la baisse de l'emploi vieille de 10 ans dans le secteur, et il est possible que la fin des aides fédérales entraîne une vague de licenciements si les commerçants se rendent compte que cette situation exceptionnelle l'impose», appréhende Mme Carnazzi Weber.

Une crise historique

Cette crise pandémique a affecté le commerce de détail de manière différente selon les branches et les périodes. «La première partie de 2020 s'est déroulée de manière similaire à ce que l'on observait en 2019. Une fois le confinement prononcé en mars, les ventes dans l'alimentaire ont bondi tandis que le reste du secteur a plongé. Cette tendance s'est ensuite inversée pendant l'été», détaille l'analyste, les produits non-alimentaires profitant des 8,3 milliards de francs épargnés par les consommateurs helvétiques.

Le secteur non-alimentaire a ainsi bénéficié d'une consommation de rattrapage et d'un regain du tourisme national. Le segment des vêtements et des chaussures était le seul à ne pas bénéficier de ces effets. «La tendance à la baisse des ventes de ces dernières années s'est poursuivie en 2020, même après que le confinement ait été surmonté», indique l'étude.

L'électronique, les biens de bricolage et autres loisirs ont eux connu des ventes records, indique Sarah Carnazzi Weber. Evoquant les mesures actuelles, l'analyste estime qu'elles auront un impact moins néfaste que lors du premier confinement étant donné que les magasins restent ouverts.

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