Affaire Epstein Jeffrey Epstein s'est suicidé par pendaison

ATS

17.8.2019 - 03:52

Jeffrey Epstein, accusé d'avoir organisé un vaste réseau d'exploitation sexuelle de jeunes filles âgées parfois de 14 ans seulement, était détenu à la prison fédérale de Manhattan, l'une des prisons les plus sûres du pays.
Jeffrey Epstein, accusé d'avoir organisé un vaste réseau d'exploitation sexuelle de jeunes filles âgées parfois de 14 ans seulement, était détenu à la prison fédérale de Manhattan, l'une des prisons les plus sûres du pays.
Source: KEYSTONE/EPA/JUSTIN LANE

Les résultats de l'autopsie du financier américain Jeffrey Epstein, retrouvé mort dans sa cellule, ont confirmé vendredi qu'il s'était suicidé par pendaison. Ce constat lève une des grandes interrogations suscitées par ce qui est devenu un scandale national.

Après «un examen méticuleux de toutes les informations, y compris les résultats complets de l'autopsie», la médecin légiste en chef de New York a confirmé, dans un bref communiqué, qu'il était mort par «suicide», d'une «pendaison».

«Nous ne sommes pas satisfaits par les conclusions» de l'autopsie, ont rapidement affirmé les avocats de Jeffrey Epstein, dans un communiqué cité par les médias américains. «L'équipe de la défense a bien l'intention de mener sa propre enquête indépendante et complète sur les circonstances et la cause de la mort de M. Epstein», poursuit le texte.

Des responsables anonymes cités par le New York Times ont indiqué que le multimillionnaire, accusé d'avoir organisé un vaste réseau d'exploitation sexuelle de jeunes filles âgées parfois de 14 ans seulement, aurait apparemment utilisé ses draps pour se donner la mort.

Théories du complot

Le suicide de cet homme de 66 ans, alors qu'il était détenu à la prison fédérale de Manhattan, l'une des plus sûres du pays, a suscité un torrent d'interrogations et de théories du complot. Bien que les autorités aient annoncé dès samedi qu'il s'était apparemment suicidé, beaucoup insinuaient qu'il aurait été assassiné pour protéger les nombreuses personnalités et hommes de pouvoir qu'il avait fréquentés, du prince Andrew à Bill Clinton.

La confirmation d'un suicide est pourtant loin de lever toutes les interrogations sur la façon dont ce détenu, parmi les plus en vue du pays, a pu se donner la mort. Le ministre américain de la Justice William Barr avait annoncé samedi l'ouverture de deux enquêtes.

Il a dès mardi évoqué de «graves» dysfonctionnements dans cette prison réputée particulièrement sûre. Il ne les a pas détaillés, mais le directeur de l'établissement a été muté et les deux gardiens chargés de surveiller M. Epstein dans la nuit de vendredi à samedi ont été suspendus.

Surveillance relevée

Des responsables pénitentiaires cités par le New York Times ont affirmé que les surveillants avaient dormi environ trois heures, alors qu'ils étaient censés effectuer des rondes toutes les demi-heures, alimentant les soupçons sur de possibles complicités au sein de la prison.

Dans leur communiqué vendredi, les avocats de Jeffrey Epstein ont dit vouloir visionner tout enregistrement vidéo de sécurité près de sa cellule au moment de sa mort.

Les spéculations ont aussi été nourries par le fait que Jeffrey Epstein avait apparemment fait une première tentative de suicide le 23 juillet. Il avait alors été trouvé allongé sur le sol de sa cellule, blessé, avec des marques sur le cou. Mais ses blessures avaient été sans gravité et il s'était présenté peu après à une audience.

Il avait alors été placé sous surveillance spéciale anti-suicide, mais jusqu'au 29 juillet seulement. Aucune information officielle n'a encore été fournie pour expliquer pourquoi cette surveillance avait été arrêtée si rapidement.

Fonds d'indemnisation demandé

Devant l'indignation des victimes, le ministère de la Justice a promis de poursuivre l'enquête sur les crimes présumés de et ses éventuels complices, à commencer par son amie proche Ghislaine Maxwell, accusée par plusieurs victimes présumées d'avoir entretenu son réseau d'esclaves sexuelles et participé à certaines agressions sexuelles.

En attendant des avancées de l'enquête, les actions au civil demandant réparation à ses héritiers et ses complices présumés se multiplient.

Après une première plainte mercredi enregistrée au tribunal d'Etat de New York par une victime présumée déjà connue des médias, Jennifer Araoz, une autre a été déposée devant le tribunal fédéral de New York pour exploitation sexuelle, réclamant 100 millions de dollars de dommages et intérêts.

Face à la possibilité d'un afflux de plaintes, Lisa Bloom, l'avocate des deux nouvelles plaignantes restées anonymes, a appelé vendredi les héritiers de M. Epstein à créer un «fonds d'indemnisation des victimes», qui examinerait les demandes de réparation de «façon équitable et rapide». A défaut, a prévenu l'avocate, «nous nous battrons devant les tribunaux pour obtenir la justice que méritent nos clientes».

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