Etude surprenanteGrands brûlés : les femmes plus sujettes aux infections que les hommes
ATS
25.2.2026 - 09:00
Les femmes gravement brûlées ont plus de risques de développer une infection bactérienne que les hommes qui présentent le même type de blessures. C'est ce que révèle une étude soutenue par le Fonds national suisse (FNS), qui avait été lancée avant le drame de Crans-Montana.
Les scientifiques ont analysé 269 personnes souffrant de brûlures graves prises en charge entre 2017 et 2021 au Centre pour grands brûlés de l'Hôpital universitaire de Zurich.
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Keystone-SDA
25.02.2026, 09:00
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Les scientifiques ont analysé 269 personnes souffrant de brûlures graves prises en charge entre 2017 et 2021 au Centre pour grands brûlés de l'Hôpital universitaire de Zurich, note le FNS, mercredi, dans un communiqué. Un quart des patients a développé une septicémie et les femmes étaient deux fois plus touchées que les hommes.
A ce stade, les scientifiques ignorent les raisons de cette différence entre les sexes. En situation normale, le système immunitaire des femmes semble, en effet, souvent mieux lutter que celui des hommes contre les agents pathogènes. Mais lorsqu'on est face à des grands brûlés, cette règle ne vaut plus.
Il ne s'agit pas d'agents pathogènes différents. Les mêmes bactéries ont été retrouvées dans le sang des patientes et des patients. L'équipe de recherche va poursuivre ses travaux pour tenter d'élucider ce mystère. Elle va notamment se pencher sur les hormones sexuelles ainsi que sur la composition du microbiome de la peau.
Hypothèse
Les hormones sexuelles ont une influence sur les cellules immunitaires humaines. «Mais il est possible que les brûlures modifient le métabolisme hormonal, ce qui affaiblit la réponse immunitaire», avance Silvio Brugger, médecin-chef à l'Hôpital universitaire de Zurich, cité dans le communiqué.
Les chances de survie après des brûlures se sont considérablement améliorées au cours des dernières décennies. Toutefois, les infections bactériennes qui menacent les grands brûlés restent un problème. Les patients reçoivent généralement des antibiotiques, mais les bactéries peuvent rapidement développer des résistances.
Une meilleure compréhension des mécanismes de ces infections bactériennes permettra de mieux protéger les grands brûlés. Il faudra toutefois encore patienter quelque temps avant que ces mesures ne soient intégrées dans les directives médicales, souligne le FNS.
La peau forme une barrière naturelle qui empêche les bactéries de pénétrer dans le corps. Lors de brûlures graves, cette fonction protectrice est largement compromise, rappelle le FNS. Les plaies facilitent la pénétration des bactéries dans le sang, d'où elles peuvent prospérer et se diffuser dans tout l'organisme.