Melzer s'active pour un activiste égyptien

ATS

11.12.2019 - 15:23

Le Zurichois Nils Melzer demande la libération d'un militant égyptien arrêté à plusieurs reprises dans ce pays (archives).
Source: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Le rapporteur spécial de l'ONU contre la torture, le Zurichois Nils Melzer, veut la libération d'un défenseur des droits des chrétiens égyptiens. Il a estimé mercredi à Genève que cet homme, arrêté après une demande de visa pour la Suisse, est détenu arbitrairement.

Ramy Kamel Saied Salid devait venir à l'ONU à Genève pour s'exprimer lors d'une conférence les 28 et 29 novembre. Il avait été arrêté à deux reprises, les 4 et 23 novembre, avant d'être maintenu en détention provisoire.

Il est accusé de faire partie d'une organisation terroriste et d'avoir recouru aux réseaux sociaux pour menacer l'ordre public. Mais aucun de ses avocats n'a eu accès à un quelconque acte officialisant ces chefs d'inculpation. M. Ramy Kamel aurait été victime de torture pendant cette détention.

«Personne ne devrait faire face à une intimidation, un harcèlement ou des représailles» pour une participation ou une «contribution» aux travaux de l'ONU et de ses mécanismes des droits de l'homme, dénoncent M. Melzer et sept de ses collègues rapporteurs spéciaux. M. Ramy Kamel, qui a rassemblé des indications sur des attaques contre les chrétiens égyptiens, avait dialogué avec des formats onusiens.

Plusieurs milliers de personnes

Les spécialistes onusiens ciblent aussi les arrestations, les interdictions et les représailles «répétées» pour les défenseurs des droits de l'homme en Egypte, dont ceux qui collaborent avec ces mécanismes. Plus de 3000 personnes ont été arrêtées arbitrairement depuis en deux mois dans ce pays.

M. Ramy Kamel a vu plusieurs membres des unités d'élite arriver chez lui le 23 novembre à 01h45 sans mandat, confisquer du matériel et l'emmener dans un site inconnu, où il aurait été battu et victime de plusieurs abus. Les forces de l'ordre auraient souhaité obtenir des données.

Ces actes, s'ils ont bien eu lieu, constituent de la «torture», insistent les experts onusiens. Ils appellent les autorités à honorer leurs obligations internationales. Selon eux, celles-ci doivent le libérer et mener des investigations. Les responsables doivent être poursuivis, disent-ils.

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