On discute toujours, sans tomber d'accord pour l'instant

sn, ats

13.11.2021 - 19:45

Les près de 200 Etats présents à Glasgow n'ont pas encore réussi à aboutir à un accord. Les appels à ne pas défaire un compromis ont été nombreux samedi après-midi. Les pays en développement ne bloqueront pas un texte.

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13.11.2021 - 19:45

Alok Sharma President of the COP26 summit, center right, speaks to members of the Chinese delegation at the COP26 U.N. Climate Summit in Glasgow, Scotland, Saturday, Nov. 13, 2021. Going into overtime, negotiators at U.N. climate talks in Glasgow are still trying to find common ground on phasing out coal, when nations need to update their emission-cutting pledges and, especially, on money. (AP Photo/Alastair Grant)
Alok Sharma, président du sommet de la COP26, au centre à droite, s'adresse aux membres de la délégation chinoise lors du sommet COP26 des Nations Unies sur le climat à Glasgow, en Écosse, le samedi 13 novembre 2021.
KEYSTONE

Après près de deux semaines de discussions, devant les délégués, le président de la COP26 Alok Sharma a demandé aux Etats qui négocient à Glasgow de penser «aux gens et à la planète». «Tout le monde ne peut pas faire des choix pour l'ensemble de la planète», a affirmé de son côté l'émissaire américain John Kerry. «Nous sommes ici pour cela».

La présidence de la COP26 souhaitait pouvoir achever la réunion, déjà prolongée d'un jour, samedi après-midi. Mais cette volonté s'est heurtée à de longues discussions pour accomoder les dernières revendications.



Dans un grand pas vers un accord, le groupe de plus de 100 pays en développement, qui rassemble plus de 6 milliards de personnes, a annoncé qu'il ne s'opposerait pas au projet de déclaration. Mais il a répété son importante déception de ne pas avoir été entendu par les pays riches, notamment les Etats-Unis, sur le mécanisme qu'ils demandaient pour les «dommages» qu'ils ont déjà subis en raison du changement climatique.

Des ONG comme Greenpeace International ont dénoncé ce manque d'action pour les pays en développement. D'autant plus que les Etats riches n'ont pas honoré leur promesse de mobiliser 100 milliards de dollars de fonds publics et privés par an dès 2020 pour aider ceux-ci.

Appel nuancé à la sortie du charbon

Pas entièrement satisfaite non plus, la Suisse a dit au nom du groupe de cinq pays qu'elle préside qu'elle approuverait aussi le texte. Mais la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a dénoncé un manque de «transparence» depuis une semaine dans les discussions.



Dans le nouveau projet de texte samedi, l'appel à accélérer la sortie du charbon et des subventions aux énergies fossiles reste nuancé. Contrairement à ce que souhaiteraient la Suisse et les ONG. Le texte est limité au charbon dont l'impact n'est pas atténué par des technologies permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et aux subventions «inefficaces».

Mme Sommaruga avait dit vendredi que ce dispositif ne permettrait pas de limiter le réchauffement à 1,5°C d'ici 2100, un objectif toujours affiché pour la conférence par la présidence britannique. Mais une formulation plus radicale pourrait pousser des Etats comme l'Arabie saoudite à tenter de faire échouer la conférence.

Autre injonction, les projets de textes appellent toujours à une réduction de 45% des émissions en 2030 par rapport à 2010 et à une neutralité carbone d'ici 2050. Alors même que la Chine et l'Arabie saoudite ne prévoient celle-ci que pour 2060 et l'Inde pour 2070.

Accélération des efforts

Le projet de document final révisé demande également toujours aux Etats de revenir l'année prochaine avec des plans plus ambitieux pour s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris. Les efforts pour limiter à 1,5°C, 2°C maximum, le réchauffement climatique sont insuffisants.

L'enthousiasme après les annonces de dirigeants la semaine dernière, dans les premiers jours de la COP à Glasgow, a laissé place à la dure sanction des évaluations. Les promesses actuelles des pays permettraient au mieux d'atteindre 1,8°C, même si l'étude considérée comme la plus sérieuse arrive plutôt à 2,4°C. L'ONU avait elle dit lundi que ces contributions ne changeraient pas vraiment son estimation, à 2,7°C.



Après près de deux semaines de discussions intenses, les négociations de la COP26, prévues jusqu'à vendredi, ont été prolongées pour arracher un compromis. La présidence britannique de la conférence souhaitait un accord par consensus dans l'après-midi entre les quelque 200 Etats présents à Glasgow.



En Suisse, les Verts ont condamné samedi par avance le résultat de la COP, considérant que celle-ci avait échoué à lancer des actions concrètes pour limiter le réchauffement climatique. Le Conseil fédéral ne fait pas vraiment mieux, sans objectif contraignant, selon le parti.

sn, ats