Avant d'ouvrir les JO

Xi Jinping entame un marathon diplomatique 

ATS

4.2.2022 - 06:53

Tapis rouge avant les festivités: Xi Jinping accueille vendredi à Pékin son «ami» russe Vladimir Poutine pour un rare tête-à-tête diplomatique en période d'épidémie, à quelques heures du début des JO d'hiver.

Xi Jinping va recevoir Vladimir Poutine vendredi. Les deux dirigeants ne se sont pas vue en face-à-face depuis le début de la pandémie (archives).
ATS

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4.2.2022 - 06:53

Le président chinois n'a pas quitté son pays depuis janvier 2020, quand la Chine recensait avec effroi ses premiers morts du Covid-19 et confinait la ville de Wuhan (centre), où le virus avait été découvert quelques semaines plus tôt.

La dernière rencontre connue de Xi Jinping avec un dirigeant étranger remonte à près de deux ans lors de la venue en Chine du président du Pakistan.

Xi Jinping a néanmoins participé depuis à moult rencontres internationales en visioconférence. Il a également reçu la semaine dernière le patron du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach.

«Vision commune»

À l'occasion des Jeux qui débutent à 20h heure locale (13h00 en Suisse), le président chinois s'apprête à recevoir plusieurs dirigeants, dont M. Poutine, au centre de l'attention mondiale du fait des craintes d'invasion russe en Ukraine.

Le Kremlin est accusé par les Occidentaux de vouloir déclencher une invasion de l'Ukraine, pointant les quelque 100'000 militaires russes déployés depuis des semaines à la frontière de son voisin pro-occidental. La Russie dément et affirme vouloir seulement garantir sa sécurité, alors que Washington prévoit d'envoyer 300 militaires en renfort en Europe de l'est.

Lors de leur rencontre à Pékin, Vladimir Poutine et Xi Jinping vont souligner leur «vision commune» en matière de sécurité internationale, a indiqué mercredi le Kremlin, revendiquant le soutien chinois dans la crise ukrainienne.

Pour sa sécurité, Moscou exige notamment que l'Otan s'engage à refuser une adhésion de l'Ukraine, une demande que rejettent les Occidentaux.

Fin janvier, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait défendu les «préoccupations raisonnables» de la Russie pour sa sécurité, lors d'un échange téléphonique avec son homologue américain Antony Blinken au sujet de l'Ukraine.

Boycott

Vladimir Poutine loue régulièrement la relation de son pays avec la Chine et entretient des liens étroits avec le président Xi Jinping, son «cher ami». Mais les deux alliés ne se sont pas vus en tête-à-tête depuis le début de la pandémie.

Plusieurs pays occidentaux, Etats-Unis en tête, ont décidé de snober les JO de Pékin pour dénoncer les violations des droits de l'Homme en Chine, notamment dans sa région du Xinjiang (nord-ouest) où vit la minorité musulmane ouïghoure.

En vertu d'un «boycott diplomatique», les Américains et quelques-uns de leurs alliés n'enverront aucun responsable à Pékin pour assister à la cérémonie d'ouverture. Leurs athlètes en revanche participeront bien aux compétitions.

Dans une tribune publiée jeudi par l'agence Chine nouvelle, M. Poutine en personne a dénoncé sans les nommer les Etats-Unis et leur «tentative de mélanger sport et politique au profit de leurs intérêts égoïstes». Sans revendiquer un boycott, beaucoup de pays ont invoqué la pandémie pour ne pas envoyer de chef d'Etat à Pékin.

Dirigeants amis

Faute de têtes d'affiche occidentales, le pouvoir chinois se rattrape avec une liste de dirigeants amis, dont certains en délicatesse avec Washington ou les droits de l'Homme.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane font partie de la vingtaine de dirigeants présents.

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, est également attendu, dans la foulée d'émeutes sanglantes réprimées avec l'aide de Moscou et l'approbation de la Chine. Les invités auront droit à un banquet de bienvenue avant la cérémonie d'ouverture, selon la télévision publique CCTV.

Le protocole sanitaire entourant la visite des dirigeants étrangers n'est pas connu, alors que les JO se déroulent dans une bulle sanitaire d'où sportifs, encadrements et journalistes ne peuvent sortir.

ATS