Petits, jolis, thérapeutiques: les poneys Shetland ont la cote

ATS

1.10.2021 - 09:24

Petits, jolis et thérapeutiques, les poneys Shetland ont vu leur cote monter pendant la pandémie. La vente aux enchères annuelles se tient vendredi dans l'archipel écossais éponyme et les éleveurs espèrent renouer avec les prix records de l'an dernier.

Petits, jolis et thérapeutiques, les poneys Shetland ont vu leur cote monter pendant la pandémie.
Petits, jolis et thérapeutiques, les poneys Shetland ont vu leur cote monter pendant la pandémie.
ADRIAN DENNIS / AFP

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1.10.2021 - 09:24

«Les gens n'ont pas pu partir en vacances, ils avaient accumulé de l'argent alors certains l'ont dépensé en achetant un poney», explique à l'AFP Sheena Anderson, présidente de l'Association des éleveurs de poneys Shetland.

La demande connait des hauts et des bas mais l'an dernier les prix ont atteint des records, à plus de 3000 livres (3700 francs) pour un poney, quand certains ne se vendent pas plus que quelques centaines de livres lors des mauvaises saisons.

«Petits» et «mignons»

Les prochaines enchères, en ligne depuis quelques années, se tiennent le 1er octobre et les éleveurs sont sur les starting blocks. Sheena a mis deux bêtes en vente cette année. «Il faut qu'ils aient belle allure, la queue, la croupe, la crinière... c'est comme un concours de beauté», explique-t-elle en caressant Dester, un miniature beige d'à peine un mètre de hauteur.

Ce qui distingue les poneys Shetland, connus dans le monde entier? «Ils sont petits», plus faciles et moins chers à entretenir que les plus grands chevaux, très forts pour leur taille... Et, «ils sont mignons», énumère Sheena.

Les éleveurs tablent de nouveau sur une forte demande cette année, notamment grâce à la tenue de la vente en ligne, qui élargit l'accès aux acheteurs du monde entier: «Nous avons déjà reçu des marques d'intérêts de gens en Allemagne, en Norvège...» Les acheteurs viennent parfois de Russie, Canada, Dubaï...

Sheena remarque cependant que le prix des poneys Shetland reste bien inférieur à celui d'autres chevaux, et les éleveurs – une centaine dans l'archipel écossais – ont souvent du mal à en vivre. «Je le fais comme un hobby, je ne gagne pas d'argent», admet Sheena, infirmière de profession, soulignant que dans d'autres pays comme les Pays-Bas, la profession est plus réglementée, organisée et lucrative.

Beaucoup d'éleveuses

Mais pour Sheena, les poneys font partie intégrante de la culture des îles Shetland. Partout sur les collines battues par les vents de l'archipel, ou sur les plages au sable blanc et aux eaux turquoises, on les voit brouter paisiblement, ou ébrouer leurs crinières, comme chez Elaine Tait.

Cette fille d'éleveurs est tombée amoureuse de ces tout petits chevaux quand elle était petite. A cinq ans, elle raconte avoir harcelé son père ("je veux un poney, je veux un poney, je veux un poney!") jusqu'à obtenir gain de cause. Elle a eu le deuxième à dix ans, gagné des concours hippiques...

Aujourd'hui en marge de l'affaire familiale, elle a fondé sa propre école d'équitation pour enfants et une société d'activités pour touristes, la Shetland Pony Experience.

Parmi la centaine d'éleveurs de l'archipel, on compte beaucoup de femmes. «J'imagine que la profession était plus masculine avant mais les femmes ont toujours été impliquées» notamment parce que les hommes s'occupaient des fermes ou travaillaient ailleurs, explique Carole Laignel, vice-presidente de l'Association des poneys Shetland.

Animal de compagnie ou de thérapie

Leur petite taille serait due à leur adaptation au climat rude de ces îles de l'extrême nord du Royaume-Uni, proches de la côte norvégienne. L'hiver venu, l'herbe se fait rare et seules les plus petites carrures parvenaient jadis à survivre.

Cela fait d'eux des chevaux très forts pour leur corpulence et il y a un siècle ils étaient utilisés dans l'agriculture ou les mines de charbon. Aujourd'hui, on les achète pour les montrer dans des concours, pour des courses hippiques, pour son propre élevage, ou comme animal de compagnie, voire de thérapie.

Libby Morrison, thérapeute, explique sur son site internet que «les interactions entre humains et chevaux sont bénéfiques pour ceux qui souffrent d'anxiété, de dépression, et syndrome post-traumatique ou d'autisme».

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