Mia et sa mère retrouvées dans un squat en Suisse

ATS

18.4.2021 - 11:58

Dénouement dans l'affaire de la petite Mia, enlevée mardi dans les Vosges à la demande de sa mère: après cinq jours d'intenses recherches, l'enfant, «en bonne santé», et sa mère ont été retrouvées dimanche dans un squat à Sainte-Croix, dans le canton de Vaud.

Mia: la fillette retrouvée saine et sauve

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Dénouement dans l'affaire de la petite Mia, enlevée mardi dans les Vosges à la demande de sa mère: l'enfant, «en bonne santé», et sa mère ont été retrouvées dimanche dans un squat en Suisse tandis que les auteurs présumés du rapt devaient être mis en examen.

19.04.2021

ATS

18.4.2021 - 11:58

Mia, 8 ans, et Lola Montemaggi, 28 ans, ont été localisées par les enquêteurs à 10h45 dans ce squat, une usine désaffectée de la commune de Sainte-Croix, a annoncé le procureur de la République de Nancy François Pérain qui tiendra une conférence de presse à 15h00. L'affaire a été prise en charge par la police fribourgeoise et le Ministère public fribourgeois, qui ont annoncé un communiqué dans l'après-midi.

«Les investigations ont permis de déterminer que Lola Montemaggi avait passé une première nuit en Suisse dans un hôtel à Estavayer-le-Lac (FR) avant d'être hébergée par une femme à Neuchâtel (et) d'être déposée à cet immeuble squatté à Sainte-Croix», a-t-il précisé.

L'ancienne usine Reuge est le squat où ont été retrouvées Mia et sa mère ce dimanche à Sainte-Croix, dans le canton de Vaud.
KEYSTONE

Frontière passée à pied

Des premiers éléments d’enquête, il ressort qu’un ressortissant français de 41 ans, domicilié à Fribourg, a véhiculé Mia et sa mère vers la Suisse mercredi, a indiqué la police cantonale fribourgeoise dans un communiqué.

Le groupe a passé la frontière à pied, selon le procureur Pérain, ses membres se relayant pour porter Mia. La fillette et sa mère ont ensuite passé la nuit au restauroute de la Broye à Lully (FR), près d'Estavayer-le-lac. Au matin, elles ont repris seules la route en taxi et se sont rendues à Neuchâtel pour quelques jours, puis à Sainte-Croix, précise la police fribourgeoise.

Une première tentative d'interpellation avait échoué à Neuchâtel. «Quand la police est intervenue, elles étaient déjà parties parce qu'une personne de Neuchâtel avait conduit Mia et sa maman dans ce squat à Sainte-Croix», a expliqué le procureur fribourgeois Jean-Luc Mooser.



Mia, 8 ans, avait été enlevée sans violences mardi par trois hommes alors qu'elle était hébergée chez sa grand-mère maternelle aux Poulières dans les Vosges, un village vosgien situé à une trentaine de kilomètres d'Epinal.

Les ravisseurs avaient présenté des papiers falsifiés à en-tête du ministère de la Justice, se faisant passer pour des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Au cours de leur garde à vue, ces hommes qui se revendiquent de la mouvance anti-système, ont affirmé avoir agi à la demande de la mère de l'enfant qui voulait récupérer sa fille.

Le procureur de Nancy a indiqué que Mia serait de nouveau remise à sa grand-mère, désignée en janvier «tiers de confiance» par la justice, après avoir été récupérée en Suisse par la PJJ «immédiatement mandatée».

Enlèvement de Mia: les auteurs présumés «partagent une même communauté d'idées» (procureur)

Enlèvement de Mia: les auteurs présumés «partagent une même communauté d'idées» (procureur)

Les auteurs présumés de l'enlèvement de la petite Mia «ne sont pas connus de la justice (...) et partagent une même communauté d'idées» déclare le procureur de la République de Nancy, François Pérain, lors d'une conférence de presse.

18.04.2021

Mère arrêtée

Quant à Lola Montemaggi, qui «n'a pas opposé de résistance» à son interpellation, selon les premiers éléments recueillis par le parquet de Nancy, elle a été placée en garde à vue par les autorités suisses, de même que l'homme qui l'a aidée à franchir la frontière.

«Pour la faire revenir en France, un mandat d'arrêt européen sera délivré très rapidement», selon François Pérain. 

S'ils ne s'y opposent pas, «ça peut durer quelques jours, une semaine, quinze jours», a indiqué le procureur. S'il devait y avoir opposition, cela impliquerait des procédures judiciaires «qui sont beaucoup plus longues».

«Ce sont près de deux cents gendarmes qui sont intervenus à un titre ou un autre dans le cadre de cette enquête», a souligné le magistrat qui a vivement remercié «les autorités suisses de cet investissement hors normes qui a permis la localisation de la fugitive et de sa fille dans un temps très court».

«Deux gendarmes (français) ont été missionnés sur le territoire suisse pour assister leurs collègues helvétiques», a-t-il encore précisé.

Les polices cantonales du Jura, du Valais, de Fribourg, de Neuchâtel et de Vaud, sous la conduite opérationnelle de l'office fédéral de la police (Fedpol) et de la Police cantonale fribourgeoise, ont mené des investigations et opérations visant à localiser la petite fille dans ces différents cantons, précise la police fribourgeoise.

Cinq suspects en garde à vue en France

Au total, cinq suspects ont été placés en garde à vue dans cette affaire en France. Quatre d'entre eux, âgés de 23 à 60 ans et sans antécédents judiciaires, avaient été arrêtés mercredi et jeudi à Paris, en Seine-et-Marne, aux Lilas (Seine-Saint-Denis) ainsi qu'en Meurthe-et-Moselle.



Un cinquième homme, âgé de 43 ans, a été interpellé vendredi à Amancey (Doubs). Contrairement aux quatre premiers qui «ont participé à l'expédition dans les Vosges, le cinquième n'y était pas mais il a contribué à sa préparation», a indiqué le procureur de Nancy à l'AFP.

Tous devaient être présentés à un juge d'instruction dimanche matin à Nancy en vue de leur mise en examen.

Interpellation en Suisse

Le procureur a cependant indiqué que les autorités suisses avaient également interpellé une personne en territoire helvétique et que «d'autres interpellations» devraient encore intervenir.

«Un grand bravo à tous !», a tweeté le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, précisant «Je me réjouis que la petite Mia recherchée depuis le 13 avril ait été retrouvée saine et sauve grâce à la mobilisation générale des magistrats du parquet d’Épinal et de la JIRS de Nancy, des gendarmes et de l’ensemble des services mobilisés en Suisse».